‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 22 sur 317 · GOÎTRE · texte numérisé non relu

GOÎTRE

riiypergénèse des vésicules closes qui entrent dans la composition du corps thyroïde. Le liquide contenu dans ces vésicules devient visqueux, épais. On y trouve quelquefois de véritables kystes, formés par la rupture de plusieurs vésicules et leur fusion en une poche unique.

à. Le goUre vasculaire consiste dans une dilatation flexueuse des nombreux petits vaisseaux situés dans l'épaisseur du corps thyroïde. Ces vaisseaux sont quelquefois pourvus de petites dilatations anévrysmales. Dans quelques cas, on observe des épanchements sanguins, des apoplexies, dans le tissu même de Torgane.

c. Le goitre /!6ro-ar^o/atre( Lebert) est caractérisé par l'augmentation de volume des cloisons celluleuses qui séparent les divers lobules du corps thyroïde.

Ces trois variétés peuvent se combiner. La première est la plus fréquente; elle appartient à cette classe de tumeurs désignées sous le nom d'adénomes et cysto-adénomes.

Caonefi. — Le goitre est plus fréquent chez la femme. Il est endémique; alors il coïncide souvent avec le crétinisme, dans certaines vallées des Pyrénées, de la Suisse, etc. La cause intime du goitre est inconnue. On la recherche depuis longtemps dans l'air et dans les eaux. On a accusé la désoxygénation de l'eau, la présence de certains principes salins. Dans ces derniers temps, M. Chatin a attribué le goitre à labsence du brome et de Fiode dans les eaux que boivent les goitreux.

Ou voit quelquefois le corps thyroïde augmenter subitement de volume à la suite des efforts de l'accouchement.

Symiitdiiiefi. — Le goitre débute lentement ; la totalité ou une partie du corps thyroïde peut être affectée.

Ou constate, dans la région sous-hyoïdienne, une tumeur indolente, lisse, arrondie, pouvant acquérir un volume considérable, au point de descendre sur la poitrine ou de remonter vers les régions parotidiennes.

Cette tumeur présente un symptôme particulier : elle suit l'ascension et la descente du larynx pendant la déglutition.

Lorsqu'il a acquis un certain volume, le goitre peut exercer une compression fâcheuse sur les organes du voisinage : la compression des vaisseaux peut produire des troubles cérébraux ; la dysphagie et la suffocation sont amenées par la compression de l'œsophage et de la trachée, etc. On a vu la mort arriver par asphyxie lente.

Marche. Durée. Terminalfioii. — Le goitre a une durée fort longue ; il s'accroit sans cesse, ou il reste stationnaire ; mais il rétrograde rarement.

DlMrnofitic. — Indiquons s'il est possible de distinguer les diverses variétés de goitre. Le goitre vésiculaire présente les caractères décrits plus haut. Il en est de même du goitre fibro-aréolaire, qui offre souvent plus de dureté. Le goitre vasculaire fait des progrès rapides ; la main peut sentir les battements des artères dilatées, ainsi qu'un frémissement assez

38 PATUiXiJvJIE tlHlRCIv^lUX.

marqué: I ao^uJtatîon labse entendre un bruit de souffle. Quelquefois ou Toit les battements à travers la f^eaa. L^>rs«|ae cette variété coïncide avec un certain degré d'eiuphthalmie et de> <ympb>mes nerveux variés, palpitations de cœur, etc.. on a le goitre ejrophihalmi*fMe. < Fof . p. 525. vol. I.)

i^rmm—tî€. — Peu ^rave. Ofiendant. le goitre vasculaire peut se rompre >ou.s l'influence d'efTorts. de ci>nt»j>ions. etc.

Traitcateat. — Nous ne parlerons pas des nombreuses médications qui ont été inutilement préconisées contre le goitre.

Les chirurgiens ont eu recours : à la compression du corps thyroïde, à la cautérisation, au séton. à la ligature de la tumeur, à Vejrtirpalion. Tous ces moyens sont très-dangereux : on les emploie fort rarement.

Dans les cas de goitres vasculaires ou ané\Tysmatiques. on pourrait peut-être tenter la ligature des thyroïdiennes, et même des carotides. Ou comprend tout le danger de cette opération.

Lors^fue la tumeur comprime fortement les oi^anes importants du cou. on peut l'attirer en avant, la déplacer, et. au besoin, pratiquer des débridements de la peau pour favoriser l'expansion de la tumeur à Textérieur.

ï^ meilleur traitement du goitre peu développé est, sans contredit, le suivant, que nous avons vu réussir dans un grand nombre de cas, dans les Pvrénées :

A Fintérieur, vingt-cinq centigr. d'iodure de potassium dans une cuillerée d'eau. Renouveler la dose tous les jours pendant deux à quatre mois, selon le volume de la tumeur.

Frictions avec la pommade suivante matin et soir, puis recouvrir le cou d'une cravate :

^ : Axonge ^ gr.

lodure de potas.sium. . . 4 gr.

Iode 0.50 cent.

Cette pommade a rinconvénient de colorer la peau en jaune, pendant le traitement seulement. Chez la femme, il faut surveiller l'état des seins. c|ui diminuent quelquefois de volume sous l'influence de Tiodure de fN)tassium.

M. le professeur Charvet, de Grenoble, appelle l'attention sur Textinction graduelle du crétinisme et du goitre, aux environs de Grenoble, sous la seule influence du bien-être et d*une bonne hygiène.

§ 2. — Tumeurs du corps thyroïde.

On peut rencontrer dans le corps thyro'ide : des kystes, des tumeurs ma-

liijncs (cancer), des tumeurs fibreuses, crétacées, tuberculeuses et gazeuses.

i" Les kystes ont été décrits plus haut. {Voy, Kystes du cou.)

i» L(îs tumeurs malignes sont rares; on y rencontre le s(îuirrhe et Ten-

réplialoïde. qui ne diffèrent pas des tumeurs malignes considérées d'une

manière générale.

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