X\III PARSIFAL
# le roi malade » comme l'appellent aussi les légendes ; son père Titurel, le fondateur de l'Ordre l'a jugé digne de la plus haute mission, puisqu'il l'a fait couronner Roi des chevaliers du Saint- Graal. C'est une âme noble, mais une volonté faible. Il a connu et compris les hauts mystères ; mais le péché charnel, l'emprise de la volupté ont laissé, dans sa chair comme dans son âme, une blessure profonde toujours prête à se rouvrir. On pourrait lui appliquer ces vers splendides et terribles d'Alfred de Musset :
Malheur à l'homme impur qui laisse la débauche Planter le premier clou sous sa mamelle gauche. Le cœur d'un homme vierge est un vase profond ; Lorsque la première eau qu'on g verse est impure, La mer g passerait sans laver la souillure, Car VaMme est immense et la tache est au fond.
C'est un initié indigne, un pontife déchu qui a conscience de son indignité et en subit la torture. Quand il officie pour le saint mystère du Graal, quand le sang divin reluit dans le vase sacré qu'il élève
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dans ses mains, il ressent une douleur aiguë. La lumière rédemptrice, qui émane du sang divin, au lieu de lui verser la félicité et la force comme aux chevaliers, fait jaillir son sang à torrents de sa blessure, et ce sang, loin de se purifier sous les rayons du Sauveur, s'élance éperdûment vers les désirs impurs. Alors son âme se désespère dans l'horreur de sa dégradation, et il souffre atrocement jusque dans son corps physique. Cette action, en sens contraire, du divin sur les natures troubles peut paraître étrange à des esprits peu familiers avec les lois psycho-physiologiques de l'être humain. Toutefois c'est un phénomène bien connu de tous les occultistes que ce revirement fatal dans l'âme de l'initié, pour peu qu'il ait conservé, dans ses actes ou même dans ses pensées, le virus du mal, le poison de la perversité. C'est d'ailleurs un fait qui se produit, en dehors même de l'initiation, sous mille formes et à mille degrés, dans la conscience ou dans la subconscience d'une