Faugère, Pensées, etc., t. I, p
3. Essais, liv. I, chap. xix ; Que philosopher, c*est apprendre à mourir.
les plus précises ou même des oppositions les plus flagrantes, est trop souvent confondu sous Tunique et même appellation de scepticisme. Pour le faire court, qu'est-ce cependant, en définitive, qu'un sceptique? S'il est permis d'employer une locution familière mais expressive, un sceptique est un homme qui, non seulement n'affirme rien, mais qui, au fond, « ne croit ni Dieu ni diable ». A ce compte, Montaigne, l'homme du que sais-je? est-il un sceptique? Nullement, car il se couvre, comme plus tard le fera Huet, de la révélation. « C'est ainsi, dit Pascal parlant de Montaigne, qu'il gourmande si fortement et si cruellement la raison dénuée de la foi, que, lui faisant douter si elle est raisonnable, et si les animaux le sont ou non ou plus ou moins que l'homme, il la fait descendre de Texcellence qu'elle s'est attribuée, et la met par grâce en parallèle avec les bêtes, sans lui permettre de sortir de cet ordre jusqu'à ce qu'elle soit instruite par son créateur même de son rang qu'elle ignore ; la menaçant, si elle gronde, de la mettre au-dessous de toutes, ce qui lui paraît aussi facile que le contraire; et ne lui donnant pouvoir d'agir cependant que pour reconnaître sa faiblesse avec une humilité sincère, au lieu de s'élever par une sotte vanité *. »