‹ Pastels [microforme]Chapitre 35 sur 49 · CP RU · texte numérisé non relu

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qui justifient la préférence divine, qui montrent les convenances de choix divin.

Et d’abord, en envoyant Gabriel vers Marie, le bon Dieu a, tout simplement, suivi la loi qu’il avait lui-même établie pour la révélation des choses célestes(1). Selon l’ordre de sa Providence, en effet, les anges sont ses intermédiaires auprès des humains. Ici-bas, Dieu agit-il directement? Sa puissance et sa bonté ne se manifestent-elles Pas, au contraire, à travers les causes secondes ?

Ainsi en est-il dans la sphère surnaturelle. Les anges sont médiateurs entre Dieu et nous. Ils reçoivent sa lumière et nous la rayonnent ; ils reçoivent les ordres divins et nous les transmettent. Sous l’ancienne Loi, combien il y a eu d’apparitions angéliques | Que de fois Dieu s’est servi de leur ministère Pour communiquer avec les mortels !

Voyez les rois de la terre: ils s’entourent de ministres qui recueillent leurs ordres et les transmettent à tout l’empire. On ne concevrait pas que le Prince intervint directement dans toutes les affaires. Cela diminnerait son prestige. La dignité royale s’y oppose. j

À plus forte raison convient-il que le Roi des Rois ait des ministres, des serviteurs, qui annoncent à ses sujets ses décrets éternels, qui tiennent les hommes en relations avec la cour céleste,

Il était donc tout simple que Dieu envoyât son ange vers Marie, au lieu de s'adresser à elle directement. Cela

(1) Sum. theol. 3a P. qu, XXX, a. 2.

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était conforme à l'ordre établi, et convenait mieux à sa dignité.

En second lieu, les anges ont eu, dès le commencement de leur béatitude, une révélation, au moins générale, du mystère de l'Incarnation. Et Dieu ne leur avait dévoilé les grandes lignes du miracle que parce qu’il voulait le leur faire annoncer au monde(1). Toutes les missions angéliques ont été, en effet, ordonnées à ce mystère. Toutes les révélations antiques n’ont eu qu’un but: préparer, figurer, annoncer l’Incarnation du Verbe.

Alors,—je m'étonnerais que Dieu n'eût pas permis à ses anges de figurer dans le dénouement du drame où ils

} avaient tenu les premiers rôles, qu'il les eût congédiés k avant la fin,—eux, les sublimes acteurs du prélude, les sublimes figurants du début, —au moment le plus pathétique et le plus solennel. Envoyés, comme dit l’apôtre, pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut(2}, leur place était toute marquée dans la scène qui allait inaugurer la rédemption, comme elle le sera audessus du berceau de l’Enfant-Dieu.

Trois acteurs avaient joué le drame fatal de la chute : Satan, prince des esprits, Adam et Eve, pères du genre humain. Or, admirez la merveilleuse économie du plan divin dans la réparation. J'y vois aussi trois personnages principaux : l’Ange, la Vierge et Jésus, —trois personnages

() Sum. I. p. qu. LVIL à. 5. ad Im.

(2) Hebr. I. 14.

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qui correspondent aux premiers, et qui vengent l'humanité du tort que ceux-ci lui avaient fait. Dans les deux drames, il y a un esprit, dans les deux un homme, et dans les deux une femme. C’est évidemment les yeux fixés sur la scène primitive que Dieu a conçu le dessein de la rédemption. Il y a trop d'harmonie entre l’ordre de la chute et celui de la réparation, pour que l’on puisse penser autrement. L'équilibre est rétabli. Satan s'était adressé À Eve, comme plus faible, plus facile à séduire. L'ange Gabriel s'adresse à Marie. L'obélssance de l'une est cause de mort, L'obéissance de l’autre est source de vie, Quelle merveilleuse correspondance, à travers ls siècles, du bien et du mal, de la faute et du salut !

Dieu aurait-il pu réaliser cet admirable plan, s’il n'avait pas envoyé son ange ?—

Enfin, —quatrième et dernière raison, —la virginité est sœur des anges. Les vierges vivent dans la chair d'une vie qui n’est pas de la chair, x carne prœter carnem, et St-Augustin, commentant la parole de l’Apôtre, dit que la virginité est dans la chair, mais qu'elle a dans la chair quelque chose qui n’est pas de la chair. Æabet aliquid Jam non carnis in carne. Or, Marie était Vierge sans tache, et il était digne de la délicatesse divine de lui faire annoncer le mystère de sa maternité virginale par un ange en qui elle reconnut un frère bien-aimé. (1) Angelis semper cognata virginitas.

J'ai fini.—J'ajouterai seulement que si la sagesse divine paraît dans l'envoi de l'ange vers Marie, elle n’éclate pas

(1) Sum. 3a, p, Ibid,

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moins dans le choix qu’elle a fait de Gabriel. Il appartenait à Gabriel, archange, de révéler le plus sublime des miracles; il appartenait à Gabriel, vertu de Dieu, de proclamer la venue du Dieu fort, du Libérateur puissant, le Christ Jésus.

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