ROMANCE
Eu q^uiltant cq î-ivage Ofi inon cœur fut heureux^ ^^ Aux ëclios du bocage
^^Q^r J'adressais mes adieux.
m^^ Jamais/quoique loin d'elle,
IX'aurai d'autres amours , Lorsque Ton aime Adèle, Il faut Faimer toujours.
Certainement , elle est fort bien cette romance.
ARMAND
Il y a un second couplet.
M"^« DE SENANGE.
Deuxième couplet.
Dans l'ombre et le mystère Un amant malheureux Doit aimer , et le taire A l'objet de ses feux.
Et s'il faut dans Tabsence Tramer ses tristes jours, Il part sans espérance , Mais en aimant toujours.
ARMAND, répète tes deux derniers vems.
Je pars sans espérance , En vous aimant toujours.
Il se jette aux pieds de Mad, de Sénange. M™e DE SENANGE.
0^«kl ! M. Armand , i]ii^^«&tte»>¥Ous ? 0t que viens - je d'apprendre ?
ARMAND
Ce secret que , sans l'arrivée de voire oncle , j'allais vous confier ce matin . . . mais ce n'est rien encore . . . vous ignorez à quel point je.suis coupable envers vous , et quand vous saurez qui je suis.
Que diles-vous . . achevez. . . m'avez- vous trompée?. . .
ARM-AND
Oui , madame , je suis celui à qui vdus fûtes destinée. . . celui que vous détestiez sans le connaître , et qui maintenant ne vous a donné que Irop de sujets de le haïr.
M'"^ DE SENANGE.
Grand dieu !... vous , monsieur de Saint-André !
ARMAND
Lui-même , madame !
M"^^ DE SENANGE , à part.
Grâce au ciel , le mal n'est pas si grand que je croyais , il m'avait fait une peur... (^haut.) Comment!... c'est vous, monsieur, qui depuis quinze jours êles ici sous un nom Supposé.
ARMANB.
Le mien , si vous l'aviez co)nnu , eût été pour moi un arrêt d'exil , mais vous devez vous rappeller que c'est malgré moi que je suis entré dans ce château...* hélas l c'est malgré moi aussi que je m'en éloigne.
M™« DE SENANGE.
Et pourquoi !... qui vous force à partir.'*
ire i
( 25 ) ARMAND
Votre injastice... vos préveations ; oui , madame... on vous a dît que j'étais uxi homme dur , insensible .. oo m^lvv'5it dit que vous étiez bonne , indulgente... convenez qu'on nous a trompés tous les deux.
Non , sans dou^e .. voilà ce que je ne puis avouer encore, mais il est vrai cependant, que je me suis fait de vous une toute autre idée , et pour rétablir dans votre esprit ma réputation de bonîé et d'indulgence, j'ai bien envie de vous proposer une épreuve.
ARMAND
Parlez, madame-, commandez... que puis-je faire pour vous prouver mon amour , et me rendre digne de voire main.
M"»^ DE SENANGE.
Eh bien ! s'il est vrai que vous m'aimiez... j'exige que pendant trois mois entiers, à dater d'aujourd'hui., vous n'ayez point la moindre querelle. . îa moindre discussion... enfin^ que vous évitiez toute espèce d affaires, même celles où vauâ auriez complètement raison. \ •-
ARMAND ^
Et les trois mois expirés. . .vous consentez à m' épouser?
M"'^ DE SÉNANGE .
Mais je crois qu'alors je le pourrais sans crainte.
' ^' ARMAND
Dieu ! que je suis heureux !. . .c'est coipme si nous étions mariés. . . car , apprenez , madame, que ce que vous me demandez là est pour moi la chose du monde la plus^facile ... et personne n'est moins querelleur que moi. Enfin, vous avez vu ce matin quand votre oncle est venu nous interrompre. . . certainement j'avais là une belle occasion.
M™« DE SÉNANGE.
Eh ! mais , cela ne commençait déjà pas mal . . . Enfin vous connaissez nos conventions. . . vous voyez que je ne suis point injuste ; je dirai tout à mon oncle. . . en attendant je cours À'iifAfHfer , -WH-^e «'ai*^ pas encore pafu au
salon où Ton m'attend Adieu . adieu , monsieur ;
puis-je dire en bas que l'on renvoyé vos chevaux ?
ARMAND , lui boisant la maîn.
Ah ! vous êtes Irop bonne.
{Mad. de Sénangç sort.^