CEuvfet compLf t. III, p. 149, Principes^ 2^ partie
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la prouver, que de la croire, par la seule raison qu'on ne peut montrer qu'elle n^est pas *? » Notre connaissance est-elle donc, en tout, la mesure de l'existence ou de la non-existence des corps? « Combien les lunettes, observait Pascal lui-même, nous ont-elles découvert d'astres qui n'étaient point pour nos philosophes d'auparavant'! » Combien, remarquerons-nous aussi, à notre tour, la physique, la chimie et la micrographie nous ont-elles découvert de corps qu'antérieurement la science n'avait aucunement soupçonnés! D'ailleurs, est-il possible de concevoir cet espace vide dont parle Pascal? Assurément, la physique du P. Noël laisse beaucoup à désirer, et c'est à bon droit que Pascal a pu se moquer de ce que son adversaire dit de la lumière, qu'il définit « un mouvement luminaire des rayons,
1. Bossu t, Œuvres de B. Pascal, t. IV, p. 83 et 163. « Mais, monsieur, écrivait Pascal à Le Pailleur, je vous laisse à juger, lorsqu'on ne voit rien et que les sens n'aperçoivent rien dans un lieu, lequel est mieux fondé, ou de celui qui afHrme qu'il y a quelque chose, quoiqu'il n'aperçoive rien, ou de celui qui pense qu'il n'y a rien, parce qu'il ne voit aucune chose ? »
2. Les Pensées de Biaise Pascal^ édit. Molluier, 1. 1, p. 197. Cf. Id., ibid,, p. 126. « Il y a des herbes sur la terre, nous les voyons, de la lune on ne les verrait pas. £t sur ces herbes des poils et dans ces poils de petits animaux, mais après cela, plus rien. présomptueux! Les insectes sont composés d'éléments, et les éléments, non. présomptueux! voici un trait délicat. Il ne faut pas dire qu'il y a ce qu'on ne voit pas, il faut donc dire comme les autres, mais ne pas penser comme eux. »
composés des corps lucides qui remplissent les corps transparents, et ne sont mus luminairement que par d'autres corps lucides *. » Toutefois, et dès le début, le P. Noël propose contre le vide une objection dont Pascal, malgré toutes les ressources de sa dialectique et toute la vigueur de son génie, ne parviendra point à se dégager. « J*ai lu vos Expériences touchant le vide, que j'estime fort belles et ingénieuses, écrivait le P. Noël à Pascal; mais je n'entends pas ce vide apparent qui paraît dans le tube, après la descente, soit de l'eau, soit du vifargent. Je dis que c'est un corps, puisqu'il a les actions d'un corps, qu'il transmet la lumière avec réfraction et réflexion, qu'il apporte du retardement au mouvement d'un autre corps, ainsi qu'on peut remarquer en la descente du vif-argent, quand le tube plein de ce vide par le haut est renversé ; c'est donc un corps qui prend la place du vif-argent. Il faut maintenant voir quel est ce corps *. » Et dans sa réplique, le P. Noël, en insistant, ajoutait : Quand je disais dans ma lettre que tout ce qui est espace est corps, je croyais dire une chose évidente
1. Bossiit, Œuvres de B. Pascal, t. IV, p. 75. Cf. Pensées, édit. Faugère, t. I, p. 129. a J'en sais, écrivait Pascal qui n'avait point oublié le P. Noël, j'en sais qui ont défîni la lumière en cette sorte : la lumière est un mouvement luminaire des corps lumineux, comme si on pouvait entendre les mots de luminaire et de lumineux sans celui de lumière. »