MÉDAILLON
Sur la mer, la mer calme et limpide, qui dort, —
La nuit furtive épand ses ombres ; Tout est noir !.. . tout est noir !... Seule, la clarté d'or • Du phare lointain brille encor,
Dissipant l'ombre épaisse en ses alentours sombres!
Dans le bois, — le bois sourd aux grands rameaux ombreux — L'ombre est plus lourde ; seule, passe,
Aux yeux qui, dans le vague, ont l'infini pour eux, La luciole aux rais nombreux,
Traçant des cercles d'or dans le noir de l'espace I
Sous le ciel, — le ciel vaste infiniment flottant, —
Gomme sur le flot qui frétille, Gomme en le grand bois sourd, l'ombre immense s'étend ;
Mais, au dôme obscur, vois, pourtant :
Seul, un astre d'argent, splendidement, scintille !
En mon cœur — mon cœur las, que dévore l'ennui, —
Que la tristesse enroule et voile, Ta sereine pensée, éternellement, luit,
Luit, seule, — Amour ! — ainsi, la nuit, Au bois l'insecte, au port le phare, au ciel l'étoile !