Séance du 8 juillet
et des Descartes... Géomètre pins profond, philosophe plus sage, ses pensées ont plus de Téiité et de force que celle de Pascal, s II v avait là en même temps qa*un abus de flagornerie, une audace de critique, où llgnorance le dispute à llmpudence. Ce qui est plus graye, Tédition des Pensées^ publiée successivement en 1776 et 1778, avait été, comme Tobsenre M. Renouard dans son catalogue, a frauduleusement mutilée de moitié, pour le soutien d'un s^-stème, dont les éditeurs auraient bien touIu faire de Pascal un apAtre. » Une réparation était donc devenue nécessaire. Et déjà, Bossut (1779), par exemple, M. Renouard lui-même (1803), dans des éditions diversement estimables quoique toutes insuffisantes, l'avaient tentée. C'est à un philosophe éloquent, chez qui les flammes de Timaginatioa avaient pour aliment la plus solide comme la plus exquise érudition, c'est à M. Cousin que revient l'honneur d'avoir réalisé, ou, pour mieux dire, provoqué la restitution déGnitive du texte des Pensées. Je ne partage point, je Tavoue, relativement à l'auteur des Pensées toutes les opinions que professait M. Cousin ^ ; mais comment oublier que c'est à lui notamment qu'on doit de pouvoir se faire de Pascal une juste idée? C'est en effet à la suite de son Aap' port à l'Académie française sur la nécessité dune
1. Cf. M. Ck)usiD, Du Scepticisme de Pascal, Revue des Deux-Mondes, 15 décembre 1844 et 15 janvier 1845.
nouvelle édition des Pensées de Pascal^; c'est grâce à son excitation puissante on à son exemple, que des écrivains d'une sagacité exercée et d'un tact délicat, M. Faugère le premier, et, en mettant à proGt les travaux de M. Faugère, M.. Havet, M. Louandre, pour n'en pas nommer d'autres *, nous ont enfin donné les fragments originaux, authentiques, qui s'appellent les Pensées, et des annotations de plus en plus instructives des Pensées ®.