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72 DIÂLOGLE DES âDVOCâ'TS
brcfvc histoire, le iugement que le faisois de ceux dont ie vous parleray , vous priant de m'excuser si ie me trompe en quelques-uns, d'autant que la plus part d'en- Ir'eux n'ayant pris la peine de revdr ny de publier leur» plaidoyers, il est diflScile d'en bien iuger. Vous excuserez aussi si, en un si grand nombre d'advocats, l'en oublie quelsques-uns qui meriteroient peut-estre mieux d'estre nommez que d'autres dont ie vous parleray; vous sommant derechef de me secourir en cet endroit au défaut de ma mémoire , et de me faire ressouvenir de ceux dont vous vous adviserez à mesure que ie parleray. Au reste, ie vous demande par advance congé de pouvoir en quelques endroits changer l'ordre que ie me suis prescrit, en parlant des uns et des autres, selon que les occasions s'en présenteront.
Quand ie vins donc au Palais ^ qui fut , comme ie vous ay dit en nostre première iournée, en Tan i5/i9, sur le commencement du règne du roi Henry II, Testât d'advocat cstoit principalement en honneur , comme estant l'eschelle par laquelle on montoit aux plus grands estats et dignitez du royaume. Car messire François Olivier, qui lors estoit chancelier*, avoit esté advocat, et depi^s premier président; comme auparavant messire Antoine du Prat^ et Guillaume Poyet*, chanceliers de France,
1. 11 fut fait chancelier en 1545, renvoyé en sa maison par Henry 11 en 1551, et, rnpuelé par François II, tint les sceaux îusqucs au 26 avril 15G0 qu il mourut. (Miraumont, au Recueil des chanceliers.)