‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 47 sur 97 · Dans les nontagnes Rocheuses · texte numérisé non relu

Dans les nontagnes Rocheuses

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NOUVEAUX LIVRES DE GÉOGRAPHIE 179 hâtiments de l'État. De ces voyages en diverses régions j'ai conservé une sympathie particulière pour nosmarins, ct je me plais à noter que M. de Grancey a été officier de marine.

Plusieurs nations se glorifient à juste titre de leur armée nautique. La France peut aussi être fière de la senne. On l'a vue, en toute occasion, ferme dans le péril, ardente au combat, et elle à produit des hommes qui, en faisant bravement leur rude métier de marins, se sont signalés par de fructueuses découvertes, par des œuvres scientifiques et littéraires.

Le nombre en est grand, depuis Béthencourt jusqu’à Cartier, depuis le brillant Bougainville jusqu’à linlrtuné La Pérouse, depuis d'Entrecasteaux jusqu'à Freveinet, La Place, Dupetit-Thouars, Duperré, Roussin jusqu'à Dumont d'Urville, le découvreur du pôle Sud, jusqu'à M. Jurien de là Gravière, le vaillant amiral, le savant historien, l'aimable écrivain.

Dans ces derniers temps, notre colonie de Cochinchine a donné à notre marine une nouvelle illustration. Ils n'ont été que trop vaillants ceux qui portaient le drapeau de la France dans ces lointains parages. Plusieurs d’entre eux sont morts victimes de leur passion pour la science ou de leur ardeur patriotique. IT est

mort épuisé de fatigue le capitaine de frégate Doudart de Lagrée, qui avait entrepris d'explorer dans toute son ‘tendue le Mékong.

ILest mort le lieutenant de vaisseau Francis Garnier, l'intrépide chercheur, le fervent géographe, le héros. I tit doué de toutes les qualités qui font les grands

180 PASSE ET PRÉSENT hommes, et il est mort à trente-quatre ans. Si jeune encore, quelle tâche il avait déjà accomplie!

En 1868 il succédait à M. de Lagrée dans le commandement de l'expédition du Mékong, qui en était venue à explorer au loin l'Indo-Chine. I la conduisait à travers des régions inconnues et la ramenait à Saigon,

En 1870 il était à Paris pendant le siège, aide de camp du contre-amiral Méquet. Singulière destinée des marins, M. Méquet avait commencé sa carrière avec lu corvette {a Recherche dans les glaces du Groenland: M. Garnier commençait la sienne sous le climat brülant de la Cochinchine. Tous deux se rejoignaient pour organiser contre les Prussiens la défense de Montrouge.

Trois ans après, il retourne en Cochinchine avec lin tention d'aller au Tibet et de remonter aux sources des grands fleuves indo-chinois.

L'amiral Dupré, gouverneur dè notre colonie, l'appelle à Saigon pour lui confier une importante mission. | s'agissait d'établir la liberté de navigation sur une des artères du Tong-king, qui devait être la voie commerciale la plus courte entre nos possessions et les marchés de la Chine méridionale.

M. Garnier part avec deux canonnières et quelques soldats. Très pacifique était son plan de voyage ct 1 espérait atteindre pacifiquement son but. Mais la maurvaise foi, l'hostilité manifeste d’un vice-roi du Tonkin. l’obligent à combattre, et le voilà avec sa petite troupe dans l'immense empire Chinois, audacieux comme Fernand Cortez dans l'empire du Mexique. Coup sur coup il s'empare de Hanoï et de quatre autres citadelles. Iles

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