Parrain par amour! Monocoquelogue, dit
moi!... Baptême!... dragées!... gamins!... Vive l'enfant!,., à la chienlit!... (changeant de ton) Oui, mais parrain avec ma fiancée... Délire!... Ivresse!...
Amour !... (rechangeant de ion) Fichue situation !...
Après tout, je suis bien bon, je ne sais pas pourquoi je me tourmente, (avec gravité) Le baptême!... Etes-vous chré-
tien?... Le sais-je, s'il voudra l'être? Ainsi, voilà un enfantqui peut venir dire un jour: « Je vous avais rien demandé, moi! » Insultes, duel, mort! Parraincidc... non, filleulicide... C'est moi qui le tuerai... Il me doit le respect — Après Petit Journal, horribles détails, filleul assassiné par son parrain, Mazas, guillotine ! Affreux !... je n'irai pas.
Et puis baptême, peux pas voir ça, cloches, carillon, de l'eau sur la tête, dans le cou... partout! rhume, bronchite, médecin. — Médecin: mort! Et tout ça avant d'avoir vécu... absurde!.-. Quoi? — Impie? Non. Baptisez, veux bien, mais attendez qu'on sache nager.
Je n'irai pas.
Et puis ce serait encourager le mari...
une femme de quarante-cinq ans... sa dix-huitième couche! Un mari detrentecinq! Scandaleux, scandaleux, dix-huit!
— Et doter tout ça... Ma fiancée au moins, 40,000 francs... mais eux... les dix-huit !... aussi pourquoi a-t-elle accepté ? Pouvait pas refuser, c'est la nièce de la femme aux dix-huit ! Dieu ! si ressemble à la tante ?... dix-huit !... dix-huit ! — Non, bien élevée, instruite, pas de danger. Puis dirai: « J'en veux pas dix-huit ! . . . dix-huit !
Enfin! que faire? c'est demain. Il est sept heures... Les confiseurs... Tiens!
mais je n'en vois pas dans mon quartier (réfléchissant) rue Godot de Mauroi... de Sèze... rue de Caumartin... Ah! Siraudin... ou bien encore Boissier!...
rue de la Paix! (souriant) hein ! cocasse, coïncidence singulière, rue de la Paix!... Paix... Colonne Vendôme, Courbet... la
Commune ! (revenant à son idc'c prcmk'rc) tandis
que Siraudin, Fille de Madame Angot, plus gai !... — J'irai chez Boissier.
Le père et la mère. Deux tantes. . . dixsept frères et sœurs... oh! quatre boîtes c'est bien assez avec les couvercles, ça fait huit, cinq cousines !... cinq cousines... ma foi, c'est tout, (souriant) — Ah! naturellement, ma fiancée... oh! pour Marcelle une boite superbe, splendide, avec des petits Amours sur le couvercle, — des imitations de Doucher. . . Ah ! j'oubhais, ma future a aussi un certain nombre de boites à ofirir... \'oyons...' combien ?...i...2... 3...4.. 5...O...7...
(brusquement) Ah ! mais non ! ... non ! ! je ne suis pas millionnaire, moi!!! Je ne les connais pas, ces gens-là!!
Et dire qu'à mon mariage, il faudra tous les traîner à ma suite! Comme Hernani :
De ta suite, j'en suis !
Mounet-SuUy (imitant iMounet-Sully) De ta
suite, j'en suis !! ! Eh! bien, de ton baptême je n'en suis pas ! !
D'abord, plus tard ira au lycée le filleul : (imitant la voix de l'enfant) Mon parrain...
mon cher parrain... J'ai été le premier à la composition d'hier (voix naturelle). « Tiens, voilà cent sous Eusèbe... m.ais ne travaille pas tant !... Santéavanttout, Eusèbe ! » Eusèbe Est-ce assez laid