rf., ibid., p
3. Wurtz, La théorie atomique, in-8, Paris, 1879, 2« édit., p. 225. « L'éther n'est point le vide : c'est un milieu formé par une matière très raréfiée, élastique, agitée par des vibrations perpétuelles qui se transmettent de la matière atomique à l'éther et de l'éther à la matière atomique. Est-ce un milieu homogène, continu ? Est-il formé lui-même par des atomes de second ordre, sortes de monades, qui formeraient, par leur agrégation, la matière pondérable ellemême ? C'est une question que l'on peut poser, mais qu'il est impossible de résoudre. Poisson penchait vers l'hypothèse de la discontinuité de l'éther : il lui semblait difficile d'admettre que les vibrations lumineuses pussent se propager transversalement dans un milieu continu. Tel qu'il est, ce milieu insaisissable et impondérable a pourtant une densité, et d'après une hypothèse renouvelée de Lesage, celle des atomes transmondains, c'est l'effort de ce fluide qui ferait graviter les uns vers les autres les astres du monde visible. »
corps. Or, sait-on quelles sont les propriétés de cette matière r6|>andue dans des espaces réputés vides?
« D'après les autorités les plus compétentes, écrit M. Crookes, une boule de verre d'un diamètre de m. 135 renfermerait plus d'un septillion de molécules, ou particules matérielles. Un septillion! c'est r unité suivie de vingt-quatre zéros; et si vous divisez cette quantité par un million, le quotient représentera le nombre de molécules d'air contenues dans la boule dont il s'agit, après que Pair aura été raréfié à un millionième d'atmosphère. Ce quotient est un quintillion, c'est-à-dire l'unité suivie de dix-huit zéros....
« Pour donner une idée de ce nombre énorme, poursuit M. Crookes, je prends le ballon dans lequel j'ai fait le vide (à un millionième d'atmosphère), et je le perce avec l'étincelle de la bobine d'induction. Cette étincelle produit une ouverture tout à fait microscopique, mais qui est pourtant assez grande pour permettre aux molécules gazeuses de pénétrer dans le ballon et de détruire le vide... Supposons que la petitesse des molécules soit telle, qu'il en entre dans le ballon cent millions par seconde (supposition bien au-dessous de la réalité). Combien de temps croit-on qu'il faille dans ces conditions pour que ce petit récipient se remplisse d'air (à la tension ordinaire)? Sera-ce une heure, un
ET DESGÂRTES 135
jour, une année, un siècle? Il faudra presque une éternité, un temps si énorme que Timagination elle-même est impuissante à le bien concevoir. Si Ton suppose qu'on ait fait le vide dans un ballon de cette grosseur, rendu indestructible, et que ce ballon ait été percé lors de la création du système solaire; si Ton suppose que ce ballon existât à Tépoque où la terre était informe et sans habitants; si l'on suppose qu'il ait été témoin de tous les changements merveilleux qui se sont produits pendant toute la durée de tous les cycles des temps géologiques, qu'il ait vu apparaître le premier être vivant, et qu'il doive voir disparaître le dernier homme; si l'on suppose qu'il doive durer assez pour voir s'accomplir la prédiction des mathématiciens, d'après laquelle le soleil, source de toute énergie sur la terre, doit n'être plus qu'une cendre inerte quatre millions de siècles après sa formation, si l'on suppose tout cela, — avec la vitesse d'entrée que nous avons admise pour l'air, vitesse égale à cent millions de molécules par seconde, ce petit ballon aura à peine reçu un septillion de molécules. — Quand les nombres sont si considérables, ils cessent d'avoir un sens pour nous, et ces calculs sont aussi inutiles que s'il s'agissait de compter les gouttes d'eau contenues dans l'océan ^ »