‹ Pascal et les pascalinsChapitre 51 sur 75 · AUTEURS DE QUELQUES LIVRES DU PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

AUTEURS DE QUELQUES LIVRES DU PORT-ROYAL

La première traduction faitte par M. de Sacy a bien des deffauts \ Il y en a bien dans les ouvrages de ces Messieurs. Ils ont l'ait peu de livres achevés.

M. de Sacy dans son interrogatoire avoue qu'il est l'auteur de la traduction des Homélies de saint Jean Chrysostome. M. Lombert, le fils, y trouve des fautes presque à chaque période contre le françois.

M. de Sainte-Marthe a traduit plus heureusement quelques passages de ce mesme Père 2.

La quatrième partie de l'Apologie de M. Arnaud est un peu trop embarrassée.

M. Nicole dans ses Visionnaires se perd dans sa métaphysique et on ne sçait où il est va. (M. de Marais 3.)

Le nouveau Testament a esté fait par M. de Sacy, Nicole, de Sainte-Marthe, mais il y a bien des fautes contre le sens et encore plus contre la langue. Il y a trop de l'humain dans la parole de Dieu. Ils ont retranché les et. Cette particule, si souvent répétée marque le discours simple de l'escriture.

M. Fedeau a mieux reussy dans la traduction de la Concordance qu'a M. de Brienne et il a exprimé ces et (et) la naïveté de l'Ecriture.

M. de Sacy a travaillé à la Concordance de l'Ecriture, mais, il y a de l'humain dans cet ordre, et il vaut autant et mesme mieux lire les quatre evangélistes de suitte.

Ces Messieurs ont travaillé avec bien du zèle et de la force,'

1 Un jugement de Dirois prononce aussi dans le même sens et rappelle les réflexions de Lumbert sur la simplicité et la naïveté requises dans ces traductions de l'Ecriture. Le voici : « M. de Sacy. M. Dirois dit qu'il est trop enflé pour l'Ecriture qu'il faut conserver en sa simplicité, qu'on ne la connoit point dans leur traduction, qu'il a certain tour d'éloquence » (fol. 381).

2 II ne semble pas qu'il soit question de Claude de Sainte-Marthe, confesseur à Port-Royal ; cf. Port-Royal, IV, 342 et suiv.

3 Desmarets de Saint-Sorlin, ici juge en sa cause. Voir Port-Royal , IV, 433. Cf. plus haut, p. 47, n. 2, et plus bas, p. 68.

mais ils ont noyé la vérité à force de la dire. Ils se choquent quand on trouve à redire à leurs livres 1.

M. de Sainte-Marthe est un bon critique.

M. Lambert avoue avoir l'ait la traduction du Cantiqm ( 'antiques de saint Bernard. M. de Sainte-Marthe en a corrigé plusieurs endroits qu'on mettra dans la nouvelle impression. Il estime pour rien cette traduction qui est pourtant fort naturelle.

DABLANCOURT

Ces Messieurs onl tort de l'estimer si peu. Il parle mieux qu'eux, (loi. 197).

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