‹ Partie et revanche, comédie-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 16 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

Eu q^uiltant cq î-ivage Ofi inon cœur fut heureux^ ^^ Aux ëclios du bocage

^^Q^r J'adressais mes adieux.

m^^ Jamais/quoique loin d'elle,

IX'aurai d'autres amours , Lorsque Ton aime Adèle, Il faut Faimer toujours.

Certainement , elle est fort bien cette romance.

ARMAND

Il y a un second couplet.

M"^« DE SENANGE.

Deuxième couplet.

Dans l'ombre et le mystère Un amant malheureux Doit aimer , et le taire A l'objet de ses feux.

Et s'il faut dans Tabsence Tramer ses tristes jours, Il part sans espérance , Mais en aimant toujours.

ARMAND, répète tes deux derniers vems.

Je pars sans espérance , En vous aimant toujours.

Il se jette aux pieds de Mad, de Sénange. M™e DE SENANGE.

0^«kl ! M. Armand , i]ii^^«&tte»>¥Ous ? 0t que viens - je d'apprendre ?

ARMAND

Ce secret que , sans l'arrivée de voire oncle , j'allais vous confier ce matin . . . mais ce n'est rien encore . . . vous ignorez à quel point je.suis coupable envers vous , et quand vous saurez qui je suis.

Que diles-vous . . achevez. . . m'avez- vous trompée?. . .

ARM-AND

Oui , madame , je suis celui à qui vdus fûtes destinée. . . celui que vous détestiez sans le connaître , et qui maintenant ne vous a donné que Irop de sujets de le haïr.

M'"^ DE SENANGE.

Grand dieu !... vous , monsieur de Saint-André !

ARMAND

Lui-même , madame !

M"^^ DE SENANGE , à part.

Grâce au ciel , le mal n'est pas si grand que je croyais , il m'avait fait une peur... (^haut.) Comment!... c'est vous, monsieur, qui depuis quinze jours êles ici sous un nom Supposé.

ARMANB.

Le mien , si vous l'aviez co)nnu , eût été pour moi un arrêt d'exil , mais vous devez vous rappeller que c'est malgré moi que je suis entré dans ce château...* hélas l c'est malgré moi aussi que je m'en éloigne.

M™« DE SENANGE.

Et pourquoi !... qui vous force à partir.'*

ire i

( 25 ) ARMAND

Votre injastice... vos préveations ; oui , madame... on vous a dît que j'étais uxi homme dur , insensible .. oo m^lvv'5it dit que vous étiez bonne , indulgente... convenez qu'on nous a trompés tous les deux.

Non , sans dou^e .. voilà ce que je ne puis avouer encore, mais il est vrai cependant, que je me suis fait de vous une toute autre idée , et pour rétablir dans votre esprit ma réputation de bonîé et d'indulgence, j'ai bien envie de vous proposer une épreuve.

ARMAND

Parlez, madame-, commandez... que puis-je faire pour vous prouver mon amour , et me rendre digne de voire main.

M"»^ DE SENANGE.

Eh bien ! s'il est vrai que vous m'aimiez... j'exige que pendant trois mois entiers, à dater d'aujourd'hui., vous n'ayez point la moindre querelle. . îa moindre discussion... enfin^ que vous évitiez toute espèce d affaires, même celles où vauâ auriez complètement raison. \ •-

ARMAND ^

Et les trois mois expirés. . .vous consentez à m' épouser?

M"'^ DE SÉNANGE .

Mais je crois qu'alors je le pourrais sans crainte.

' ^' ARMAND

Dieu ! que je suis heureux !. . .c'est coipme si nous étions mariés. . . car , apprenez , madame, que ce que vous me demandez là est pour moi la chose du monde la plus^facile ... et personne n'est moins querelleur que moi. Enfin, vous avez vu ce matin quand votre oncle est venu nous interrompre. . . certainement j'avais là une belle occasion.

M™« DE SÉNANGE.

Eh ! mais , cela ne commençait déjà pas mal . . . Enfin vous connaissez nos conventions. . . vous voyez que je ne suis point injuste ; je dirai tout à mon oncle. . . en attendant je cours À'iifAfHfer , -WH-^e «'ai*^ pas encore pafu au

salon où Ton m'attend Adieu . adieu , monsieur ;

puis-je dire en bas que l'on renvoyé vos chevaux ?

ARMAND , lui boisant la maîn.

Ah ! vous êtes Irop bonne.

{Mad. de Sénangç sort.^

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