‹ Paroisse de Charlesbourg [microforme]Chapitre 5 sur 57 · URY · texte numérisé non relu

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plus, la partie du mémoire de Mgr de Laval de cette année 1683, qui regarde cette paroisse et que nous allons reproduire, nous fait connaître qu’il était alors desservant de Charlesbourg.

En 1683 donc, Mgr de Laval fit faire un “ Plan général de l’estat présent des missions du Canada ”, qui servit de base à un mémoire sur la Sxation d’un certain nombre de cures en Canada, qu'il présenta au roi en 1684. Voici ce qu'on y trouve sur la paroisse :

“M asieur Thury, prêtre, aagé de 31 ans, venu de France l’année 1675, (l Abbé Tanguay dit 1676), dessert la paroisse de Charlesbourg qui est dans les terres à une lieue et demie de Québec du costé du nord-ouest. Cette paroisse est composée de 7 villages, savoir: la petite Auvergne, Naint-Claude, le Bourg-Royal, Saint- Joseph, Naint-Bernard, le petit Saint- Antoine, autrement dit St-Romain.”

* Charlesbourg tient le milieu de tous ces villages qui n’en sont éloignez que d'une lieue au plus ; il y a 77 familles et 397 âmes ; il y a une petite chapelle dans Charlesbourg dédiée à, St Charles, qui n’est bastie que de pieux et prête à tomber, sans presbitaire.”

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Il nest pas question dans ce mémoire des villages de Saint-Pierre, de Saint- Bonaventure, du Petit-Village, de la Cor.mune et du Gros-Pin que renferme de plus l4 paroisse telle qu'elle est aujourd'hui. Ces villages n'étaient probablement pas encore ouverts alors à la culture ou du moins n'étaient pas habités. Ilest bien probable aussi qu’il n'y avait pas encore alors un seul habitant résidant dans la partie qui a été séparée de Charlesboureg, le 6 octobre 1796, pour former la paroisse actuelle de Naint-A mbroise, comme on le verra plus tard. D'ailleurs, le recensement de 1666, ne mentionne aucun habitant établi sur tout le territoire de la paroisse de Saint-Ambroise ; tout y était en bois debont (1).

(1) Le recensement de 1681, fait deux ans avant le Plan de Mgr de Laval, dit qu'il y avait alors à Charlesbourg, 111 familles et 596 âmes ; d’où vient l’erreur et cette grande différence de chiffres ? Plutôt sans doute du plan de Mgr de Laval qui ne donne pas le détail des noms. D'un autre côté ce recensement de 1681, place 60 familles au villi ge de 1a Petite Auvergne et 309 ânes. Cela paraît neu probable. Peut-être que sous le nom de Petite Auvergne on a compris les villages du Gros Pin, de la Commune ct du Petit Village:

D’après le recensement de 1679, il n’v avait alors dans toute la colonie que 9,400 âmes, 21,900 arpents en culture, 145 chevaux, 12 ânes, 6,983 bêtes à cornes, 719 moutons, 33 chèvres, 184 fusils et 159 pistolets.

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C’est le temps et l’à-propos de donner ici des détails sur cette petite chapelle dont parle le mémoire que nous venons de citer.

De même que nous n'avons pu constater quand fut bâtie la petite chapelle de Bourg-Royal, ni quand elle fut remplacée par celle du Trait-Carré de Charlesbourg, dont parle le mémoire, de même nous n'avons pu rien trouver qui put faire connaitre quand cette chapelle du Trait-Carré de Charlesbourg, qu'on peut appeler la première chäpelle de la paroisse, fut construite et quand la messe y fut dite pour la première fois.

Ce qu'il y a de certain c’est que la petite chapelle de Bourg-Royal n’était pas construite en 1650, d’après les notes de l’abbé Ferland sur les registres de Québec où il est dit que “ dans les environs irimédiats de la ville étaient les chapelles de Killery, de Beauport, de Notre-Dame des Anges et de Naint-Jean sur le côteau KSainte- Const e outre celles de Québec, de Montréal et des Trois-Rivières, ce étaient les seules qu'il y eût dans la A ” Ce qu'il y a de certain encore, c'est qu en 1615, la chapelle de Char lesbourg était construite au lieu où est l’église actuelle,

et elle y était depuis plusieurs années, puisqu'on voit par les comptes de l’année suivante, 1676, que le Frère Joseph avait payé, le 25 avril, pour l'agrandir, la couvrir et la lambrisser. La chapelle de Bourg Royal n’a donc pu exister que peu d'années, tout au plus 20 ans, entre 1650 et 1670.

La chapelle de Charlesbourg fut construite sur un terrain appartenant aux Jésuites et qu'ils donnèrent plus tard à la fabrique, le 24 juin 1686 (1\, par ün acte passé devant le notaire François Crenaple, entre le Père Thierry Beschefer, Recteur du Collège de Québec, au nom de la Compagnie de Jésus, et les marguilliers de l'Œuvre, Michel Boutet, Charles Grautreau et Guillaume Regnault,au nom de la fabrique. Ce terrain, que la fabrique possède encore aujourd’hui, après plus de 200 ans, consistait en cinq arpents de

(1) Le 11 mars de cette même anuée 1686, Charles Denis de Vitré donna et céda aux Jésuites, le Père Raffeix acceptant pour eux, le lac Saint-Charles et une lieue de terre autour, et cela par considération personnelle pour ces Pères, dit l’acte passé par le notaire François Genaple. Ce lac et les terres qui l’avoisinent avaient été concédés à Charles Denis de Vitré par le gouvorneur de Lu Barre et l’intendant Demeules.

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terre que les Jésuites avaient fait défricher, et dont tiois arpents pour le presbytère et le jardin, puis ce qui sera nécessaire pour l’église et le cimetière, et le restée au profit de la fabrique. Ce do fut fait à la charge par la fabrique d’une messe à perpétuité ‘“ pour la conversion des sauvages de ce pays et pour le repos de l’âme de ceux qui sont décédés, ” et à la condition aussi que si l'église était transférée ailleurs, ce terrain retournerait aux Jésuites.

Cette première chapelle du Trait-Carré de Charlesbourg a dû être bien petite d’abord puisque, malgré qu'on l’eüt déjà agrandie, le mémoire de 1683 de Mgr de Laval dit : “ une petite chapelle” Elle était bâtie en pieux ou en pièces équarries (1) et placées perpendiculairement ; elle était lambrissée et couverte en paille.

Ceci peut paraître un peu extraordinaire aujourd'hui, cependant rien de mieux constaté et pour preuve, entre ‘itres, voici deux entrées des comptes antérieurs à 1680 : “ CGruiilaume Picquefeu, pour dixme de 1674,2 boisseaux payés en paille

(1) En 1677, or donna une livre ‘pour payer Jacques Dubhaut d’une pièce de bois équarrie pour l’église, ?”

pour couvrir la chapelle.” “Charles Groutherot, pour dixme de 1674, 1 minot payé en paille pour couvrir l’église.” On voit aussi par les comptes du temps qu’on donnait quelquefois de la paille loñgue.

(On appelle ainsi la paille préparée pour couvrir.) Les Jésuites avant de laisser la desserte de la paroisse avaient abandonné à la chapelle les dimes .les années 1673 et 1674 qui leur étaient dueset que les habitants alors devaient payer au mareuillier en charge (1). On peut donc à bon droit regarder les Jésuites comme les premiers bienfaiteurs de la fabrique.

Cette première petite chapelle de Charlesbourg a existé ainsi couverte en paille (2) pendant plus de 22 ans, jusqu’en 1697, époque où elle fut rempla-ée par l’église en pieire qui a précédé l’église actuelle et où les anciens de la paroisse ont pu entendre la messe avant le 29 juin 1830, et qu'un plus grand nombre ont pu voir, puisqu'elle n’a été détruite qu’en

(1) Le blé était alors évalué à 3 livres le minot pour ceux qui voulaient payer en effet ou en argent.

(2) En 1696, dernière année avant sa destruction, on paya

6 livres pour couvrir l’église en paille.

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L'extrémité du comble en arrière était coupée en sifllet et on le couvrait aussi en paille. I] va sans dire qu'on n'avait pas donné à cette chapelle le luxe d’une sacristie, mais elle avait un petit clocher, au moins en 1694, car cette année là on paya 15 livres “ pour la façon du clocher.”

Ce devait être un clocher bien proportionné à la grandeur et à la richesse de la chapelle, à en juger par le prix qu'on paya pour la main-d'œuvre, et on avait cru probablement devoir faire cette grande dépense de 15 livres de vingt sols pour un clocher, afin d'y installer le bour-

don de $10 dont on a parlé et de le mettre en branle pour la réception de Mer de Naint-Vallier qui fit sa seconde visite épiscopale à Ch:rlesbourg, le 2 juillet de cette même année.

Il est probable que dans ces premiers temps du pays beaucoup de maisons, non-seulement à Charlesbourg, mais dans tous les nouveaux établissements de la colonie, étaient couvertes en paille. Nos pères, élevés la plupart sous le chaume en France, ne devaient pas avoir de répugnance à inaugurer en Canada un usage qui, comme bien d’autres usages apportés de la mère patrie, etait pour eux au

contraire un touchant souvenir de la maison paternelle et de la paroisse qu’ils avaient laissées. Pour la même raison ils aimaient à donner aux lieux où ils se fixaient des noms chers à leur souvenir, comme celui de petite Auvergne donné à ce village par les premiers concessionnaires venus de l'Auvergne L'usage de couvrir en paille s’est conservé jusqu’à présent pour les granges et les étables bien que, depuis plusieurs années, il tende peu à peu à disparaitre, surtout dans le district de Québec.

La première chapelle du Trait-Carré de Charlesbourg avait déjà plusieurs années d'existence, en 1683, puisque, d’après le mémoire de cette année que nous avons cité, elle était prête à tomber alors. Cependant, à force de radcabs, on put la maintenir debout et la faire servir au culte jusqu'en 1697, en attendant l’église en pierre à la construction de laquelle on se préparait à travailler. Tous les ans on y faisait des travaux pour l'empêcher de se détériorer, et ies détails de ces travaux font connaitre le triste état dans lequel elle était et le peu de luxe avec lequel on vivait dans ce bon vieux temps. Ainsi, en 1693, on donne 6 livres ‘“ pour

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bousiller l’église.” Ce n’était pas un riche enduit.

L'histoire ne nous dit pas de quel style d'architecture elle était, ni quelle était la décoration de l’intérieur ; mais il n’est pas difficile de supposer que tour devait être d'une grande simplicité. Cependant cette petite chapelle, si peu ornée et si délabrée, était assez bien pourvue de ce qui est nécessaire et convenable pour le culte, à en juger par l'inventaire fait, le 19 août 1686, par M. Du Bos, alors desservant de la paroisse. Les détails de cet inventaire (1) portent à croire même que les oflices devalent s’y faire avec une certaine apparence de richesse, car 1] y avait calice et ciboire d'argent, ornements et parements d'autel de toutes les couleurs, tapis, rideaux, crédences..…....……. un camail noir, trois bonnets carrés rouges et trois robes rouges pour les petits servants au chœur.

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