EVOHÉ
Aimons- dous bien I A nous deux le printemps ! Détournons-nous de la gloire menteuse, Et, tenant haut la coupe capiteuse, Chantons l'Amour et la Vie à vingt ans !
Vers l'Avenir,- où l'Espoir nous convie, Tendons nos cœurs le plus résolument !
Du vin d'Amour, au doux enivrement, Grisons longtemps notre âme inassouvie !
Aimons-nous bien ! Comme un lugubre écho, Nous entendrons jusqu'en nos cœurs, peut-être, Tomber, demain, de la bouche du prêtre, Le Libéra qu'est le Vos conjungo !
Oui, trop souvent, c'est l'hiver plein de givre, La mort, le deuil, que ce mot de demain !
Donc, aujourd'hui, contemplons le chemin, Sûrs que toujours nous allons le poursuivre !
Aimons-nous bien 1 N'avons-nous pas vingt ans ? Or, à nous deux tout le temps, tout l'espace ! Sans peur, sans trêve, — et tandis que tout passe A. pleins poumons buvons tout le printemps !
Et pour montrer que le vrai, c'est le nôtre, Des biens dont l'homme a créé ses tourments Plus gais, plus forts, vivons, couple d'amants, Jusqu'à mourir dans les bras l'un de l'autre !