‹ Pascal et les pascalins: d'après des documents contemporainsChapitre 4 sur 83 · SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

SAINT AUGUSTIN

lectiomieur inconnu qui conversait avec tant de jansénistes de marque, recevait aussi chez lui leurs adversaires.

M. Paschal n aîmoit poini les rëflections que saint Augustin fait sur les nombres, ni ses pointes, ni ses jeux de paroles. Il a peu avoir quelques fausses beautez qui trouvent des admirateurs, niais, au reste, cest le Père qui raisonne le plus juste et qui a plus d'élévation et d'authorité, (Rapjs.}

Voici, plus loin, quelques révélations sur le plaisir que prenait Pascal à lire Montaigne, et, ce qui surprend davantage, Scarron, mais le fragment ne porte aucune signature ; il a pour titre : M, PASCAL, MONTAGNE,

M. Paschal cstimoit Montagne pour son stile et son sens. Il disoit qu'il lui avoit appris à escrire et le blasmoit de \:e qu'il parloit tous jours de sov et de ses senti mens libertins i\. Tart de pensen.

Cette indication de source nous renvoie, quoique vaguement, à la Logique de Port-Royal, mais elle n'équivaut pas à une signature précise, et ce qui suit n'en est en tous cas nullement tiré,

AL Paschal aimoit la vérité et la charité; il ne cherchoit que cela, et estimoïc que cestoit 1 occupation d'un homme. 11 aîmoit les livres plaisants, comme Scarron, son Romant ; mais il les quitta ensuite et se donna tout à Dieu.

iM. xNicole dit qu*il y a mille belles choses dans Montagne, mais qu'il le faut lire avec discernement [L 98).

Sainte-Beuve, dans son Port-Royal^ , s'indigne contre Rapin qui « a bien mal connu Pascal w, et ne veut point qu'il ait eu besoiti d'être converti par Saint-Cyran. Se plaire au Roman

J PoYt-Royal, t. IL p- 500, note 2.

comique n'est pas une grande preuve de » dissipation u, mais cela dérange cependant la conception que Thistorien de Port-Royal a prise dans ses auteurs a des années mondaines « de son héros. Ce n'est point pourtant un adversaire que cet anonyme qui nous signale ce trait précis.

Un entretien de Varillas, l' « historien ?) déjà nommé plus haut, dont le nom est écrit Varillac et qui figure souvent dans ce recueil, nous dit ce que tous savent sur les Petites lettres :

Filles oat esté escrittes, en 1656 et Sy, par M, Paschal sous le nom de Louis Montalte, sur le sujet des assemblées de Sorbonne et la morale relaschée des Jésuites. M. Paschal estoit de ClermonL en Auvergne ; il escrivil les trois premières lettrées a M. Pcrier, son beau-frère, de la ville de Clermont, ce qui a donner lieu au nom de lettres provinciales. Le siile des provinciales est coupé; mais il y a dcuK lettres où il ne Test pas : il y a des sujets qui demandent le stile coupé^ d'autres^ le suie plus estendu. iVakillacj

Cette conversation nous apprend du moins que vers 1670, date probable de ces entretiens, on s*occupait encore de la façon dont avait été composées les Provinciales et que ces notions n'étaient point trop rebattues pour n'être pas le sujet d'tme causerie entre hoimêtes gens.

Ce n'est pas s'éloigner sensiblement de Pascal ni de son groupe que recueiUir au passage les détails curieux et peu connus fournis par notre collection d'entretiens, sur le livre des Maximes de La Rochefoucault et sur l'une de ses sources, à ce qu'il semble, assez négligée. D'ailletirs, ce sont les contemporains de Pascal, déjà rencontrés, qui portent leur jugement ou font leurs confidences sur cette œuvre, alors à la mode, des Maximes.

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