Préface d'une édition spéciale du Feu, septembre
étiez dignes de la vérité. Vous êtes dignes qu'on ne cache au monde aucune des douleurs que vous avez supportées. Que des journalistes équivoques aient o>é écrire qu'il faut qu'on vous trompe et qu'on vous mente pour mieux vous mener; que tels lecteurs de l'arrière se voilent la lace pudiquement et se bouchent les oreilles lorsqu'on leur révèle tout ce que l'homme est capable de subir pour sauver l'idée de justice; i|ue tels sophistes, 'apprêtent, falsifient, escamotent ou essayent de rapetisser une réalité dont les justiciers de la guerre sont les seuls dépositaires et les soûls juges, qu'importe! Vérité, vérité ! Au reste, il n'y a pas de plus lumineux éloge qu'on puisse faire de vous de dire : les voici tels qu'ils sont. Moi qui vous connaissais, je savais que seule la vérité était digne de vous.
Certes, je ne vous apprendrai rien, frères qui m'avez tant appris. Du moins — vous ine l'avez dit et je vous crois — je vous aiderai à vous rappeler ce que vous avez été. Je vous aiderait garder en vous l'enfer que vous avez hanté : les t?ycles sinistres où se creuse la guerre, les < liamps de bataille où, voisinant avec des peuples sans cesse nouveaux de mdrts, vous avez enterré vos existences et seaié votre sang, et qui semblent eux-mêmes, noyés, défigurés des cadavres de champs. Je vous empêcherai d'oublier