‹ Parsifal de Richard Wagner, ou, L'idée de la rédemptionChapitre 3 sur 38 · VI PARSIFAL · texte numérisé non relu

VI PARSIFAL

famille bien connue en Angleterre. Aussi retrouvait-on dans son tempérament la belle générosité française, et quelque chose du génie capricieux et divinatoire des Celtes.

L'essai qu'on va lire est sorti de l'impression en quelque sorte foudroyante que produisit sur cette femme, à la fois artiste, théosophe et féministe dans le sens le plus élevé du mot, une représentation de Parsifal, à laquelle elle assista en l'année 1892, à Bayreuth. Cette confession saisissante d'une émotion d'art, qui avait été pour elle une révélation psychique, fut en quelque sorte son chant du cygne. Car elle mourut peu après, en 1896.

Son fils, Edouard, lorsque le chef-d'œuvre de Wagner tomba dans le domaine public et fut représenté à Paris, comme dans le monde entier, publia, dans le Mercure de France (1er mars 1914) un très intéressant article sur la Genèse et la Création de Parsifal. Le petit livre de Mme de Morsier étant épuisé depuis longtemps, la

PREFACE Vil

famille eut l'heureuse idée de joindre, dans la nouvelle édition, à l'essai passionné et passionnant de la mère l'étude documentée et précise du fils. Cette double lecture est captivante à plus d'un titre. On est curieux, d'abord, d'observer cet enthousiasme toujours grandissant, quoique plus mesuré et plus réfléchi, pour l'œuvre wagnérienne, à la distance de vingt années, qui sépare une génération de l'autre. Mais l'intérêt dominant de ces pages est qu'elles nous font entrer au cœur du sujet et nous montrent, sous un angle incisif et sous un jour nouveau, l'importance extraordinaire et le rôle unique joué par le Parsifal de Richard Wagner, non seulement dans la vie artistique, mais encore dans la conscience religieuse de notre temps.

J'essayerai de le faire voir en peu de mots.

Ce n'est pas ici le lieu d'étudier cette

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