‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 15 sur 102 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

mémoire l'éclat glorieux qui l'environne. Mais, lui aussi « c'est de la pensée qu'il se relève » et « c'est en la pensée que consiste sa dignité ». C'est son noble souci des choses de l'âme qui a produit l'ardeur de sa foi, et c'est à l'ardeur de sa foi que se sont allumées les flammes de cette éloquence souveraine, qui, toute brisée qu'elle nous apparaisse et dispersée en des fragments épars, le met hors de pair ou de pair avec les plus grands, faisant de lui, comme s'exprime Bayle, « l'un des plus sublimes esprits du monde, un prodige, et, pour ainsi parler, un individu paradoxe de l'espèce humaine '. » Ce serait, il est vrai, se mécompter que d'espérer de Pascal des nouveautés philosophiques; au fond, et, malgré d'injustes boutades contre Descartes, ses doctrines sont d'un Cartésien, et, par-dessus tout, il est Chrétien. Mais ce qui chez Pascal est nouveau et ce qui le rend inimitable, c'est l'élan vainqueur et c'est l'accent; c'est, plus que tout le reste, son inquiétude incessante et palpitante du vrai. Effectivement, écou-

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