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LA FRANCE

Mes. lecteurs français de la campagne vont bien rire en entendant ce que l'on dit d'eux dans ces beaux livres que messieurs les députés et les économistes font imprimer dans les grandes villes. — On dit dans ces livres que les paysans français sont presque tous riches et parfaitement contents de leur sort; qu'ils ont assez de terre, assez de bétail, que la terre leur rapporte beaucoup d'argent; qu'ils paient facilement les impôts, d'ailleurs assez légers, et que le prix de fermage de la terre n'est pas élevé; qu'ils font chaque année des économies et ne cessent de s'enrichir.

Les paysans répondront, je pense, que ces discoureurs sont des imbéciles, et ils auront raison.

Examinons, en effet, de quels éléments se composent les vingt-trois à vingt-quatre millions de personnes qui habitent les campagnes, et voyons combien il y en a dans ce nombre qui ont lieu d'être contents de leur sort et qui voudraient que rien n'y fût changé.

Nous avons d'abord huit mille grands propriétaires (40,000 personnes environ, en y comprenant les familles) qui possèdent, surtout dans la Picardie, la

Normandie, l'Anjou, des biens qui leur rapportent de dix mille à deux cent mille francs par an, et au delà.

Ceux-là , certainement , n'ont pas à se plaindre. Après avoir passé quelques mois d'été dans leurs domaines, et après avoir encaissé la valeur de ce qu'ont produit les rudes efforts des travailleurs salariés, des petits fermiers ou des métayers, ils s'en vont dépenser cet argent dans les villes. Là, ils boivent le Champagne à plein verre avec des femmes auxquelles ils jettent l'argent à pleines mains, et ils dépensent en un jour dans leurs palais de quoi nourrir toute une famille pendant une demi-année. Oh ! ceux-là, en effet, n'ont pas de lamentations à faire; s'ils se plaignent, c'est de ce que le paysan devient tous les jours moins maniable et refuse aujourd'hui de travailler pour rien.

De ceux-là, ne parlons pas. On leur dira un petit mot le jour de la révolution.

Les usuriers, les marchands de bétail, les « marchands de biens », ces vautours qui s'abattent aujourd'hui sur les villages et qui, arrivés de la ville avec un petit sac pour toute fortune, s'en retournent propriétaires et banquiers; les notaires et avocats qui fomentent des procès; les ingénieurs et la bande d'employés de toute sorte qui puisent largement dans les caisses de l'Etat et dans celles des communes lorsque celles-ci, poussées par des intéressés, s'endettent pour embellir le village autour de la maison de M. le maire, bref, toute cette vermine qui considère la campagne comme un riche pays de sauvages bon à exploiter,

toute cette gent-là non plus n'a pas raison d'être mécontente. Qu'on vienne leur parler de toucher à n'im-, porte quoi, ils s'y opposeront de toutes leurs forces. Des paysans qui se ruinent en faisant des billets à ordre, des fermiers qui s'appauvrissent en procès^ des Jacques-Bonhomme qui se laissent sucer par les araignées qui les entourent, c'est tout ce qu'il faut maintenant à tous ces usuriers. Des communes qui se laissent mener à la baguette par le maire, un Etat qui gaspille les fonds publics, c'est tout ce qu'il faut aux employés. Quand le paysan sera ruiné, ils iront faire la môme chose en Hongrie, en Turquie s'il le faut, en Chine au besoin. L'usure n'a pas de patrie.

Ceux-là, évidemment, ne se plaignent pas. Mais combien sont-ils? — Cinq cent mille? Un million peul-êlre, les familles comprises ? Beaucoup trop pour ruiner en quelques années nos villages, mais peu de chose pour résister lorsque le paysan tournera sa fourche contre eux.

Puis , viennent ces propriétaires qui possèdent de 50 à 200 hectares. La plupart d'entre eux, certes, ne savent pas où le bât les blesse et^ qu'on vienne leur parler de changer quelque chose, leur première idée sera de se demander s'ils ne vont pas perdre ce qu'ils possèdent. Ceux d'entre eux qui seraient momentanément dans la gêne, espèrent « réussir » un jour; une spéculation heureuse, un emploi lucratif ajouté au métier d'agriculteur, un riche parent qui se suicidera un beau matin, — et le bien-ctre reviendra. Généralement, la gêne leur est inconnue, le travail de

même. Ce ne sont pas eux qui cultivent leurs terres : ils ont pour cela des valets de ferme payés :^50 ou 30O francs par an, et auxquels on fait faire un travail qui en vaut mille.

Ceux-là, nous n'en doutons pas, seront les ennemis de la révolution ; ils sont déjà les ennemis de la liberté, les suppôts de l'inégalité, les piliers de l'exploitation. Ils constituent, il est vrai, un noyau assez considérable, — peut-être 200,000 propriétaires, 800,000 personnes, familles comprises, et aujourd'hui, ils sont une force réelle dans les villages. L'Etat leur donne beaucoup d'importance, et leur aisance leur assure dans la commune une influence dont ils ne manquent pas de profiter. Mais, que deviendront-ils devant le flot du soulèvement populaire ? Certes, ce ne seront pas eux qui sauront y résister : rentrés prudemment chez eux, ils attendront les résultats de la tourmente.

Ceux qui possèdent de 10 à 50 hectares sont plus nombreux que la classe précédente. A eux seuls, ils sont plus de 250,000 propriétaires, près de 1,200,000 personnes, familles comprises. Ils possèdent près du quart de la surface arable de la France.

Ce noyau constitue une force considérable par son influence dans les campagnes et par son activité. Tandis que les précédents habitent souvent la ville, ceux-ci travaillent eux-mêmes à leurs champs; ils n'ont pas rompu avec le village, et jusqu'à présent, ils sont encore restés paysans. Eh bien, c'est sur leur

esprit conservateur que comptent surtout les réactionnaires.

Certes, il y eut un temps, dans la première moitié de ce siècle, oii cette catégorie de cultivateurs jouissait d'une certaine aisance, et il était naturel que cette classe, issue de la grande Révolution et tenant avant tout à conserver ce qu'elle avait gagné dans la Révolution, refusât obstinément tout changement, craignant de perdre ce qu'elle avait gagné. Mais, depuis quelque temps, les conditions ont bien changé. Tandis que, dans certaines parties de la France (le Sud-Ouest, par exemple), les cultivateurs de cette catégorie jouissent encore d'un certain bien-être, dans le reste du pays ils se plaignent déjà de la gêne. Ils ne font plus d'économies, et il leur devient difficile d'agrandir leurs propriétés, qui se morcellent continuellement à la suite des partages. En même temps, ils ne trouvent plus de parcelles à louera des conditions aussi avantageuses qu'auparavant : il leur faut payer aujourd'hui des prix fous pour la location de la terre.

Possédant de petites parcelles disséminées aux quatre coins de la commune, ils ne peuvent pas rendre la culture assez profitable pour subvenir aux charges qui pèsent sur le cultivateur. Le blé rapporte peu de chose, et l'élève du bétail ne laisse qu'un maigre profit.

L'Etat les écrase d'impôts et la Commune ne les épargne pas non plus : char, cheval, batteuse, engrais, tout est imposé; les centimes additionnels se chiffrent par des francs, et la liste des impôts devient aussi longue que sous la défunte royauté. Le paysan est redevenu la bête de somme de l'Etat.

Les usuriers les ruinent , le billet à ordre les

ravage; l'hypothèque les écrase; le manufacturier de la ville les exploite, en faisant payer le moindre outil trois, quatre fois son prix de revient. Ils s'imaginent être encore propriétaires de leurs champs, mais au fond ils n'en sont que les parrains : le travail qu'ils font, c'est pour engraisser l'usurier, pour nourrir l'employé, pour acheter des robes de soie et des attelages à la femme du fabricant, pour rendre la vie agréable à tous les oisifs de la ville.

Croyez-vous qu'ils ne le comprennent pas ! Allons ! Ils le comprennent à merveille, et dès qu'ils s'en sentiront la force , ils ne manqueront pas l'occasion de secouer une bonne fois ces messieurs qui vivent à leurs frais.

Avec tout cela , nous n'avons cependant que le dixième des habitants des campagnes. — Et le reste?

Le reste, ce sont près de 4 millions de chefs de familles (près de 18,000,000 personnes), qui possèdent des propriétés de cinq, de trois hectares par famille, souvent un hectare ou même un dixième d'hectare, et très souvent, qui ne possèdent rien. Et sur ce nombre, 8 millions de personnes ont toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, en cultivant deux ou trois hectares, si bien que chaque année ils doivent envoyer des dizaines de mille de leurs garçons et de leurs filles gagner péniblement leur pain à la ville ; sept millions n'ont, pour toute propriété, que de misérables lopins, — la maison et un petit jardin, — ou bien, ne possèdent rien et gagnent leur vie, évidemment très dure, comme salariés; enfin, un mil-

lion se compose tout bonnement de faméliques, de crève-de-faim, qui vivotent au jour le jour, en se nourrissant de pain sec, ou de pommes de terre... quand il y en a. — Yoilà les gros bataillons des campagnes françaises (1).

(1) Va les différences très notables que l'on constate, concernant les chiffres sur la propriété en France, nous reproduisons ici quelques passages d'un article de M.Eugène Simon, publié en 1885 dans un numéro de propagande de la République radicale :

» Laissant de côté la surface occupée par les propriétés bîlties et par les jardins qui, pour un million d'hectares, compte huit millions de propriétaires, le territoire agricole de la France, en dépit de l'opinion courante et des clichés habituels, appartient à un nombre d'individus beaucoup plus restreint qu'on ne le pense. D'après M. Sanguet, — président de la Société de topographie parcellaire, qui a bien voulu faire pour nous des recherches qui, croyons-nous, n'avaient pas encore été faites, sur les 8,547,285 propriétaires que l'on compte en France, 4,392, 5C0 ne paient qu'une cote au-dessous de 5 francs, très souvent irrécouvrable et ne jouissent pas ensemble de 5.1 0/0 du total du revenu foncier. Autant vaut n'en pas parler.

» Puis vient une série de 2,993,450 propriétaires payant une cote de 5 à 30 francs, soit une moyenne de 13 francs et se partageant 22,5 0/0 du revenu territorial ; ce qui représente des propriétés tellement petites que ceux qui les possèdent peuvent souvent accoler à leur titre celui de prolétaire. — Une troisième catégorie compte 1,095,850 propriétaires payant des cotes de 30 à 300 francs, jouissant de 47 0/0 du revenu total. Soit pour chacun d'eux une moyenne de 1730 francs.

» Une quatrième et dernière classe comprend enfin 65,525 propriétaires payant des cotes de 300 francs et au-dessus et jouissant à eux seuls de 25,4 o/O du revenu foncier, soit pour chacun d'eux une moyenne de 15,700 francs. C'est la grande propriété. Or, comme les terres qui constituent la grande propriété, telles que forêts, landes, pacages, etc., rapportent beaucoup moins que les autres, on peut dire que ces 65,525 propriétaires, bien que ne jouissant que du quart du revenu total, possèdent en réalité plus

Celte grande masse ne compte pour rien dans les calculs des économistes. Pour nous, elle est tout. C'est elle qui fait le village; le reste, ce ne sont que des accessoires : des champignons parasites s'accrochant à un vieux tronc de chêne.

Eh bien, c'est de ces paysans qu'on vient dire qu'ils

de la moitié du territoire. C'est ce qui résulte également d'une étude des plus intéressantes sur la statistique internationale de 1873, publiée par M. Toubeau dans la Revue positive de juilletaoût de 1882. D'après ce publiciste, près de quarante millions d'hectares sont entre les mains de propriétaires grands et moyens étrangers à l'agriculture. Des 10 millions restants 2 millions divisés en grandes fermes de 200 hectares en moyenne chacune, sont cultivés directement par ceux qui les possèdent, et 4 millions d'hectares se trouvent répartis entre 2 millions environ de paysans...

» Mais c'est au-dessous de 5 hectares, de 2 surtout et même de 1 hectare que le morcellement s'accentue, se multiplie et qu'il prend ces proportions presque effrayantes. Les parcelles ne sont plus alors que des loques et des haillons, difficiles, sinon impossibles à cultiver, et qui appauvrissent ceux qui les possèdent plus qu'ils les enrichissent. De ces loques sortent, chaque année, par des licitations, quinze à dix-sept mille hectares, dont les prix de vente ne suffisent pas à couvrir les frais...

» En fait sur nos 50 millions d'hectaree, il n'y en a pas plus de 7, y compris 10,000 grandes fermes de 2oa hectares chacune et les loques dont je parlais tout à l'heure, qui appartiennent à ceux qui les font valoir directement. Pour tout le reste, on peut dire qu'il n'a qu'un seul maître : l'oisif, le rentier, l'étranger.

» Désastreuse pour l'agriculture, cette situation ne l'est pas moins pour la population : sur les 7 à 8 millions de travailleurs qui peuplent nos campagnes, déduction faite de 11 millions d'enfants et d'invalides, il n'y en a pas plus de 1,754,944 qui cultivent euxmêmes et ne cultivent que leurs biens, c'est-à-dire qui possèdent as>ez pour vivre, sans être obligés de travailler sur d'autres terres que les leurs. — Pour tout le reste, fermiers, métayers ou journaliers, fussent-ils même propriétaires de quelques haillons, on peut dire qu'ils s'appellent du même nom : les prolétaires;

16f PAROLES d'un révolté

sont riches, absolument contents de leur sort, qu'ils ne veulent rien changer, qu'ils tourneront le clos aux socialistes !

Constatons d'abord que chaque fois que nous avons parlé aux paysans en disant toute notre pensée et dans un langage compréhensible, ils ne nous ont pas tourné le dos. Il est vrai que nous ne leur avons pas parlé de nous nommer, soit à la place de député, soit même à celle de- garde champêtre; nous ne leur avons pas fait de longues théories de socialisme soidisant scientifique; nous ne leur avons pas parlé non plus d'envoyer leurs fils à Paris, pour y coudoyer les avocats de la Chambre ; encore moins leur avonsnous conseillé de remettre leurs lopins entre les mains d'un Etat qui distribuerait le sol à qui bon lui semblerait, selon la fantaisie d'une armée d'employés. Si nous eussions dit ces bêtises, en effet, ils nous auraient tourné le dos, et ils auraient eu raison.

Mais, lorsque nous leur avons dit ce que nous

puisque leurs moyens d'existence ne dépendent que du caprice et de la cupidité du rentier et qu'ils sont obligés d'émigrer, ou de se soumettre à =es volontés.

» Il est impossible d'imaginer un état de choses plus détestable et plus funeste.

» Plus de quarante million>; d'hectares, on ne saurait trop le répéter, sont aux mains de personnes étrangères à l'agriculture. « Il en résulte, dit M. Toubean, qu'une grande partie de cette surface est systématiquement condamnée au chômage, soit total, soit partiel. — Les grands propriétaires, ayant d'autres richesses que leurs domaines et n'étant point dans la nécessité de les faire valoir, usent du droit de les laisser chômer. »

(Ed.)

entendons par révolution, ils nous ont toujours donné raison; ils répondaient que nos idées sont précisément les leurs.

Eh bien, voici ce que nous avons dit aux paysans, et ce que nous ne cesserons de leur dire :

« Autrefois , le sol appartenait aux Communes, composées de ceux qui cultivaient la terre euxmêmes , de leurs bras. Mais, par toutes sortes de fraudes, la force, l'usure, la tromperie, les spéculateurs ont réussi à s'en emparer. Toutes ces terres qui appartiennent maintenant à monsieur un tel et à madame une telle, étaient autrefois terres communales. Aujourd'hui, le paysan en a besoin pour les cultiver et pour se nourrir, lui et sa famille, tandis que le riche ne les cultive pas lui-même et en abuse pour se vautrer dans le luxe. Il faut donc que les paysans, organisés en Communes, reprennent ces terres, pour les mettre à la disposition de ceux qui voudront les cultiver eux-mêmes.

» Les hypothèques sont une iniquité. Pour vous avoir prêté de l'argent, personne n'a le droit de s'approprier la terre, puisqu'elle n'a de valeur que grâce au travail accompli par vos pères lorsqu'ils l'ont défrichée , lorsqu'ils ont bâti les villages , fait les routes, desséché les marais; elle ne produit que grâce à votre travail. L'International des paysans se fera donc un devoir de brûler les titres d'hypothèques et d'abolir à jamais cette institution odieuse.

» Les impôts qui vous écrasent sont dévorés par des bandes d'employés, non seulement inutiles, mais

absolument nuisibles. Donc, supprimez-les. Proclamez votre indépendance absolue, et déclarez que vous savez faire vos affaires bien mieux que les messieurs gantés de Paris.

» Yous faut-il une route ? — eh bien, que les habitants des communes voisines s'entendent entre eux, et ils la feront mieux que le ministère des travaux publics. — Un chemin de fer ? Les communes intéressées d'une région entière le feront encore mieux que les entrepreneurs, qui amassent des millions en faisant de mauvaises routes. — Yous faut-il des écoles? vous les ferez vous-mêmes tout aussi bien, et mieux, que les messieurs de Paris? — L'Etat n'a rien à voir dans tout cela; écoles, routes, canaux seront mieux faits par vous- mêmes et avec moins de frais.

» Yous faudra-t-il vous défendre contre des envahisseurs étrangers ? Sachez avant tout vous défendre vous-mêmes et ne confiez jamais ce soin à des généraux qui, certainement, vous trahiront. Sachez que jamais une armée n'a su arrêter un envahisseur et que, par contre, le peuple, le paysan, lorsqu'il avait intérêt à conserver son indépendance, a eu raison des armées les plus formidables.

» Yous faudra-t-il des outils, des machines? Yous vous entendrez avec les ouvriers des villes qui vous les enverront en échange' de vos produits, au prix de revient, sans passer par l'intermédiaire d'un patron qui s'enrichit en volant et l'ouvrier qui fait l'outil, et le paysan qui l'achète.

)> Ne craignez pas la force du gouvernement. Ces gouvernements, qui semblent si formidables, croulent sous les premiers chocs du peuple insurgé : on en a assez vu dégringoler en quelques heures, et il est à

prévoir que dans quelques années, des révolutions vont éclater en Europe et ébranler l'autorité. Profitez de ce moment pour renverser le gouvernement, — mais surtout pour faire votre révolution, c'est-à-dire, pour chasser les grands propriétaires et déclarer leurs biens propriété commune, pour démolir les usuriers, abolir les hypothèques et proclamer votre indépendance absolue , tandis que les ouvriers des villes feront la même chose dans lés cités. Alors, organisezvous en vous fédérant librement par communes et par régions. Mais, prenez garde, ne vous laissez pas escamoter la révolution par toute sortes de gens qui viendront se poser en bienfaiteurs du paysan : faites vous-mêmes, sans attendre rien de personne. »

Voilà ce que nous avons dit aux paysans. Et la seule objection qu'ils nous aient faite ne touchait pas le fond de nos idées, elle concernait seulement la possibilité de les mettre à exécution.

— « Très bien, nous répondait-on; tout cela serait excellent, si seulement les paysans pouvaient s'entendre entre eux I »

Eh bien, travaillons à ce qu'ils puissent s'entendre ! Propageons nos idées, semons à pleines mains des écrits qui les exposent, travaillons à établir les liens qui manquent encore entre les villages et, le jour de la Piévolution venu, sachons combattre avec eux, pour eux !

Ce jour est beaucoup plus proche qu'on ne le pense généralement.

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