P. Faugère, Lettres, etc., de Mme Perier, etc., p
2. Voyez Bouillet, Dictionnaire héraldique de V Auvergne, Clermont-Ferrand, 1858, gr. in-8.
L'Académie m'excusera de m*ètre arrêté si longtemps à des infiniment petits. Toutefois , il me semble, si je ne m'abuse, que la personne de Pascal donne à ces détails quelque intérêt. Enfin, Tajouterai-je? A parcourir le travail de M. Bénard, je me suis involontairement rappelé cet autre passage des Pensées : « La vanité est si ancrée dans le cœur de rhomme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur, se vante et veut avoir ses admirateurs : et les philosophes même en veulent. Et ceux qui écrivent contre, veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit ; et ceux qui le lisent veulent avoir la gloire de l'avoir lu, et moi qui écris ceci, ai peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui le liront... La douceur de la gloire est si grande, qu*à quelque objet qu'on rattache, même à la mort, on raime *. » Oui, en se plaçant sous le voile de l'anagramme à côté d'Épic^ tète et de Montaigne dans la fréquentation desquels il avait tant vécu, et que, malgré tout, il prisait si fort, Pascalj ce Pascal que trop souvent, par préoc^ cupatioUj par ignorance ou par calcul, on a si étrangement défiguré, Pascal s'est montré tel qu'il était, non plus dans sa superbe et son ironie, mais dans sa candeur et sa simplicité, en un mot vraiment homme; car il s'est montré amoureux de la gloire. Assurément Pftscal ^ dans ses dernières
1. Les Pensées de Biaise Pa^kai, édlt. Molinier, t. I, p. 88 et suiv.
années, n'aarait point écrit, comme son imitateor Vauvenargues, « que les feux de Taorore ne sont pas si doax que les premiers regards de la gloire ». Les visées de Pascal ne «^arrêtaient plus alors anx horizons d'ici-bas. Mais si raateor des Pensées professait, pour reprendre ses propres expressions, <r que la plus grande bassesse de Thomme est la recherche de la gloire, » il jugeait aussi « que c^est cela même qui est la plus grande marque de son excellence, car quelque possession qu'il ait sur la terre, quelque santé et commodité essentielle qu'il ait, il n'est pas satisfait s'il n'est dans l'estime des hommes. Il estime si grande la raison de l*homme, que quelque avantage qu'il ait sur la terre, s'il n'est placé avantageusement aussi dans la raison de rhomme, il n'est pas content. C'est la plus belle place du monde, rien ne le peut détourner de ce désir, et c'est la qualité la plus ineffaçable du cœur de l'homme ^ »