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que vous ne pensez pas tant à votre fortune qu'à vous rendre honnête homme, et parce que vous êtes né pour une qualité si noble et de si grand prix, vous y avez fait un merveilleux progrès. Vous savez parfaitement la Cour et le monde. Vous jugez de la bienséance en maître sur tout ce qui se présente, et comme les vrais et les meilleurs modèles vous en sont dus, on vous trouve de si bonne compagnie, qu'on est charmé de vous entendre et de vous observer ^ » L'honnête homme, tel est effectivement lidéal, ou plutôt telle est l'idole de Méré, et s'il s'estime lui-même digne d'amitié, c'est « qu'il a quelque disposition à se rendre honnête homme - ». Certainement, le sens qu'attache Méré à ce mot d'honnête homme n'est pas nouveau. Ainsi, c'est dans ce même sens que Rabelais, par exemple, l'emploie déjà, lorsque l'appliquant plaisamment à Frère Jean des Entommeures, il écrit : « Foy de Christian, dist Eudemon, j'entre en grande resverie, considérant l'honnesteté de ce moyne. Car il nous esbaudit icy tous ^. » — « Si ma santé me rid et la clarté d'un beau jour, écrivait de son côté Montaigne, me voylà honneste homme? * » Et encore : « Les hommes de la société et familiarité desquels je suis