SCÈNE PREMIÈRE
RINXOX, NAVARRA, MIGUEL, UN ENSEI- GNE, Soldats, Piquiers, Lansquenets, Artilleurs, Ribaudes, Enfants.
Au lever du rideau, un grand roulement de tambours dans la rue.
RINCON, assis à la table, à gauche, ainsi que l'enseigne et Navarra avec qui il joue aux dés.
Q i*est-ce que cela?
MIGUEL, regardant au fond.
C'est un convoi de prisonniers qui nous arrive.
RINCON
Au diable ! — C'est le vingtième qui entre à Bruxelles depuis ce matin. Pourquoi les amener ici? Qu'on les enferme aux Jacobins !
MIGUEL
Mais, capitaine, les Jacobins, le marché au bois, riiotel dEgmont... tout regorge.
RINCON
Et la Boucherie aussi regorge!... Oii veut-on que je les fourre?
l'enseigne.
Ma foi, seigneur Rincoû, il y a là une sorte d'étable, à gauche de l'ancienne porcherie... Entassez-les là dedans... c'est assez bon pour eux!
RINCON, se levant.
Je vais voir 'ça. (Aux soldats.) Jetez-moi du 1 ois au feu... Chienne de ville... on grelotte!
Il sort par la gaucLo MIGUEL, aux soldats du fond.
Hé! là-bas, vous autres, du bois!
LES SOLDATS
Il n'y en a plus...
MIGUEL, prenant la place de Rincofi.
Eh bien, faites-en...
LES SOLDATS
Oui, lieutenant.
Ils démolissent un tonneau à coups de hache.
NAVARRA, jouant.
Et dix! à moi?... (Détonations lointaines.) Tiens, CeS
arquebusades?