R^. — SCIENCE
Art. — Science
La musique est le plus sensuel des arts pour les âmes
amoureuses.
Il n'y a que la musique pour exprimer l'amour.
La musique, la langue du
ciel, est aux idées et aux sentiments ce que les idées et les sentiments sont à la parole.
Entendre de la musique c'est miieux aimer ce que Ton aime.
C'est entendre la voix aimée.
La couleur est fixe, le mot a des bornes ; la langue musicale est infinie.
C*est !a mélodie et non l'harmonie qui a le pouvoir de traverser les âges.
La mélodie est à la musique ce que l'image et le sentiment sont à la poésie, une fleur qui peut s'épanouir spontanément.
La Mélodie, l'Harmonie et
la Composition, ces trois filles du Ciel.
Deux sentiments qui se confondent ne sont-ils pas comme deux voix qui chantent.
L'opinion d'un artiste doit être la foi dans ses œuvres, et son seul moyen du succès le travail, quand la nature lui a donné le feu sacré.
Si la patience n'est pas tout îe génie, elle en est au moins la
moitié.
La mission de l'art est de spiritualiser la nature ; un paysage a des idées et fait penser.
La mission de l'art n'est pas de copier la nature, mais de l'exprimer.
Un beau paysage est une brillante pensée de la nature.
L'Art peint avec des mots, avec des sons, avec des couleurs, avec des lignes.
Ce qui étend la science étend l'art.
Le cachet des grands maîtres : rUnité.
Les artistes sont les vrais rois de droit divin.
Un monument est un visage et un témoin. C'est un poème écrit avec un alphabet de pierres.
L'architecture, cette histoire des mœurs.
La sculpture résume les idées d'une époque.
Les plus grands efforts de l'art sont toujours une timide contrefaçon des effets de la nature.
Le soleil, peintre sublime, esl:
aussi le souverain poète.
Dieu est un grand paysagiste.
Le travail est la loi de l'art comme celle de la vie.
Un grand artiste est réelle-
ment un oligarque ; il représente tout un siècle et devient presque toujours une loi.
On ne connaît pas encore la portée des forces vitales ; elles tiennent à la puissance même de la nature, et nous les puisons à des réservoirs inconnus.
Aujourd'hui la science mé-
dicale touche à toutes les sciences.
Pour les malades le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit.
Un malade quand il est depuis longtemps malade devient plus fort que son médecin ; il s*entend avec la maladie.
La justice c'est comme la médecine, elle a ses victimes ; dans le premier cas on meurt pour la société, dans le second pour la science.
La science individuelle de l'observation exige des connaissances presque universelles.
Un écrivain doit tout savoir.
En toutes choses le génie est une intuition.
Il y a des physionomies prophétiques.
Rien n*est fixe ici-bas. Il n'existe que des conventions qui se modifient suivant les climats.
La science est une. Il est im-
possible de toucher à la polititique sans s'occuper de morale, et la morale touche à toutes les questions scientifiques.
La volonté est un fluide. Attribut de tout être doué de mouvement.
En l'homme la volonté devient une force qui lui est pro-j pre et qui surpasse en intensité] celle de toutes les espèces.
La puissance de vision qui fait le poète et !a puissance de déduction qui fait le savant sont fondées sur des affinités invisibles.
Notre esprit est un abîme qui se plaît dans les abîmes.
Les intelligences se divisent en grandes sphères : il y a une graduation dans la spiritualité.
En l'homme vient aboutir un visible univers fini, en lui commence un univers invisible et infini.
Trois grandes sphères '• le naturel, le spirituel, le divin.
Le mouvement, souffle incompréhensible du souverain; fabricateur des mondes.
Les sciences occultes reposent sur un sentiment inné, l'un des plus forts de notre nature : la curiosité.
Le trop de science, de même que Tignorance, arrive à une
négation.
Qu'est-ce que la force et la
vitesse ? Notre science est inhabile à le dire, comme elle l'est à créer un mouvement. Un mouvement, quel qu'il soit, est un immense pouvoir, et l'homme n'invente pas de pouvoirs.
Le pouvoir est un, comme le mouvement, l'essence même du pouvoir. Tout est mouvement.
La pensée est un mouvement.
La nature est établie sur le mouvement. La mort est un mouvement dont les fins nous sont peu connues. Si Dieu est éternel, croyez qu il est toujours
en mouvement ; Dieu est îe mouvement, peut-être... Qui jamais a touché, coirpris, mesuré le mouvement ?? Nous en sentons les effets sans les voir.....
Où est-il ? Où n'est-il pas ?
D*où part-il? Où en est le principe ? Où en est la fin ? I!
nous enveloppe, nous presse et nous échappe. Il lui faut comme à nous l'espace, et qu'est-ce que l'espace ? Le mouvement seul nous le révèle; sans le mouvement, il n'est plus qu'un mot vide de sens. Pro-
blême insoluble, semblable au vide, semblable à la création, à l'infini, le mouvement confond la pensée humaine, et tout ce qu'il est permis à l'homme de concevoir, c'est qu'il ne le concevra jamais.