‹ Pascal et les pascalins: d'après des documents contemporainsChapitre 61 sur 83 · AUTEURS DE QUELQUES LIVRES DU PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

AUTEURS DE QUELQUES LIVRES DU PORT-ROYAL

La première traduction faitte par M. de Sacy a bien des deffauts V II y en a bien dans les ouvrages de ces Messieurs. Ils ont fait peu de livres achevés.

M. de Sacy dans son interrogatoire avoue qu'il est Tauteur de la traduction des Homélies de saint Jean Chrysostome. M. Lombert, le fils, y trouve des fautes presque à chaque période contre le françois.

M. de Sainte-Marthe a traduit plus heureusement quelques passages de ce mesme Père ^.

La quatrième partie de V Apologie de M. Arnaud est un peu trop embarrassée.

M. Nicole dans ses Visionnaires se perd dans sa métaphysique et on ne sçait où il est va. (M. de Marais '\)

Le nouveau Testament a esté fait par M. de Sacy, Nicole, de Sainte-Marthe, mais il y a bien des fautes contre le sens et encore plus contre la langue. Il y a trop de Thumain dans la parole de Dieu. Ils ont retranché les et. Cette particule, si souvent répétée marque le discours simple de Tescriture.

M. Fedeau a mieux reussy dans la traduction de la Concordance qu'a M. dé Brienne et il a exprimé ces et (et) la naïveté de l'Ecriture.

M. de Sacy a travaillé à la Concordance de l'Ecriture, mais, il y a de l'humain dans cet ordre, et il vaut autant et mesme mieux lire les quatre evangélistes de suitte.

Ces Messieurs ont travaillé avec bien du zèle et de la force,

1 Un jugement de Dirois prononce aussi dans le même sens et rappelle les réflexions de Lumbert sur la simpHcité et la naïveté requises dans ces traductions de T Ecriture. Le voici : « M. de Sacy . M. Dirois dit qu'il est trop enflé pour l'Ecriture qu'il faut conserver en sa simplicité, qu'on ne la connoit point dans leur traduction, qu'il a certain tour d'éloquence » (fol. 381).

2 II ne semble pets qu'il soit question de Claude de Sainte-Marthe, confesseur à Port-Royal ; cf. Port-Royal, IV, 342 et suiv.

3 Desroarets de Saint-Sorlin, ici juge en sa cause. Voir Port-Royal^ IV, 433. Cf. plus haut, p. 47, n. 2, et plus bas, p. 68.

mais ils ont noyc la vérité à force de la dire. Ils se choquent quatid on trouve à redire à leurs livres V

M. de Sainte-Marthe est un bon critique.

M, Lambert avoue avoir fait la traduction du Ca^ttique des Cantiques de saint Bernard. M. de Sain te -Marthe en a corrigé plusieurs endroits qu'on mettra dans la nouvelle impression* Il estime pour rien cette traduction qui est pourtant fort naturelle,

DABLANCÛURT

Ces Messieurs ont tort de restimer si peu. Il parle juieux qu*eux. (fol. 197).

CAREGRET

ancien maistie des requestes, sur quelques soupçons de sa femnie, extravaguoit. II disoit qu'un homme de sa capacité devoit avoir part dans le ministère. M. le Chancelier Ta fait mettre dans Saint* Lazare et [il ] se remet. Quand la raison ne le retient plus, nostre orgueil paroist.

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