‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 31 sur 102 · Baillet, La Vie de .1/. Uesrartes, 2* partie, p · texte numérisé non relu

Baillet, La Vie de .1/. Uesrartes, 2* partie, p

rares exemplaires bientôt peut-être presque entièrement perdus, aucun ne soit tombé ni sous les yeux des Port-Royalistes, ni sous ceux de Baillet, cela n'a rien qui puisse surprendre, et on s'explique, à CL' compte, quoique mal fondées, les récriminations de Port-Koyal et les allégations de Baillet. Mais ce qui passe toute créance, c'est que les amis immédiats des Pascal, un Roberval, un Le Pailleur n'aient pas connu le texte même du Traité des coniques. Et, à coup sûr, ils l'ont connu, puisque ce sont eux, qui, les premiers, en ont exalté les mérites. Or, s'ils l'ont connu, comment auraient-ils pu se plaindre que Deseartes rappelât ce que Pascal avouait lui-même dans le texte de son ouvrage, à savoir « qu'il devait beaucoup à M. Des Argues ». Surtout, ce qui serait plus étrange, c'est que Descartes, de son côté, eût cru devoir, à un moment quelconque, tenir pour non avenu l'aveu même que chez Pascal il avait signalé.

Rien en effet de plus explicite que cet aveu. Et il n'est pas nécessaire, pour le constater, de le rechercher péniblement et de le retrouver en citation dans quelque écrit du temps, ou d'une époque ultérieure *.

1. M. Bouillier, Histoire de la philosophie Cartésienne, 2 v. in-12, Paris, 1868, 3-= édit., t. I, p. o2 (en note), emprunte le texte qui justifie Descartes à une citation de M. Piobert (1862), qui l'emprunte lui-même à un disciple et ami de Des Argues-, A. Bosse, dans son Traité des prath/ues géométrales.

Ouvrez les Essais pour les coniques tels que Bossut les a donnés en 1779 dans son édition des Œuvres de Pascal. Vous y lirez en toutes lettres ces paroles précises : «. Nous démontrerons aussi la propriété suivante, dont le premier inventeur est M. Des Argues, Lyonnais, un des grands esprits de ce temps, et des plus versés aux mathématiques, et entre autres aux coniques, dont les écrits sur cette matière, quoique en petit nombre, en ont donné un ample témoignage à ceux qui en auront voulu recevoir Fintelligence. Je veux bien avouer que je dois le peu que j'ai trouvé sur cette matière à ses écrits, et que j'ai tâché d'imiter, autant qu'il m'a été possible, sa méthode sur le sujet qu'il a traité sans se servir du triangle par l'axe, en traitant généralement de toutes les sections de cône *. »

Voilà évidemment les paroles qu'avaient lues Descartes, et auxquelles il faisait allusion dans sa réponse à Mersennc, Elles sont, assurément, très explicites, et ne laissent place à aucune contestation ; l'aveu de Pascal y est complet. Ou ne comprendrait point par conséquent que Descartes fût revenu sur sa première appréciation. On ne s'expli(iue pas davantage comment les amis de Pascal crurent devoir repousser ce jugement, à l'égal d'une injure, presque d'une calomnie. Non plus (jue Des-

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