‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 97 sur 102 · Séance du 8 juillet I8'l · texte numérisé non relu

Séance du 8 juillet I8'l

du duc de Roannez et du neveu même de Pascal, Etienne Perier, les ont éditées (Guillaume Desprez, Paris, 1670) \ après s'être appliqués en commun à les éclaircir, parfois même (qui le croirait?) à les embellir. « Ce qu'on y a fait, écrivait Brienne à Mme Perier, ne change en aucune façon le sens et les expressions de l'auteur, mais ne fait que les éclaircir et les embellir. » Port-Royal songea même, « en prenant dans tous ces fragments le dessein de M. Pascal, à suppléer en quelque sorte l'ouvrage qu'il avait voulu faire... Mais après s'y être arrêté assez longtemps et avoir commencé à y travailler, on rejeta celte voie parce que l'on considéra... que ce n'eût pas été donner l'ouvrage de M. Pascal, mais un ouvrage tout différent. » Quoi qu'il en soit, les amis de Pascal s'efforçaient du moins de faire

1. Celte édition était reproduite en 1678 augmentée de plusieurs pensées, en même temps que: l» d'un Discours sur les Pensées de M. Pascal, où l'on essaye de faire voir quel estait son dessein, avec un autre Discours sur les preuves des livres de Moyse (par Filleau de la Chaise sous le masque de M. Du Bois de la Cour); 2" d'un opuscule intitulé : Traité qu'il y a des démonstrations d'une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie, et qiûon en peut donner de telles pour la religion chrétienne. En 1728, le P. Desmolets de l'Oratoire, dans le tome V de sa continuation des Mémoires de littérature et d'histoire de Salleugre, publiait il" l'Entretien sur Épictète et Montaigne, qu'il empruntait, sans en indiquer la provenance et en le défigurant, aux Mémoires alors inédits de Fontaine; 2° des Œuvres posthumes, ou suite des Pensées de M. Pascal, extraites du manuscrit de M. l'abbé Perier. son neveu.

partager l'admiralion que leur inspirait ce sublime génie ^ Puis, est survenue, pour l'ouvrage de Pascal aussi bien que pour sa mémoire, une période de polémique et de réaction. Comme offusqué par cette renommée colossale, Voltaire cède à Tenvie « de combattre ce géant, de porter quelques coups à ce vainqueur de tant d'esprits, de déchirer (c'est également son langage) la peau de Pascal, sans faire saigner le Christianisme -. » De son côté, Gondorcet (Pascal-Condor, comme se plaisait à l'appeler Voltaire) charge le texte d'ailleurs très incomplet et inexact des Pensées, de notes d'une médiocrité rare et qui n'a d'égale que la prévention ou l'infidélité du commentateur [Édition des Pensées, précédée d'un Éloge de Pascal, 1776). — Enfin, en 1778. cette édition est reproduite, augmentée des remarques que Voltaire avait déjà publiées contre Pascal à la suite de ses Lettres philosophiques (1734). Voltaire y célébrait d'ailleurs Condorcet, comme étant « autant au-dessus du géomètre Pascal que la géométrie du xviii^ siècle était au-dessus de celle des Roberval, des Fermât

1. Pour s'expliquer les hésitations et la timidité de MM. de Port-Royal, il convient de tenir compte des difficultés qu'ils rencontrèrent. Leur travail était terminé vers la fin de 1668: les approbateurs le gardèrent six mois, et peu s'en fallut qu'au dernier moment les scrupules de Péréfixe, archevêque de Paris, ne fissent obstacle à la publication. Cf. l'abbé Maynard, Pascal, etc., t. 11, p. 14 et suiv.

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