DESCRIPTIONS DÉTAILLÉES DES FORMATIONS GÉOLOGIQUES
G-oupe du Mont Stevens DISTRIBUTION.
Les roches de ce groupe du Mont Stevens se trouvent seulement dans la partie sud-est de la ceinture du bras de Taku, et là elles sont adjacentes et existent à l'est des roches intrusives de la chaîne Côtière qui occupent le coin sud-ouest de la région. En effet, partout dans le sud du Yukon et le nord de la Colombie Anglaise, où le bord oriental de la chaîne Côtière a été exploré, ces roches du Mont Stevens se présentent sous la forme d'une ceint’.e qui borde les roches intrusives granitiques. Dans la ceinture du bras de Taku, les assises du Mont Stevens affleurent sur Une superficie qui a au sud du bras de Taku une largeur d'environ 4 milles et qui est beaucoup plus large au nord, mais il ÿ a très peu de cette étendue qui soit connue, car son bord occidental se trouve en dehors de la ceinture examinée. La surface d’affleurement de ces roches en dedans du district a
environ 20 milles de long dans une directoin nord et de 4 à 10 milles de large.
CARACTÈRES LITHOLOGIQUES
Le groupe du Mont Stevens consiste d'un complexe formé surtout d'amphibolites, de roches volcaniques basiques écrasées, de gneiss à mica et à hornblende, de schistes sériciteux, de quartzites et de calcaires, et ces différents termes sont si intimement associés en certains endroits qu'il serait difficile de faire la carte de ces membres individuels,
Amphibolites schisteuses —Les amphibolites schisteuses sont des roches À grains fins, de couleur vert sombre, qui ont partout une structure laminée, mais qui sont rarement fissiles et se brisent fréquemment en travers des plans de structure presqu’aussi bien que le long de ces plans.
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Sous le microscope on voit que les plaques minces d’échantillons typiques sont formées surtout de plagioclase, de hornblende et de biotite, avec quelques grains de minerai de fer accessoire et de beaucoup de chlorite et de calcite secondaire et même de zoisite. Environ la moitié de la roche semble être formée de plagioclase, surtout de plagioclase acide. La hornblende est ensuite la plus importante et se présente en plages pléochroiques. Il y a aussi généralement un grand nombre de minéraux irréguliers de biotite.
Roches volcaniques écrasées.—Les roches volcaniques basiques sont des roches compactes et dures, à grains fins ou moyens, de couleur vercicre et ayant l'aspect andésitique. Elles ont toujours une structure laminée, et cependant elles ne sont jamais fissiles; elles peuvent ou non se cliver suivant les plans de foliation mais généralement elles se brisent en fragments anguleux.
Sous le microscope ces roches semblent être des andésites écrasées, et consistent surtout de plagioclase, d'une petite quantité de quartz, de beaucoup de chlorite fibreuse, d'une peu de calcite et de minerai de fer accessoire. Certaines sections montrent des traces distinctes de structure porphyritique holocristalline bien conservée où les phénocristaux de plagioclase prédominent. Il y a aussi de petites particules de magnétite disséminées dans la pâte.
Gneiss.—Les gneiss sont des roches grises ou vertes à texture moyenne ou grossière qui ont une apparence gneissique bien définie, et dans lesquelles on peut facilement voir à l'oeil nu les cristaux d'orthose, de plagioclase et soit de biotite ou de hornblende ou les deux.
Sous le microscope ces roches consistent surtout d’orthose, de microc ne, de plagioclase, de biotite, de hornblende, d'épidote, de chlorite et de minerai de fer accessoire. Les quantités relatives de feldspath varient beaucoup; dans certains échantillons les feldspaths alcalins prédominent tandis que dans d'autres, les feldspaths calcosodiques forment la majeure partie de la pâte. La chlorite, l’épidote et aussi la zoisite sont généralement abondantes, et dans quelques sections, les minéraux ferromagnésiens originels ont été entièrement remplacés; ce-
pendant il reste généralement encore une bonne quantité de biotite et de hornblende.
Schistes à séricite —Les schistes à séricite sont des roches de couleur gris pâle, fissiles, qui sont généralement quelque peu tendres et friables et qui ont une apparence brillante et luisante due à la grande quantité de séricite qu'elles contiennent. En certains endroits ces roches contiennent beaucoup de minerai de fer qui s'oxyde et leur donne une couleur nettement rougeâtre.
Au microscope, ces schistes se composent surtout de quartz et d‘ s5éricite, mais contiennent aussi un peu d'orthose, de plagivclase et de calcite secondaire. Les feldspaths originels étaient pour la plupart des feldspaths alcalins, et sont largement remplacés surtout par la séricite et aussi par la calcite. Il semble que ces roches étaient surtout des rhyolites qui ont été écrasées, plissées et transformées dans leur forme actuelle.
Quartzites.—Les quartzites sont normalement gris ou presque blancs, mais en certains endroits ils sont teintés de rouge par la limonite. Ces roches ont généralement une structure gneissique à grains fins, et à l'oeil nu semblent formés presque exclusivement de quartz.
Quand on examine des sections minces au microscope, on voit cependant qu'elles sont formées surtout de grains de quartz de forme irrégulière ayant une structure pegmatique av: un feldspath alcalin très altéré en séricite. Il y a aussi quelques grains de plagioclase, mais ceux-ci sont surtout transformés en calcite. La biotite brune est abondante, et on a remarqué aussi quelques cristaux de zircon et de magnétite comme accessoires.
Calcaires.—Les calcaires sont blancs ou bleu clairs, ils ont une structure subcristalline ou cristalline, et on peut généralement les distinguer à grande distance à cause de leur couleur
claire. En certains endroits, ils sont quelque peu argilacés, mais ont plus fréquemment une composition siliceuse. Ils se présentent généralement en lits massifs ayant de 10 à 50 pieds d'épaisseur, mais en certains endroits, où il y a un mélange considérable de matière argileuse, ils deviennent quelque peu tendres.
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TECTONIQUE.
Toutes ces roches schisteuses et gneissiques du groupe du Mont Stevens ont été sujettes à des effets de plissement, de faille, d'écrasement, d'étirage et de torsion, et elles ont été tellement métamorphisées qu’en plusieurs endroits leurs caractères primitifs ont été masqués ou complètement détruits. Même les calcaires sont plissés et si bouleversés avec les autres termes que leur âge relatif est incertain.
Ces roches existent invariablement le long du bord oriental des roches intrusives de la chaîne Côtière, et partout où on les trouve dans la zone du bras de Taku elles constituent des portions d'épontes du batholithe de la chaîne Côtière.
AGE ET CORRÉLATION
On n'a trouvé aucun fossile dans la formation du Mont Stevens de la zone du bras de Taku, et on ne sait qu’une chose c’est qu’elle comprend les plus vieilles roches de cette région. Cependant, d’anrès ‘=s descriptions de McConnell dans le district de Dawson, et de Brooks et d'autres dans l'Alaska, il est clair que les roches du Mont Stevens correspondent aux terranes du Paléozoique inférieur de ces districts. Quelques assises des ‘‘Roches schisteuses plus anciennes” de McConnell sont lithologiqueinent semblables à celles du groupe du Mont Stevens. Les gneiss semblent correspondre aux gneiss de Pelly; on les considérait d’abord comme archéens, mais maintenant on croit qu'elles sont beaucoup plus récentes et probablement paléozoiques. Il y a certaines bandes de calcaire qui contiennent des fossiles siluriens intercalés dans les roches schisteuses d’Alaska et ces calcaires, tant dans leur association que dans leur gisement, ressemblent à ceux de la ceinture du bras de Taku. Le groupe du Mont Stevens est ainsi considéré comme pré-Dévonien et probablement tout paléozoique inférieui.
Le nom de groupe du Mont Stevens fut employé pour la première fois dans le district de Wheaton, Yukon, où ses roches affleurent sur de grandes étendues. L'auteur dans son rapport sur ‘Le bassin houiller des rivières Lewes et Nordenskiold”
décrit aussi des roches, sous le nom de ‘Groupe du Mont Razoir,'’ qui correspondent probablement au groupe du Mont Stevens, mais comme il n’y a qu'un affleurement de faible étendue, ia relation entre ces deux groupes est incertaine.
La formation comprise sous la division IX sur la carte du professeur Gwillim et dans son rapport sur le district minier d'Atlin, correspond ainsi à celle du groupe du Mont Stevens.
Groupe de Taku DISTRIBUTION.
Les affleurements de roches qui appartiennent au groupe de Taku sont limités dans la ceinture du bras de Taku à trois petites superficies, dont la plus grande est située à l'extrémité nord de la montagne Presqu'île. Cette superficie a environ 2 milles de long dans une direction nord-ouest, et a une largeur moyenne d'un demi-mille. Les roches de Taku se rencontrent aussi sur une superficie de trois quarts de mille de diamètre, située au coin sud-est du lac à la Tortue, et ainsi à une distance de 2} milles dans une direction sud-est de la plus grande superficie. Il y a une troisième petite superficie, n'ayant que quelques centaines de pieds de diamètre, sur la rive sud du bras de Taku, en face de l'embouchure de la rivière Tutshi. A cause de la présence des dépots superficiels on ne connait qu'approximativement les dimensions des deux plus petites superficies.
CAnACTÈRES LITHOLOGIQUES.
Les membres du groupe de Taku dans la ceinture du bras de Taku sont surtout des cherts et des ardoises. Les cherts sont de couleur gris clair, gris sombre où noirs, mais en certains endroits ils sont rougeâtres sur les surfaces exposées aux agents atmosphériques, à cause de l'oxydation de petites quantités de minerai de fer qu'ils contiennent. Ces roches sont massives, dures et cassantes, elles se brisent en fragments aigus et irréguliers L'origine des cherts ne peut pas être déterminée d’une manière certaine à partir de leurs caract res lithologiques, mais comme
ils se présentent plus ou moins associés aux ardoises du groupe du bras de Taku, on pense qu'ils sont, pour la plus grande partie du moins, des sédiments siliceux fortement métamerphisés. La branche des Mines du Département des Mines a aralysé un échantillon typique de chert et en voici le résultat:
TS PR RER A EE Ce 96:82 PTE NT RE AO EU PR DÉS CEE ITU ne 1:10 FesOs PPT EE OT OR OC CII OI 0:55 RO RS er ne NET Le None 0-37 D RE A Er tt CRE ETS traces MN re mn nr na ete Da de ie ON eo traces DT ERP NA PS Ne ES traces NA ee re te eo ES ES CN a 0-30 RO Rene Ne RU AR Rp Re 0-26 1 SL 8 LE NE D 0 EN 9 PRET EE TP ACC traces HO (au-desaus de 110% C0) maine rec te 0-30 ETS Re PR D A Te CT 0-05 0 RS Er OT 0-01 CORRE RER PT le TS de LE Ne RO AN es an Une Matières organiques... 1... Petit percentage. Densité 2:64 Hotalinnrssevas came rome 99.76
Ceci indique aussi que ces cherts ont une origine purement sédimentaire.
Les ardoises associées possèdent généralement une structure schisteuse bien développée, elles se clivent facilement en plaques minces, elles sont de couleur sombre ou presque noire, et elles sont plissées, brisées et tordues.
AGE ET CORRÉLATION
Les roches du groupe de Taku sont recouvertes par les calcaires de Braeburn, d'âge carbonifère (?), et semblent correspondre aux membres de la formation de Cache Creek Inférieur du Dr. Dawson dans les parties plus au sud de la Colombie Anglaise; on les a donc considérées comme étant probablement d'âge Dévonien.
Ces roches existent aussi dans le district du bras Windy, Yukon, et là on les avait placées dans le groupe de Cache Creek
Inférieur. Mais comme cette corrélation fut faite entièrement d'après les descriptions du Dr. Dawson et comme l’auteur n'a pas vu les roches originelles de Cache Creek, il semble possible que les deux groupes ne correspondent pas tout à fait, et c'est Pour cette raison que dans la ceinture du bras de Taku, on a adopté la dénomination nouvelle du groupe de Taku.
Ce groupe correspond à la division Vill sur la carte de Gwillim et dans son rapport sur le district minier d’Atlin.
Calcaires de Braeburn DISTRIBUTION.
Les calcaires de Braeburn occupent toute l'extrémité nord-est de la ceinture du bras de Taku et sont très développés, de là vers le nord et l'est. [ls s'étendent ainsi vers le haut du bras de Taku jusqu’à l'embouchure de la rivière Tutshi, sur la rive ouest, et continuent vers le sud-est en comprenant la partie nord-est de la montagne Presqu'ile, et les collines immédiatement à l'est du pic Sunday.
CARACTÈRES LITHOLOGIQUES
Ces caicaires ont généralement une texture fine et varient en couleur depuis le gris bleu jusqu'au blanc. Ils varient aussi en structure depuis subcristalline à cristalline, mais on les trouve surtout à l'état de marbre, et plusieurs échantilions sont beaux et curieux avec leurs marques et leurs taches grises et noires. Certains lits contiennent beaucoup de silice et ont une surface rugueuse quand celle-ci est exposée aux agents atmosphériques, et quelques bancs vers le bas de la formation sont largement com..és de chert. Ces calcaires ont plus de 3,000 pieds d'épaisseur, et sont généralement formés de bancs épais considérablement métamorphisés, de telle sorte que les lignes de stratification sont rarement visibles.
AGE ET CORRÉLATION
Le nom de “Calcaires de Braeburn” fut employé pour la première fois dans la région de Braeburn-Kynocks d'où on a
suivi ces roches jusque dans la zone du bras de Taku. Ces calcaires sont aussi les mêmes que ceux compris dans ia formation de Cache Creek supérieure de la division minière Conrad. Cependant ce nom a été donné croyant que ces lits correspondaïent aux roches de Cache Creek supérieur du Dr. Dawson dans la Colombie Anglaise, mais comme la corrélation fut faite entièrement d'après les descriptions des lits, il semble possible que les roches dans ces districts largement séparés n'appartiennent pas au même horizon, et c'est pour cette raison qu'on leur a donné le nouveau nom.
Cependant le Dr. Dawson a collectionné des Fusulines dans les calcaires qui affleurent le long de la rive est du bras Windy, montrant par là que ces lits sont au moins d'âge carbonifère, par conséquent, on pense que toute la formation appartient probablement à cet âge, quoiqu'on n'ait pas trouvé d’autres restes de fossiles d’un caractère défini dans cetteformation.
Groupe Perkins DISTRIBUTION.
On n’a trouvé que cinq petits affleurements des membres du groupe Perkins dans la ceinture du bras de Taku, et ceux-ci sont tous situés au nord du tributaire Graham et à l’est du bras de Taku. Le plus grand affleurement se trouve sur les collines immédiatement à l'ouest de la montagne de la Table, et a une longueur d'environ deux milles, mesurée dans une direction nord, et une largeur de trois quarts de mille. Il y a un petit affleurement d'environ 500 pieds de diamètre, sur la rive nord du tributaire Graham, à environ 6 milles à l’ouest de Taku Landing. Il y a un troisième petit affleurement, d'environ 300 pieds de diamètre, sur le coin sud-ouest de la montagne Sunday. Un quatrième affleurement, d'environ 1} mille de long dans une direction nord-ouest par un demi-mille de large, se trouve au sud de la montagne Presqu'ile; et de plus une partie considérable de l'extrémité sud de la montagne Presqu'ile elle-même est formée de ces roches.
CARACTÈRES LITHOLOGIQUES
Les membres du groupe Perkins consistent surtout en andésites, tuffs andésitiques, diabase, diorite et giobertite.
Andésites et Tuffs Andésitiques —Les termes andésitiques n'ont été identifiés que sur la montagne Presqu'ile, et ils y sont abondamment teintés de rouille et considérablement décomposés à la surface. Quand ils ne sont pas décomposés par les agents
atmosphériques ni teintés de rouille, ils ont une texture ferme et fine, et une couleur verdâtre ou brun rougeâtre. En certains
pied ou plus de diamètre. Ces roches andésitiques sont généralement aphanitiques quoiqu'on y trouve quelques phénocristaux discernables à l'oeil nu.
Au microscope on voit que ces roches sont porphyritiques et qu'elles contiennent des Phénocristaux de plagioclase, de hornblende, de diopside et de biotite englobés dans une pâte hypocristalline ou holocristalline. Le feldspath de Ja première génération est surtout du labrador, mais va de l'andésine à la bytownite, et il montre des mâcles, suivant les lois de l'albite, du péricline et de Carlsbad. Les structures zonées sont aussi fréquentes et représentent des variations dans la teneur en chaux. Les Phénocristaux sont généralement abondants et bien formés, et leurs dimensions varient depuis des cristaux entièrement invisibles à l'oeil nu jusqu’à des cristaux de 1/32 de pouce de longueur. La hornblende commune verte est l'élément coloré le plus abondant, et elle est généralement pré-
sente. La biotite se présente quelquefois associée à la hornblende, mais en certains endroits c'est le seul minéral ferromagnésien dans la roche; le diopside est rare. L’apatite et la magnétite sont communes comme minéraux accessoires.
La pâte à souvent un aspect pilotaxitique, et consiste d’ne toile d'araignée feutrée d'aiguilles de cristaux de plagioclase, de
hornblende ou de diopside, et de grains de minerai de fer. Il y a souvent un mélange de verre brun avec ces matériaux et la pâte prend une structure hyalopilitique.
Les éléments des roches sont généralement considérablement altérés, de telle sorte que les roches sont formées jusqu'à ua certain degré de chlorite, d'épidote, de calcite, de serpentine de quartz et de minerai de fer qui est abondamment disséminé dans la pâte. Ces produits d'altération servent en certaines circonstances à distinguer ces roches des roches volcaniques de Chieftain Hill.
Diabase—On n'a trouvé la diabase qu'en un seul petit affleurement d'environ 3U0 pieds de diamètre, sur la montagne Sunday: c'est une roche massive et ferme, de couleur verdâtre ou vert grisâtre, de texture fine, qui à l'oeil nu semble holocristalline et se composer surtout de plagioclase et d’un minéral sombre ferromagnésien.
Sous le microscope on voit que la roche est composée surtout d'un plagioclase basique, d'uralite, de chlorite, de zoisite, d'apatire, d'ilménite et de produits d’altération comme le leucoxène et la magnétite. La plus grande partie de la roche consiste en plagioclase et uralite, avec aussi beaucoup de chlorite. La roche possède une structure ophitique très nette et c'rst de là qu'elle tire son nom.
Diorite—On n'a trouvé la diorite dans la ceinture du bras de Taku qu’en un seul endroit situé juste à l’ouest de la montagne de la Table. A l'oeil nu, c’est une roche holocristalline, granulaire, de couleur grisâtre ou vert grisâtre, homogène, dc texture fine, dans laquelle on peut facilement distinguer le feldspath et la hornblende.
Au microscope, on voit que cette roche crnsiste surtout de plagioclase, de hornblende, d'augite, de chlorite et de minerai de fer accessoire. La plus grande partie de la roche est formée de plagioclase en prismes allotriomorphes. La hornblende se présente en longues et nombreuses bandes brunâtres mal terminées, et aussi en grains idiomorphes et hypidiomorphes de forme rectangulaire. On rencontre quelques cristaux d’augite, mais ils sont généralement très altérés, surtout en épidote. L'amphibole se transforme souvent en chlorite.
Roches magnésiennes —On rencontre la giobertite et les roches riches en magnésie en deux localités: sur la rive nord du tributaire Graham 34 milles à l'ouest de Taku Landing, et immédiatement au sud de l'extrémité su de la montagne Presqu'île. {es roches prennent une surface rude par décomposition due aux agents atmosphériques, et elles sont très largement teintées de rouille. Dans les cassures fraîches cependant, elles ont une couleur grisâtre ou sombre verdâtre, une texture fine, et généralement une structure schisteuse. Une partie considérable de cette roche et en certains endroits des bandes de p'usieurs pouces de large sont formére presqu'entièrement de giobertite pure.
Sous le microscope ces roches magnésiennes sont formées surtout de plagioclase et de giobertite. Tous les feldspaths ont une extinction roulante et montrent une structure consertale, les particules étant entremêlées ensemble. La giobertite a une tendance nette à être cristalline et possède un arrangement prédominant surtout consertal. Les roches contiennent aussi une certaine quantité de calcite, de dolomie, d'épidote et de minerai de fer; elles ont été écrasées et ont pris une structure schisteuse. Elles semblent toutes être des roches intrusives ignées très altérées et à haute teneur en magniésie.
AGE ET CORRÉLATION
Pour ce qui regarde l'âge des membres du groupe Perkins, tout ce qu'on a déterminé d'une manière définitive, dans la zone du bras de Taku, c’est qu'ils sont plus récents que le groupe du Mont Stevens qui est considéré comme pré-dévonien et qu'ils sont plus anciens que les sédiments jura-crétacés et les roches intrusives de la chaîne Côtière. La formation Laberge contient plusieurs cailloux des roches de Perkins, et en plusieurs endroits on a remarqué que les roches granitiques de la chaîne Côtière les recoupaient. Les roches correspondent à celles du groupe Perkins dans le d‘strict de Wheaton, Yukon, où ce nom a été employé pour la première fois. Les membres andésitiques sont aussi probablement du même âge que les roches du district de Whitehorse décrites par McConnell comme des ‘’Porphyrites,” et qui sont plus récentes que les calcaires carbonifères.
Les roches de Perkins correspondent aussi étroitement à la ‘formation aurifère”’ décrite par Gwillim dans son rapport sur le district minier d'Atlin; la formation aurifère, cependant semble comprendre sous le terme ‘roches vertes,’ des roches andésitiques qui sont plus récentes que les roches de Perkins et sont compris dans ce mémoire sous le titre de ‘roches volcaniques de Chieftain Hill.”
Dans son rapport sur “Des parties des districts miniers de Conrad et de Whitehorse,”” l'auteur comprend des roches correspondant aux membres du groupe Perkins dans la formation inférieure de Cache Creek qui est considérée comme étant d'âge Dévonien; mais depuis le travail de Mr. McConnell dans la ceinture de cuivre de Whitehorse, il semble qu’au moins les membres andésitiques et peut-être d'autres membres du groupe Perkins sont post-car onifères, pré-Jurassiques, de telle sorte qu'ils ont tous été placés provisoirement dans le Paléozoique supérieur. Il est possible, cependant, que quelques membres, la diabase ou la giobertite par exmple, soient au moins dévoniens.
Roches intrusives de la chaîne Côtière DISTRIBUTION.
Tout le coin extrême sud-ouest de la ceinture du bras de Taku est formé des roches intrusives de ia L'aîne Côtitre, qui forment aussi un affleurement considérable au sommet de la montagne Lanning et la haute chaîne au sud du lac Racine. En outre de ces grandes surfaces, il y en a plusieurs petites de quelques certaines ou quelques milliers de pieds de diamètre dans différentes localités à travers le district. Ces roches forment aussi la chaîne de montagnes de la côte à l’ouest du district, et elles forment probablement la terrane géologique individuelle la plus étendue dans le nord-ouest de la Colombie Anglaise et dans le sud-ouest du Yukon.
CARACTÈRES LITHOLOGIQUES
Les roches intrusives de la chaîne Côtière ont pour la plupart une apparence fraîche, une couleur généralement grise, et un aspect général de granite typique à texture moyenne ou grossière. L'orthose est assez largement développé en certains endroits pour
donner à la roche une c uleur rose, mais ceci est exceptionnel. En certains endroits ces roches intrusives prennent une structure porphyritique et contiennent de nombreux gros phénacristaux de feldspath qui ont de 13 à 2 pouces de longeur. Il y a généralement de la hornblende, de la biotite et de l'augite, qui sont dans la plupart des cas nettement visibles à l'oeil nu.
Quand on les examine sous le microscope, on voit que la plupart des sections contiennent surtout des feldspaths alcalins, un feldspath calcosodique acide, du quatrz, de la hornblende, de la biotite et de l'augite. L'orthose existe généralement avec le microcline et ensemble forment environ une quaïtité égale à celle du feldspath plagioclase acide. Les feldspaths ont souvent des structures zonées, montrant ainsi que la composition chimique de ces individus varie du centre vers le bord.
La hornblende, la bitoite et l'augite existent à peu près en quantités égales dans les sections typiques, quoique quelquefois un ou même deux de ces minéraux peuvent manquer. La hornblende et l'augite sont parfois intimement associés, et la biotite se présente généralement en larges bandes individuelles: tous ces minéraux sont surtout allotriomorphes. De plus, le zircon, l'apatite et la magnétite sont des minéraux accessoires fréquents. Ces roches ont, soit une structure granitique typique, ou contiennent de gros phénocristaux de feldspath qui nagent dans une pâte granitique, et elles ont ainsi une structure porphyritique holocristailine.
Ces roches intrusives ont don: une composition minéralogique moyenne entre un granite et une diorite quartzifère, et on les a appelées des granodiorites. En certains endroits de la Chaîne Côtière, on a trouvé des granites par suite d’une augmentation en orthose et diminution correspondante en plagioclase et augite; de même en d'autres endroits, le plagioclase et l'augite augmentent pendant que l'orthose diminue et on a alors des diorites. Ces deux termes extrêmes n'ont cependant pas été rencontrés dans la ceinture du bras de Taku. Quelquefois, avec leur structure porphyritique, ces roches pourraient tout aussi bien être appelées des granodiorites; mais comme ces roches ont partout une texture grossière et toujours un aspect granitique typique, le terme granodiorite porphyritique semble préférable
dans tous les cas. De même on peut avoir des granites ou des diorites porphyritiques.
La division des Mines du Ministère des Mines a analysé un échantillon typique de ces roches intrusives et voici le résultat obtenu:
SO RE BE NU 69:08 AO er nn den ne dat ne More a 13:93 FO Er PE TRS ee LT RAR RUE 2-72 FOOD M ee ne dre Dot Danse da au LE 1:62 MOD RE NE RL de NRC ET 0:80 CAO TE TN A eee les 3:38 D EE OR A ES MS Re EU 3-55 RO Ve DR D 3:99 H:9' (8110 CC)... Re eh 6 0-03 H:0 (au-dessus de 110°C).... RTE ART RS 1-05 1 LE SN OEM Se Re CT Ce 0-23 PO: RAT D TS en 0-07 GORE SR ST CS MAO nr ne le CIDRE ne PE Re traces
Totahee D EE AS 100:-45
Densité = 2.69.
Cette analyse montre que cet échantillon en particulier pourrait être appelé soit un granite calcique ou une granodiorite, mais sous le microscope semble, comme il a été dit plus haut, être nettement une granodiorite.
Le terme monzonite a été adopté par la Commission géologique des Etats-Unis, et est employé par plusieurs géologues tant au Canada qu'aux Etats-Unis, pour désigner des roches dont la composition est moyenne entre les granites ou syénites et les diorites; d'après cette nomenclature ces roches sont surtout des monzonites quartzifères et des monzonites quartzifères porphyritiques.
Brogger a employé le nom Adamellite pour désigner une monzonite quatezifère acide,
En certains endroits, comme au coin nord-est du Mont Clive, il y a des dykes qui recoupent les granodiorites et les assises avoisinantes de Laberge, et qui sont des produits d'une différentiation basique des granodiorites. En examinant sous le
microscone 4: 6! antillon moyen Provenant d'un de ces dykes On à VU Gu'il était une % rsantite à hornblende et une roche de dyke h idismo, Phique cypique formée Surtout de plagioclase, de biotie et born'lende. Le plagioclase se présente en longues ! +4 :'onçées allotriomorphes ou hypidiomorphes de dimensions régulières. La biotite et la hornblende se présentent en particules allotriomorphes disséminées entre les feldspaths qui forment comme une toile d'araignée qui les contient. Les roches intrusives de Klusha constituent probablement les derniers produits de différentiation.
AGE ET CORRÉLATION
Les roches Intrusives qui forment le batholithe de Ja chaîne Côtière ont été étudiées par des géologues dans la Colombie Anglaise, l'Alaska et le Yukon, et ils semblent tous être d'opinion générale quel'intrusion eut lieuauxenvirons de l'époque jurassique Dans la zone du bras de Taku, cependant, quoiqu'on ait trouvé de gros cailloux et blocs erratiques de ces roches intrusives dans les lits inférieurs de la formation Laberge, qui est d'âge jura-crétacé, Partout où on à découvert des contacts entre ces roches sédimentaires et intrusives, les roches granitiques coupent distinctement même les lits supérieurs de la formation Laberge, Montrant ainsi que les roches de la chaîne Côtière, malgré leur similitude lithologique ont fait éruption à des époques différentes, séparées par des intervalles de temps considérables. La plus grande partie, au moins, de ces roches dans la zone du bras de Taku sont plus récentes que les assises de Laberge, qui toutes Paraissent être d'âge Jurassique ou peut-être d'âge Crétacé inférieur.
Formation Laberge
DISTRIBUTION
La formation Laberge forme la terrane géologique la plus étendue dans la ceinture du bras de Taku, et ses membres affleurent d'une manière générale partout dans les parties centrales sud-ouest et nord-ouest du district. Ces roches forment le
groupe de collines à l’est du bras de Taku et au sud du tributaire Graham, la plus grande partie de la région au nord du lac Fautail et au sud du lac Tutshi, sur la rive ouest du brar de Taku, la montagne Sunday et la partie occidentale des m. :.agnes Taku.
CARACTÈRES LITHOLOGI QUES.
La formation Laberge est formée de schistes argileux, de grès, de conglomérats, de greywackes, de tuffs, d'ardoises et de quartzites, qui ont une épaisseur totale d'au moins 5,000 pds. Peut-être le membre le plus important est-il formé de roches massives, grises ou vertes, à texture fine ou moyenne, d'aspect homogène, qui en certains endroits montrent des plans très nets de stratification, sauf quand elles sont vues à distance, et que l'on peu tditncilement les distinguer de certaines roches volcaniques de Chieftain Hill avec lesquelles elles semblent être intimement associées. Ces lits constituent la plus grande partie des couches supérieures de la formation Laberge, et on les trouve aussi un peu plus bas dans la formation mais ils y sont moins fréquents. Ils paraissent être surtout pyroclastiques mais ils passent insensiblement à des sédiments déposés dans l’eau. Associés à ces roches vertes, en certains endroits, surtout dans le tiers inférieur de la formation, il y a de nombreux lits de schistes argileux gris sombres ou presque noirs, généralement friables, accompagnés de nombreuses bandes de grès bruns, à texture fine, n'ayant que quelques pouces d'épaisseur.
La partie médiane de la formation est caractérisée par des schistes argileux, qui en certains endroits sont fortement teintés de rouille sur les surfaces exposées aux agents atmosphériques, et qui peuvent être facilement distingués à grande distance. Quand ils sont émiettés, cependant, ils ont une couleur qui varie du gris clair au vert sombre presque noir, et ils sont durs et cassants et se brisent généralement en fragments aigus et anguleux. On les trouve de préférence en lits d'un quart à un pouce d'épaisseur, et sont associés dans une certaine mesure aux greywackesetaux grès, mais les schistes argileux prédominent.
En dessous de l'horizon des schistes argileux rougeâtres les lits sont formés suriout de greywackes vertes et d'intercala-
tions de schistes argileux de couleur grise ou Presque noire, généralement tendres et quelque peu friables. A Ja base de Ja formation il y a des lits Caractéristiques de conglomérat grossier, dont les galets et les blocs sont surtout de granodiorite, de calcaire, et de roches ignées vertes apparemment emMmpruntées au groupe Perkins. On rencontre souvent des blocs de 6 à 8 pcs de diamètre et on en a même trouvés qui avaient jusqu'a 214 pds.
Au voisinage des roches intrusives, particulisrement des roches intrusives de la chaîne Côtière, les lits de Laberge sont nettement cristallins et er certains endroits durs et Quartzitiques sur une largeur de plus de 50 pieds de chaque côté des roches &granitiques. Parfois aussi la pression a transformé les schistes argileux en réelles ardoises.
Sous le microscope on voit que les roches vertes à texture moyenne sont formées essentiellement de fragments anguleux de plagioclase, de hornblende, de biotite, d'augite, de quartz et de roches volcaniques, et qu'elles contiennent aussi des Particules de minerai de fer. Dans quelques échantillons il Y a eu désagrégation Presque complète de la roche originelle en ses élérrants minéraux constituants, mais ailleurs cette désagréga: moins avancée, Par enrichissement en matériaux vol, ces roches passent insensiblement à des tuffs, dans lesqu .- ,s fragments, largement formés de roches volcaniques, et aussi de quantités variables de feldspath, de quartz de hornblende, €tc., sont noyés dans une pâte volcanique. Quand les roches consistent <rtout en matériaux sédimentaires elles sont classées comme Breywackes, mais quand la matière vol- Canique prédomine on les considère comme des tufs. Parfois ces roches sont largement altérées Surtout en calcite, kaolin et chlorite.