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tas comme l'éclat du plein jour aux ombres de la nuit et du crépuscule, Wagner a usé du même procédé dont il s'est servi pour ses autres héros légendaires. C'est le procédé des grands créateurs, qui consiste à rejeter tous les accessoires inutiles pour se concentrer sur l'essentiel. Il a tiré l'innocent héroïque de la gangue pesante des vieilles traditions, du labyrinthe singulièrement compliqué des épopées et des romans du moyen âge, pour dresser sa figure idéale sur le piédestal de son art.
La légende du St-Graal vient de trois sources diverses qui se sont mêlées et confondues en elle ; la source celtique, la source française et la source provençale. — La source celtique y est représentée par la légende de Péredur et a trait à la conquête du bassin magique, du vase sacré qui confère la sagesse et le pouvoir. On y découvre l'idée antique de Vinitiation par l'effort^ conservée par les druides et les bardes. — La source française est représentée par les
PRÉFACE ZXIII
trouvères anglo-normands et surtout par Chrétien de Troyes. En s'emparant de la légende de Péredur, qu'ils appellent Perceval, ils y firent entrer l'idée de la rédemption de l'homme par le sacrifice du Christ, sacrifice renouvelé dans le mystère eucharistique. C'est ridée chrétienne par excellence du salut par la Grâce et par V Amour divin. — La source provençale est représentée par ridée du St-Graal. Elle fut primitivement couvée et lancée dans le monde par une confrérie occulte qui s'étendait sur le midi de la France et le nord de l'Espagne, d'où cette idée se répandit dans toute l'Europe. On racontait, dans cette conlrérie, que sur une haute montagne appelée Montsalvat (Mons salvationis), de purs chevaliers avaient la garde du vase dans lequel Joseph d'Arimathie avait recueilli le sang du Christ crucifié. Ce vase était le même, assurait-on, qui avait servi au Christ pour la Sainte- Cène dans son dernier repas. A ceux qui étaient reçus à le contempler et à boire