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Le lis pousse une tige droite et haute. Sa taille est fine, souple, élancée. Voyez-le au milieu des parterres :
(1) Cant. II, 2,
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il domine tout. Les autres fleurs, —anémones, primevères, œillets, — s'élèvent à peine au-dessus du velours des pelouses. Pour les cueillir, ou pour respirer leurs parfums, il faut se pencher. Mais le lis, lui, il est si grand, si haut. Sa tête élégante et soyeuse s'offre À nos caresses; il vient nous porter ses senteurs pénétrantes. Il semble que le soleil l’attire, le sollicite, qu'il veuille monter toujours vers ses rayons ; il semble qu'il ait besoiu, pour vivre, de respirer l'air des hauteurs, qu'il veuille boire, le premier, la rosée de l'aurore.
Il s'élève au-dessus des autres fleurs, et pourtant, il n'a rien de raide, de dédaigneux. Sa tige flexible, qui ondule au moindre souffle, a je ne sais quel grâce charmante, Ses feuilles, qui retombent, lui donnent cet air humble, modeste, qui sied si bien à la vraie grandeur . .
C'est ainsi que la vie de Marie fut une élévation constante vers Dieu, soleil infini, idéal de toute perfection. Cette douce créature n'avait rien de la terre. Son esprit habitait les hauteurs où règne un souffle divin; son cœur n'était épris que des invisibles réalités. Chaque jour, la rosée de la grâce venait la rafraîchir. Le poids de la chair n’entravait pas le vol de l’âme. Dieu lui était toujours présent ; elle était toujours présente à Dieu.
Tout, en elle, obéissait à des lois supérieures. Ses sens subissaient l'impulsion de ses pensées divines. Sa volonté était toujours en harmonie avec ses aspirations. Sa parfaite correction extérieure reflétait son intense vie intime, Comme un beau lis, elle montait droit vers Dieu, Comme le lis aussi, elle était modeste, et ne se glorifiait qu’en son Seigneur.
Tous ce que le lis possède d'éclat et de parfum monte vers le ciel. Tout ce que Marie possédait de grâce et de
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sainteté, elle le rapportait à Dieu, qui lui avait tout donné,
et qui avait daigné, selon ses Propres expressions, regarder la bassesse de sa servante, (1)
La fleur de lis est blanche, —d’une blancheur plus douce, plus délicatement nuancée, que celle de la neige ou du marbre. La blancheur de la neige est froide, la blancheur du marbre est terne. Mais la blancheur du lis est chaude et révèle la vie, 11 Y a comme un velouté d'épandu sur ses pétales, On dirait que le soleil lointain leur a mis un peu de son éclat.
Marie, de même, était toute blanche, toute pure. La moindre poussière ne l’effleura jamais. Miraculeusement préservée de la tache originelle, dès le premier instant de sa conception, sa vie entière s'écoula sans qu’elle commft même une faute légère. Je ne sais quel Père de l'Eglise l’a appelée un palais de cristal. Elle fut toujours exempte de ces sollicitations, qui, alors même que nous avons le bonheur d'en triompher, ne laissent Pas que de nous jeter dans le trouble, et de nous humilier.
Dieu n’a pas permis que la Mère de son Fils fut soumise à la lutte.—Les lis des champs ne travaillent ni ne filent, et cependant, selon la suave parole de Notre Seigneur, Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux(2).
Ce n’est, non plus, ni par la lutte, ni par l'effort, que la Vierge Marie, —lis divin, —a acquis et conservé sa beauté sans tache, sa pureté immaculée, Par un privilège
(1) Lue. I. 48.
(2) Math. VI. 20.
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unique, inoui, la Providence du bon Dieu, comme elle fait pour les lis des champs, a revêtu la mère du Verbe d’une parure dont la splendeur éclipse celle de toutes les créatures visibles, celle des anges mêmes, —car, en vérité, la pureté de Marie ne peut être comparée qu’à celle de Dieu.
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Avez-vous remarqué ces jolies petites choses, tendres et frêles, que les lis gardent au fond de leurs corolles ?— Fraîchement abritées, chargées d’une poussière d’or, cou- | vertes de germes de vie, les étaämines attendent, dans une | sorte de mystère, le moment d'accomplir la mission féconde que le créateur leur a assignée.
Au cœur de la Vierge, il y avait aussi l'or pur d’un ardent amour. Marie sut conserver son cœur, le protéger, mettre son amour sous la garde de son inviolable virginité. Et, à une heure solennelle, quand souffla le vent de l'Esprit, elle se trouva prête à remplir sa mission sublime, et à verser, sur le Verbe divin fait chair, les trésors indépensés que son cœur recélait.
Enfin, le parfum du lis est fort et pénétrant, il remplit l'espace, on en respire de loin les émanations vivifiantes. De sa campanule argentine s’épandent des senteurs délicieuses qui mettent dans le cœur le printemps ; —et la forêt d'avril n’est pas plus douce.
C'est ainsi que Marie embaume toute l'Eglise du Christ du parfum de ses vertus. À elle s'appliquent ces paroles inspirées du Cantique: ‘Ma sœur, ma fiancée, tes
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parfums sont plus suaves que tous les aromates. L’odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. Le parfum de ton souffle est comme celui des pommes.”’ (1).