‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 150 sur 317 · CANCER DU RECTUM · texte numérisé non relu

CANCER DU RECTUM

Au microscope, on reconnaît à la tumeur les caractères anatomiques de Tencéphaloïde , du squirrhe, du cancer colloïde ou de l'épithélioma. Ces quatre espèces ont été observées; la première et la dernière se rencontrent plus fréquemment.

Ijépithélioma débute ordinairement par Textrémité inférieure du rectum, par l'anus. (Il est rare que cet orifice, et même que les parties qui Tenvironnent, ne soient pas le siège d'une induration profonde.

L'encéphaloïde naît dans le tissu cellulaire sous-muqueux ; il refoule d'abord la muqueuse en dedans, la tunique musculaire en dehors. La première ne tarde pas à s'ulcérer: les fibres musculaires peuvent être amincies ou hypertrophiées.

Le volume de la tumeur est très-variable; il en est de même de son siège et de la hauteur de son point d'implantation. Est-elle plus fréquente en haut ou en bas, en avant ou en arrière? Il serait bien difficile d'être affirmatif sur ces questions.

Il n'est pas rare de voir le cancer, lorsqu'il a acquis un certain développement, faire saillie à l'extérieur.

Le rectum est ordinairement dévié; son calibre est rétréci. Ce rétrécissement s'observe surtout lorsque la maladie affecte la forme de plaques cancéreuses annulaires: on a alors affaire à un véritable cancer atrophique. Il existe, au-dessus de la lésion, une dilatation dans laquelle .s'accumulent les matières fécales.

La maladie peut se propager aux organes voisins : vessie, utérus, vagin. De même que le cancer consécutif est plus fréquent chez la femme que chez l'homme, de même chez elle la propagation secondaire du rectum aux parties adjacentes s'observe plus souvent.

Bymptàmem. — a. Troubles fonctionnels, — Le rétrécissement de l'intestin, soit par le resserrement et l'épaississement de ses parois, soit par la présence d'une tumeur volumineuse dans sa cavité, rend la défécation difficile. Cette constipation , qui est constante au début, peut cesser brusquement à une époque plus avancée, puis se montrer de nouveau. Ces sortes de débâcles sont dues au ramollissement d'une partie de la tumeur^ qui est éliminée et laisse momentanément le passage libre. On peut observer tous les degrés, depuis une rétention complète, jusqu'à l'incontinence des matières fécales.

Il s'écoule par l'anus un liquide ^ant^uo;, sanguinolent, très-fétide^ mêlé de débris cancéreux ; souvent il y a de véritables hémorrhagies.

Les douleurs sont ordinairement très-vives; elles présentent quelquefois des périodes alternatives d'exacerbation et de rémission.

b. Signes physiques. — On reconnaîtra la tumeur par \e palper abdominal^ et surtout par le toucher rectal. L'emploi des sondes, du spéculum ani, est très-douloureux et n'a aucune utilité. Le doigt reconnaîtra mieux que n'importe quel instrument explorateur, la présence d'une tumeur, sa consistance, l'état lisse ou bosselé de sa surface, sa hauteur dans le

rectum. li faut se rappeler qu'il est quelciuefois très-difficile d'atteindre le sii^ge du mal.

Toutes les fois que la tumeur fera issue par Tanus, Texameii de cette région permettra presque toujours d'établir à première vue le diagnostic. Il en sera de même lorsque cet orifice lui-même sera malade; il sera facile de constater Tinduration de ses bords, leur ulcération, etc.

Chez la femme, le touclier vaginal ne doit jamais être négligé. Il permet souvent de s'assurer de la hauteur du mal . alors que l'exploration du rectum est trop difficile ou douloureuse.

Marehe. TerminaiBoii. — La marche du cancer du rectum est continue; répithélioma parcourt ses périodes avec plus de lenteur que les autres variétés. Quoi (\\x'\\ en soit, la terminaison est toujours la même: c'est la mort qui survient fatalement, soit par les progrès de la cachexie, dont les malades présentent rapidement tous les symptômes généraux, soit par hémorrhagie, soit enfin par la perforation ou la rupture du rectum . qui s'accompagne d'une péritonite suraigué ou d'abcès stercoraux, selon la hauteur à laquelle se fait la rupture.

Diairnostic. — Un cancer du rectum pourrait être confondu avec un rétrécissement , des hémorrhoïdes, des polypes.

Le rétrécmement détermine, comme le cancer, des troubles dans l'accomplissement des fonctions digestives. en s opposant à la libre excrétion des matières fécales. Mais, en examinant le rectum^ on v constate une simple coarctation, et non une tumeur irrégulière, bosselée, fongueuse, saignant facilement. On n'observe pas non plus les signes généraux de la ( achexie cancéreuse.

Les hémorrhdides n'offrent pas la dureté du cancer ; elles ne forment jamais, dans l'intérieur du rectum, des tumeurs inégales, résistantes, irréductibles, ulcérées, donnant lieu à un écoulement fétide et ichoreux. Lorsqu'elles apparaissent à l'extérieur, leur forme . leur couleur, leurs différences subites de tension et d'affaissement préviendront toute erreur de diagnostic.

Les polypes sont pédicules, nettement circonscrits, .sans induration <le voisinage, facilement réductibles. Ils s'observent surtout chez les enfants.

Canseii — Le cancer du rectum ne se développe, en général, que dans un âge assez avancé; il est très-rare au-dessous de trente ans. I..es causes sont absolument inconnues. iNous savons seulement qu'il peut être consécutif à celui d'un organe voisin, ce qui le rend peut-être un peu plus fréquent chez la femme.

Pronastir. — Très-grave, dette aHection entraîne toujours la mort. Les opérations tentées pour la guérir demeurent pres(|ue toujours palliatives: au bout d'un temps plus ou moins long, la récidive a lieu.

Traitenent. — La dilatation du rectum et la cautérisation ne donnent que des résultats incomplets. La première, en augmentant le calibre de

Page 1