‹ Passions: primes vers d'amour et variations sur de vieux thèmesChapitre 45 sur 93 · MÉDAILLON · texte numérisé non relu

MÉDAILLON

Sur la mer, la mer calme et limpide, qui dort, —

La nuit furtive épand ses ombres ; Tout est noir !.. . tout est noir !... Seule, la clarté d'or • Du phare lointain brille encor,

Dissipant l'ombre épaisse en ses alentours sombres!

Dans le bois, — le bois sourd aux grands rameaux ombreux — L'ombre est plus lourde ; seule, passe,

Aux yeux qui, dans le vague, ont l'infini pour eux, La luciole aux rais nombreux,

Traçant des cercles d'or dans le noir de l'espace I

Sous le ciel, — le ciel vaste infiniment flottant, —

Gomme sur le flot qui frétille, Gomme en le grand bois sourd, l'ombre immense s'étend ;

Mais, au dôme obscur, vois, pourtant :

Seul, un astre d'argent, splendidement, scintille !

En mon cœur — mon cœur las, que dévore l'ennui, —

Que la tristesse enroule et voile, Ta sereine pensée, éternellement, luit,

Luit, seule, — Amour ! — ainsi, la nuit, Au bois l'insecte, au port le phare, au ciel l'étoile !

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