OFFRANDE A LISE
Voici mes Primes Vers, — nés à l'âge où s'éveille
L'âme du Troubadour ; Nés ainsi qu'au printemps naît le miel de l'abeille
Pris aux fleurs d'alentour.
Je les ai faits pour Toi, doucement, en silence,
Et chacun est tout plein De mon sang pur, qui filtre aux traits aigus que lance
Le petit dieu malin.
D'autres, en les lisant, n'y verront que folie ;
Esprits forts, — trop subtils ! — D'un rire — où l'on verra quels sentiments s'allient —
Peut-être riront-ils !
Peut-être, un peu surpris de voir que je m'attarde
Au vain culte de l'Art, Plaindront-ils cette erreur d'une muse bâtarde,
Née un siècle trop tard !