ACTE QUATRIÈME
ALBE, vivement, allant au-devant de sa fille.
Pas ici!... Emmenez cette femme!...
DOLORÈS
Non! je ne m'en irai pas!
ALBE, furieux.
Vargas!
DOLORÈS, de même, repoussant Vargas.
Je ne m'en irai pas!... Ne me touchez pas!... ou je crie et je lui dis tout ! .
ALBE, terrible.
Un seul mot, et vous êtes morte!...
Au moment où Vargas va s'efforcer d'entraîner Dolorès, dona RafaëU sort de l'appartement de gauche avec la religieuse et la suivante. — Vargas recule, et Dolorès reste.
ALBE, se retournant; à sa fille, qui entre toute souriante, et la prenant dans ses bras.
Ah! Rafaële, ma chère fille!... seule comme cela*!
RAF AELE, gaiement.
Oui. tu vois!... Je vais très bien, ce matin.
Elle tousse, Alberti éloigne la chaise de la table à gauche, pour qu'elle puisse s'y asseoir.
ALBE, inquiet.
Mais...
RAFAËLE.
Oh! ce n'est rien, cela!... — N'est-ce pas, maître Alberti?...
ALBE
Il fa dit?...
RAFAËLE.
Oui; tu veux que j"aille à Groenendaal?
• La suivante, la religieuse, Alberti, Rafaële, le Duc, Vargas devant la cheminée, Dolorès à droite.
146 PATillC!
Il y a si longtemps que tu n"es sortie!
RAFAÊLE.
Oui. cela me fera du bienî...
Et tu me reviendras à Theure du souper! — Alberti, on a bien pensé aux pelisses, aux fourrures?...
ALBERTI, indiquant les vêtements que portent les femmes.
Oui, monsieur le Duc!
ALBE*
Allons, va, ma chérie... va!
Mouvement de Dùlorcs pour se faire voir. RAFAËLE.
A ce soir! (Apercevant Dolorès, et à demi-voix.) Oh! cette femme que je n'avais pas vue!
ÂLBE, voulant la pousser doucement vers la porte de gauche.
Oui. une personne de la ville...
RAFAËLE, en place.
Elle a l'air bien triste!... Elle a pleuré?
ALBE, même jeu.
Peut-être!
RAFAËLE, à voix basse.
Quelque malheureuse qui vient te présenter une requête, n'est-ce pas?
Oui... Adieu!
RAFAËLE, de même.
Tu vois, j'ai deviné! (a son père, le câlinant.) Est-ce que tu ne veux pas lui accorder ce qu'elle te demande?
* Albe, Rafaële.