En
7. Miranniont, titre du Parlement, escrit ({n'Aclani de Canihray fut premier président en 143(); Matthieu de Nanterre en litil, di^ sant fju'il fut par après translaté du parlement de Paris en celny de Toulouse ; lean Dauvet en 1465, disant qu'il fut par après pre« luier président à Tofilouse, dont il revint, puis après à Paris, où il fut receu second président; Jean de la Vacquerie, en 1481 ; et Guillaume de Carillonne receu quart-prcsidcnt eu 1503 ; Blanchard appelle cehiy-cy Christophle.
8. WiraunioiJt diJ qu'il fut fait procureur gênerai en 1461, et qu'il se nomniii (jardc de la prevosié de Paris, le siège vacant, lo 4 juin U65.
. 9. En 1410 «l en 1418. (Miraumont.) 10. Le premier eu 1510, les deux derniers en 15;i4. (M)
DU PARLbMËT^T DK PARIS. 67
ficzançon, THayllicr ^ et quatre autreti advocats faïueux du temps des roys Charles Yil et Louis XI. EX comme ce roy Louis XI , estant sur h fin de ses iours, en ses dernières et melancholiques pensées , voulant pourvoir au faict de la iustice , coustumes, poids et niegures de son royaume , voulut aussi pourvoir au règlement dea advocats, se plaignant de leurs cautellea et de T^xcei de kurs salaires, adiouataut neantmoins que M. lacques Mareschal, chanoine de Sainct-Thomas^u-Louvre <i| advocat , qui estdt le vray aucteur du Commentaire de la Pr<igm,atique Sanction^ quoy qu'il porte le nom dé M. Cosme Guymier , conseiller et président aux enquestei», ayant fait des salvations assez brèves, la cour lui en avoit taxé trente livres parisis , et que feu M. Charles du Moulin Tavoit ainsi entendu de ses anciens. '
Qu'il leur avoit en outre parlé d'un M. Pierre Ba* UiUe, advocat, employé par le roy Louis XI aux plus grandes affaires du royaume, lequel on tenoit estre le plus grand légiste de la France, decedé «i l'âge de qua^ rante-quatre ans. De plus , qu'il leur avoit fait récit de l'opposition formée à la révocation de la Pragmatique SancUon par le procureur gênerai de Sainct-Ronoain ',
1. M. Philippes THuitlier, advocat du roy en 1471. (Mirasmont.)
2. I/aulheur de l'Histoire de Louis XI , intitulée la Chronique scandaleuse, sous Tannée 1467, a fait un récit particulier de cette action remarquable du procureur gênerai de Sainct-Romain, qui mérite d'estre icy rapporté. Audit temps, au mois de septembre, dit-« il», le roy bailla ses letlies à un légat verni de Rome de par le pape, peur la rompture de la /'irt/m itique Sanction : lesifuelleê lettres fit* rfntleuës et pukUées au C a^iekt 4e Paru;, wnfiy avoir aucun contreditou opposition. Et Ir premier iour doctobre cnst{itMa^t moMtee
68 DIALOGUE DES ADVOGATS
contre la Tolonté du roy Louîs XI , et d'ane autre opposition formée à la publication du concordat, tant par maistre lean le Lièvre ^ et Guillaume R(^er ^, advocats et procureurs généraux , que par l'Université de Paris et par les églises du royaume, pour lesquels Al. lean Bouchard avoit plaidé si vertueusement ' éfu'ii en fut envoyé prisonnier ani Louvre , avec un si grand honneur que sa postérité ^en ressent encores auiourd*huy.
Qu'il les avoit encores entretenus d'un Chambellan ,
lean Baluë, fut à ia salle du PalaiS'Royal à Paris, la cour de park'^ ment vacant, pour illéc aussi faire publier Icsdites lettres, ou il trouva maistre lean de Sainct-Romain, procureur genural du roy nos» tresire, qui formellement s'opposa à t effet et exécution desdites lettres, dont ledit Baluë fut fort déplaisant. Et pour cette cause fit audit de Sainct-Romain plusieurs menasses , en lui disant que le raj TtLcn seroit point content, et quil le desappointeroit de son office : de quoy ledit Sainct-Romain ne tint pas qrand compte ; mais lui dit et retpondit que le roy luy avoit donné et baillé ladite office, laquelle il tiendroit et exerceroit et iusquau bon plaisir du roy. Et quand son plaisir seroit de la lui oster, que faire le pourroit; mais qn^il estoic du tout délibéré et bien résolu de tout perdre avant que de faire chose qui fust contre son ame ne dommage au royaume de France et à la chose publique ; et dit audit Baluë qu'il devoit avoir grand*honte de poursuivre ladite expédition. Et en après le t^cteur de CU" niversité de Paris et les supposts d'icelle allèrent pardevers ledit le/jat, qui de lui appelèrent et dêsdites lettres au saint concile, et par tout ailleurs oti u verroit estre à faire, et puis vindrent au Chtutelet, ou pareillement autant en dirent, et firent ulcc enregistrer leur opposition.
1. Miraumont dit qu'il fut receu en Toffice d'advocat du roy en 1510.
2. En la mesme année 1510, et fut garde de la prevosté de Paris, 1512 et 1526. (Miraumont.)
3. Pasquier, en ses Recherches, liv. iv, cbap. 27, dit quMl commença son plaidoyer par ce verset adressant à Dieu sa parole. Do" mine, scis quia dilixi, scis quia non tacui, scis quia ex animo dixi, sets quiaflevi, cicm dicerem, et non audirer. Et dit entre antres choses que les eslections estoient de droict divin, souslenant qu'on ne pouvoit les nipprimer.
advocat de l'Université de Paris, qui, plaidant l'opposition qu'elle avoit formée à la vérification des lettres de légation du cardinal d'Amboise le 27 de mars 1503, monstra comme elle avoit tousiours contredit à la puissance absolue du pape^ £t d'un Dii-Hommes, qu'on disoit estre celuy qui avoit apporté le premier Jes bon* nés lettres au barreau , et qui estoit l'autheur du distique latin qui se lit sur la porte de derrière de la m^ûson et iardin du sieur de Yilleroy, près Charenton, appartenant jadis à nostre Dix-Hommes :
Consequor ex hoc rure, senex auod comicus olim. Ut ne agri aut urbis me satias copiât.
distique qui montre bien qu'il n'estoit pas ignorant, et qu'à bon droict la reyne de Navarre , entendant parler de luy en ses contes , disoit qu'il valoit plus de neuf hommes. Aquoy mon fils adiousta, en outre, qu'il leur avoit parlé de cette grande et célèbre plaidoirie^ qui fut faite en la cause de madame la régente , mère du roy François, contre feu monsieur de Bourbon, connestable de France» en laquelle maistres Guillaume Foyet, François de Monthelon, Pierre Lizet et lean Bouchard, principaux advocats de leur temps, avoient desployé le plus beau de leur savoir.
Qu'il leur avoit représenté les remonstrances faites à nos rois de la part de la cour par la bouche de messieurs
1. M. 'Guy Coquille, anx Mémoires pour la refomiation de l'estat eccli iilMU qoe, imprimés dans ses OEuvres, p. 12, tesmoigne la mesme chose As ce chambellan.
2. Les plaidoyers ont esté impnmez chez Thomas Biaise, in-8o, avec le Traité du droict de patronage de M. Jacques Corbin.
70 IHÂLOGUK DES ADVOCÂTS
les presidens susnommcz et autres, sar le faict des schîs* Tues et divisions des papes et de la religion, de la Piag< luatique et concordats, des déchnes et autres affaires cooceruans Testât, la police et la iustice du royaume. Et particulièrement de M. lean le Qlaistre, dit Magis" tri^, advocat du roy Charles VIII, qui proposa^ vertueusement en sa prince, et da ses pairs, du duc de Bretagne, et du duc d'Oriéans, qui fut depuis le roy Louis XII. £t m'adiousla que M. Pasquier leur avoit dit plusieurs autres choses, desquelles il ne se ressoihvenoit pas, et dont toute la compagnie a\oit receu un si grand contentement qu'il desiroit s*en retourner incontinent, afm d'ouïr ce qu'il diroit du temps des rois Henry U , François II , Charles IX , Henry III et Henry IV, où il s'altendoit qu'il diroit quelque chose du devoir des advocats , et apporteroit de plus belles choses qu'il n'avoit encores fait, d'autant qu'il parleroit des advocats qu'il avoit cogneus et dont il pourroit faire un ingénient plus certain que des autres. Ce qui me donna une telle envie de l'ouïr que ie me résolus d'y aller, nonobstant le conseil des médecins, qui m'avoient deffendu de sortir. Et de faict, m'y estant rendu sur le poinct d'une heure de relevée, ie trouvay toute lacom-^ pagnie dcsia assemblée eu la salle, ainsi que M. Pascjuier commençoit à parler en celte sorte.