‹ Pasteur et son laboratoire [microforme]Chapitre 7 sur 16 · EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

EMBRYOLOGIE

Tout organisme à une existence limitée. Tout être vivant doit assurer sa conservation propre et celle de son espèce.

La reproduction est l'ensemble des phénomènes par lesquels les êtres vivants perpétuent leur espèce.

Pour se reproduire l'être vivant abandonne une de ses parties qui se tranforme graduellement en un étre semblable à lui. Les êtres vivants naissent de parents qui les ont engendrés.

La thèse de la génération spontanée des êtres vivants a été longtemps défendue. Au moyen âge on Creyait que les souris pouvaient naître Spontanéme :t au milieu de linge sale mis dans une caisse, en bois, abandonnée dans un coin obscur, et Pourvu qu'on ait ajout: quelques grains de blé dans la caisse, Il fut démontré bientôt que, si la caisse était hermétiquement close on empéchait ainsi toute femelle pleine d'y pénétrer, et on ne voyait plus dès lors apparaître de jeunes souris. Ensuite la génération spontanée des vers à la surface de la viande, fut invoquée mais il fut démontré qu'en protégeant la viande du contact des mouches, on empêchait ces insectes de faire leurs œufs et que c'était de ces œufs que naïssaient les vers.

Pouchet fut, vers 1850, le dernier défenseur de la génération spontanée. I] croyait avoir démontré le phé-

ñomcne chez les êtres microscopiques, naissant dans les

infusions putrécibles. C'est à cette époque que Pasteur se mit à étudier la question. Il démontra l'inanité des preuves sur lesquelles on s'apuyait pour affirmer la génération spontanée d'un être vivant et que tous ceux qui y avaient cru jusqu'à cette époque, l'avaient fait sans raisons solides.

Pasteur venait de démontrer que les fermentations étaient dues à la pullulation d'êtres microscopiques. 1] avait donc intérêt à se rendre compte si ces êtres peuvent prendre naïisance spontanément au sein de la matière fermentescible, on bien s'ils proviennent nécessairement d'êtres semblables à eux. La vérité sur ce point est devenue plus pressante encore depuis que nous sa vons que les infiniment petits produisent des maladies, Si les microbes peuvent se former spontanément en nous aux dépens de nos tissus, ou par métamorphose quelconque de cellules ces maladies sont aussi spontanées, donc nous les tirons de nous. Si. au contraire, ces 1nicrobes proviennent de germes semblables à eux, leurs effets meurtriers sur l'organisme montrent qu'is n'y sont Pas toujours présents, qu'à un moment donné leur germe est venu de l'extérieur et que, par conséquent, la maladie vient du dehors. Spontanéité où non spontanéité des maladies contagieuses et virulentes, telle est donc la question importante qu'agite le débat des générations spontanées.

Suivant la façon dont le problème sera résolu, la base même de l'hygiène et de la pathologie générale sera différente. On voit l'importance de cette question pour l'hygiéniste, le médecin, le chirurgien. Aussi nous allons étudier sur ce point de toute importance, les expériences

de Pasteur, car dans ces études sur les générations

spontanées nous trouverons le germe de la révolution moderne subie par la pathologie générale,

Pasteur nous apprit d'abord à stériliser les liquides, à les pasteuriser, puis à les conserver indéfiniment stériles. Il obtenait ce résultat en empêchant les germes de l'air de venir en contact avec le liquide préalablement Stérilisé par la chaleur, qui a un certain dégré tue tous les êtres vivants. Il nous a démontré qu'en laissant entrer l'air librement, dans Je récipient qui contient Je liquide stérilisé, ce liquide s'altère, par suite de la pullulation d'êtres microscopiques. Mais encore faut-il que cet air soit souillé par les poussières, car les germes des microbes se trouvent à la surface des objets et sont emportés par le vent. Dans les endroits où les poussières sont rares sur le haut des montagnes, on peut ouvrir des flacons contenant ces liquides stérilisés sans les voir s'altérer. Un flacon semblable, ouvert dans une rue de Paris, même un très court instant, S'altère invariablement tellement les germes des microbes sont répandues et mis en mouvement dans un endroit public où séjournent de nombreuses personnes. Un simple tampon de coton qui filtre l'air, arrête mécaniquement ces germes d'êtres microscopiques et permet de conserver indéfiniment des liquides stérilisés, qui restent cependant au contact de l'air, mais de l'air filtré à travers le coton.

Les travaux de Pasteur ont démontré que les infusoires, les microbes n'apparaissent pas Spontanément dans les infusions où ils pullulent : tous ces êtres ne sont pas créés mais engendrés.

La théorie de la génération spontanée est universellement rejetée aujourd’hui: on a reconnu, en effet, que

les conditions cosmiques actuelles sont inaptes à permet-

AI

tre la transformation des matières organiques en matière organisée douée de vie,

Etudions maintenant les phénomènes de la reproduction des êtres.

La reproduction est dite asexuelle ou monogène, quand un seul être concourt au phénomène. Elle se fait alors par scissiparité, (fractionnement simple ou multiple) ou par bourgeonnement.

Elle est sexuelle lorsqu'il y a union (conjugaison) de cellules spéciales ; l'une de ces cellules appelée spermatozoïde, féconde l'autre désignée sous le nom d'ovule.

Dans le phénomène de la scissiparité ou dans le bourgeonnement, la masse de protoplasma qui forme la cellule se divise en deux et donne deux êtres qui deviennent semblables au premier. Chez certains êtres qui ont un noyau, on voit ce noyau se segmenter pour en donner deux, autour de chacun desquels se forme le nouvel être. Chez l'être humain la reproduction est sexuelle mais une fois le phénomène ainsi commencé, les cellules se divisent, le noyau qu'elles possèdent se segmentant d'abord en deux. Un phénomène particulier, celui de la karyokinèse, ou division du noyau, assure à chacune des cellules filles, une partie parfaitement égale et nomogène du noyau.

Nous allons voir en détail les phénomènes de la reproduction chez l’homme.

Appareil génital de l'homme.—Les testicules sont deux glandes qui se trouvent préalablement situées dans la cavité abdominale, et qui émigrent dans le scrotum chez l’enfant. Plus de 1000 canalicules contournés forment ces glandes. A la face postérieure des testicules

aboutissent les canaux excréteurs qui composent l'épidi-

as

mer

dyme. A l'épididyme fait suite le canal déférent qui débouche dans l'uréthre. Le sperme secrete par ces glandes contient les Spermatozoïdes, où cellules mâles, composées d'une tête et d'une queue qui permet au spermatozoide de se mouvoir la tête en avant. [Le spermatozoide mesure 350 millièmes de millimètre. Nous savons que le diamètre du globule r« 'uge du sang est de 8 millièmes de millimètre.

FIG, 1, — Appareil génital de la Femine, o7, ovaire : fr. trompe de Fallope et son canal, c , nl, Utérus ; m.t, museau de tanche : va, vagin.

«Thpareil génital de la femme, — Les ovaires sont deux glandes de la grosseur d'une amande verte situées à la partie inférieure de la cavité abdominale. A partir de la puberté la surface des ovaires se couvre de cicatrices de plus en plus nombreuses, ce qui lui donne un aspect crevassé, Chaque cicatrice provient de la déchirure d'un ovisac suivie de la chûte d’un ovule. L'ovisac est désigné souvent sous le nom de vésicule de Graaf. I] existe plus de 300,000 ovisacs dans un ovaire normal. .

Au voisinage des ovaires se trouvent les pavillons des trompes de Fallope, dont les Canaux, les oviductes, Parviennent aux cornes de l'utérus. Ces canaux ont un

épithélium cylindrique à cils vibratils.

L'utérus présente une cavité résultant de la soudure des trompes de Fallope. Il a la forme d'un entonnoir dont le bec, (museau de tanche) est engagé dans l vagin.

L'ovule mesure 100 à 200 millièmes de millimètre.

Il est formé d'une masse de protoplasme désignée sous le nom de vitellus, et contenant un noyau où vésicule de Purkinje, Tous les mois, les uns après les autres, quelque fois deux à la fois, (dans ce cas, il peut ÿ avoir grossesse double) les ovisacs se rompent et les ovules sont mis en liberté, Ce phénomène se produit à partir

du moment de la puberté.

Menstruation.— Au moment de l'expulsion de

l'ovule, une mue périodique de l'épithélium utérin se produit, par suite de la mise à nu des petits vaisseaux sanguins qui se rompent, d'où hémorragie périodique, c'est la menstruation. En même temps l'ovisac se gonfle l’ovule est mûr, l'ovisac se rompt et l'ovule tombe. La cicatrisation de l'ovisac, produit à la surface de l'ovaire une cicatrice vw Corps jaune,

L'ovule pasre !53 la trompe, grâce au mouvement des cils vibratils de la surface de l'épithélium, l'ovule suit l'oviducte jusqu'à l'utérus. Dans ce trajet cet ovule est fécondé ou s'il ne l'est pas il est expulsé en même temps que le sang de la menstruation. Lorsque l'ovule ne tombe pas dans la pavillon de la trompe il peut malgré cela être rejoint par le spermatozoïde et on voit alors évoluer une grossesse intrapéritonéale, Si l'évolution de l'embryon se fait dans l'oviducte on à une grossesse tubaire. Dans ces deux cas, on dit, qu'on a affaire à

une grossesse extra utérine.

Fécondation. —L'accouplement a pour but d’ame-

ner le spermatozoïde en contact de l'ovule et d'assurer

ainsi la fécondation.

Les spermatozoïdes arrivés dans l'utérus passent dans l'oviducte et c'est là, qu'en général, ils rencontrent l'ovule. Ils s'engagent dans la zône pellucide où membrane d'enveloppe de l'ovule, On voit plusieurs sperma

tozoïdes ainsi engagés et retenus prisonniers, ils ne peu

we x ; vent que pénétrer davantage, tète en avant, Un d'entre eux, plus avancé que les autres, prov que par sa présence au voisinage du vitellus un soulèvement du protaplasma de l'ovule (c'est le cône d'attraction) qui atteint la tète “$ 2 =” 1—.Spermatozoïdes dans zone pellucide de l'ovule, C. cône

d'attraction 2.—Un spermatozoïde pénètre dans ovule. Vitellus s'entoure de membrane nette qui empêche pénétration d'antres spermatozoïdes 3-—Protonucleus mâle va au devant de protonucleus femelle 4.— Fusion des deux protonucleus 5. —Noyau vitellin résultat de la fusion. L'œuf est formé il va se segmenter

du spermatozoide et l'englobe, La queue du spermatozoïide reste dans la membrane Mmucilagineuse d'enveloppe de l'ovule. La tête pénètre dans le vitellus et de Suite on voit ce vitellus s'entourer d'une membrane très nette Qui aurait pour effet de s'opposer à la Pénétration

d'autres spermatozoïdes.

Le spermatozoïde Capturé forme dans Je vitellus une petite tache claire. C est ‘aster ou Protonucleus mâle qui se porte à la rencontre du protonucleus femelle et se Confond avec lui. 1] en résulte un noyau vitellin ou noyau de segmentation.

L'ovule est devenu œuf. L'œuf va produire un être semblable aux Parents qui ont fourni les deux cellules spécifiques dont il procède.

FIG. 3. l'ormation de la caduque dans l'utérus, 77. — OF, œuf : cut. caduque utérine : sé, caduque sérotine É C/@æ, Caduque fœtale im./, Mükeau de tanche.

La fécondation se produit d'ordinaire dans l'oviducte, avons-nous dit. De là, l'œuf descend petit à pe tit dans l'utérus. grâce au mouvement des cils vibratiles dont Sont pourvus les cellules épithéliales d l'oviducte.

Formation des cadugues.—La muqueuse utérine

ps

op

douée d'une activité et d'une turgescence particul'ére,

coincidant avec la fécondation de l'ovule, p-oduit d'énormes villosités entre lesquelles vient se loger l'œuf, Celui-ci est complètement enveloppé par les végétations de la muqueuse qui reçoivent le nom de caduque. On appelle : caduque utérine, toute la muqueuse qui tapisse l'utérus ;—c'est-à-dire la portion de la muqueuse sur laquelle se pose l'œuf. Mais retournons vers l'œuf et étudions ces transfori ations,

Dès la fécondation, la segmentation commence et tran: forme cet être uniceilulaire en un organisme pluricellulaire. L'œuf se divise d'abord en deux cellules égales qui se segmentent elles-mêmes un grand nombre de fois, l'œuf a bientôt l'aspect d'une masse bourrée de cellules. Grâce au phénomène de la Karyokinèse, le noyau de chacune de ces nouvelles cellules contient une partie du noyau de la première cellule formée dans l'œuf au moment de la fusion du protonucleus mâle et du protonucleus femelle. Tous ces noyaux de toutes ces cellules proviennent donc du père et de la mère.

Bientôt dans cette masse de cellules qui constitue l'œuf, se produit une invagination, une moitié s'enfonce dans l'autre moitié. Les cellules situées à la partie extérieure se différencient des autres, elles forment un feuillet externe : l'ectoderme, tandis que les cellules intérieures forment un feuillet interne : l'entoderme. Des diverticules se forment entre ces cellules et il se constitue un feuillet moyen, c'est le mésoderne.

En résumé, les phases successives de la segmentation de l'œuf tendent à constituer des éléments anatomiques

disposés en feuillets appelés feuillets blastodermiques,

ces feuillets sont Stiperposés et sont au ne re de trois.

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