SCENE XIV
ARMAKD, M«^« DE SENANGE.
M^e DE SENANGE.
-* Ah! Monsieur, combien je suis contente de vous... j'ai peine encore à le croire. ?: si vous saviez à quel pornt celte preuve d amour m'a touchée . . mon oncie ma tout dit. . . j'en connaissais déjà une partie. . . mais c'est surtout votre dernière entrevue .
ARMAND
Comment! notre dernière entrevue.^
Oui... M. de la Durandière lui a racofilé qu'il venaitg dans l'instant même de vous rencontrer seul dans une allée du parc. > . qu'il vous avait proposé , dans le cas où vous vous croiriez offensé, de vous donner satisfaction... et que vous l'aviez refusé.
ARMAND
Moi. . . Madame! qui a pu vous dire cela ?
M"^<^I)E SENÀNGE.
Comment ! . . vous auriez accepté ?
ARMAND
Du tout... madame, du tout.
M°^^ DE SENANGE .
A la bonne heure. . . vous ne pouviez me donner une plus grande marque de tendresse. . et depuis ce moment je puis vous l'avouer. . . je crois que je vous aime.
ARMAND
Dieu ! . il se pourrait ! . . Vous voyez , madame , le plus heureux et le plus désespéré des hommes .. car ce monsieur de la Durandlère est un insigne imposteur que je n'ai seulement pas vu.
M"^^ DE SENANGE.
S'il en est ainsi je rétracte l'aveu que je viens de faire.
ARMAND
]>îon , madame ; non^ gardçz-vous de yous dédire..
mais, je vous en supplie, rendez-moi ma parole, pour aujourd'hui seulement. . . je vous jure bien qu'à dater de demain. ^
M™e J)E SENANGE »
Oîioi! à peine une demi-heure s'est écoulée, et vous trou\^ez déjà notre traité trop pénible à exécuter... vous êtes le maîire, monsieur; mais comme je tiens mes sermens plus fidellement que vous , je vous préviens que si vous donnez la moindre suite à cette affaire ; je ne vous reverrai de ma vie .
ARMAND, à part.
Dieu ! que c^est cruel. . . Etre obligé pour lui couper les oreilles , d'attendre encore trois mois, le jour det mes noces. "^
M^««* DE SENA^fGE
Que dltes-voîis ?
ARMAND
Rien . • . Je disais que le jour de mes noces {ciQec une expression de colère,) sera le plus beau jour de ma vie.
MF'^ DE SENANGE .
^ la bonne heure. Ah! mon Dieu!., il y a tant de
le'^dans le salon , que voici une parlie de la société
H'ient de ce côté. . . M. de la Burandière marche à leur
te
ARMAND , aoec une colère concentrée .
M. de la Durandière !
Hein ! qu'y a-t-il ?
ARMAND
Rien. . . Je serai charmé de le voir. , . N'exigerez-vous pas aussi que je lui fasse des politesses ?
]^mc j)E SENANGE.
Oh! non. . . et vous pouvez môme vous en moquer. . . . Permis à vous , pourvu toutefois que ce ne soit que des plaisanteries, et qu'on ne se fâche pas. ARMAND, à part.
Dieu! si , sans me fâcher, je pouvais trouver quelque moyen de l'assommer incognito.