‹ Pathogénie de l'incontinence d'urine chez les ataxiquesChapitre 25 sur 29 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

(Gerrrier. Obs. XVIT. Ataxie locomotrice, miction impérieuse anesthésie de l’urèthre.)

Mesple Jean, 41 ans, hôpital Laënnec, service du docteur Ball, salle Béhier, 19.

Pas de maladie antérieure, ni rhumatisme, ni syphilis. A eu huit enfants, un seul vivart, les autres morts en nourrice.

En janvier 1877, alors qu’il n’avait encore ressenti aucune espèce de douleur, il s'aperçoit qu’il perd un peu d'urine, lorsqu'il est resté à peu près deux heures sans uriner.

En courant après un omnibus, il remarque que ses mouments sont un peu moins libres. En mars dela même année, pendant huit jours, il y a de la diplopie.

Peu de temps après, il a conscience que le contact de quelque corps froid détermine chez lui des douleurs ayant le caractère fulgurant; plus tard, à la suite d’un refroidisse-

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ment en voiture, les douleurs fulgurantes vraies s'installent, débutant par les orteils, avec irradiations ascendantes.

À partir de l’année 1878, l’ataxie des mouvements rend la marche très difficile.

Pendant tout ce temps, il est obligé de satisfaire immédiatement le besoin d’uriner dès qu'il se fait sentir, sous peine de laisser échapper du liquide. Il n’a pas fait attention, à ce moment, à un symptôme dont il s’est aperçu plus tard, vers 1879 ; c'est qu'il ne sentait pas couler son urine, ne se rendait pas compte quand commençait et quand finissait la miction, à moins d'y regarder, ou à moins que le toucher ou l’ouie ne vint suppléer à la vue. Il en est résulté que, depuis ce moment, il se décide avec peine à uriner dans l'obscurité, et qu'il applique son doigt au devant du méat. Il lui faut faire, pour uriner, des efforts plus marqués qu’autrefois, jamais il n’a eu de mictions fréquentes ni douloureuses; Jamais de douleurs dans le canal.

En 1880, sous l'influence d’un traitement (frictions, vin diurétique, digitale), il s'est senti pendant six mois tout à fait guéri; plus aucune douleur; il peut faire 40 kilomètres à pied ; mais après cinq à six mois de voyage, les mêmes symptômes ont apparu de nouveau, d'abord progressive-. ment, puis très rapidement.

En 1880, luxation spontanée de l'épaule gauche, et depuis ce temps, les symptômes d’ataxie ont progressé; les douleurs fulgurantes n’ont pas cessé; l’incoordination des mouvements n’a pas diminué, et depuis huit mois, les membres inférieurs se sont atrophiés.

Depuis 4879, il a des crises laryngées fréquentes ; eiles ont cédé depuis qu’il a des piqûres de morphine.

Etat actuel : 12 juin 1883. L

Douleurs fulgurantes continuelles traversant tout le corps; encore un peu de douleur en ceinture (6 injections de 1 centigramme de morphine par jour).

Aux membres inférieurs, ataxie très masquée par l'impotance due à l’atrophie musculaire très considérable aux

muscles des cuisses et des mollets.

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Pas de paralysie oculaire, mais la pupille droite est très dilatée.

Quant à la miction, elle est plutôt moins troublée qu'auparavant (5 à 6 mictions dans les 24 heures); il ne semble pas sentir l’urine passer dans le canal, et il mouille son linge quand il reste trop longtemps sans uriner.

Constipation très accentuée.

Si l’on recherche les troubles de la sensibilité, on constate une anesthésie presque complète des membres inférieurs ; avec persistance, toutefois, d’un certain degré de thermesthésie et de sensibilité à la chaleur (retard de sensations), anesthésie de la verge, du gland et du scrotum.

Réflexes rotuliens nuls.

Depuis plusieurs années, il n’a plus d’érections.

27 octobre. — Depuis quinze jours, il a perdu toutes ses incisives et ses canines de la mâchoire inférieure.

Il continue à ne pouvoir uriner sans regarder : « Quand je n’y vois pas clair, j'ai beau pousser, l’urine ne vient pas. Si je me découvre et regarde, alors l’urine vient. »

Ii prétend qu’actuellement il sent l'urine passer.

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