III. - FRACTURES DES COTES
Bx.aaieB «l« malade. — L*élève ne constatera la déformation que dans les cas, très-rares, où il existe nn véritable enfoncement de la paroi thoracique. Ordinairement, il procédera à Texamen de la manière saivante. Par Iskpreusian exercée avec la pulpe du doigt) il déterminera une douleur vive au niveau de la fracture, douleur généralement bien limitée. Par Vappli4!ation de la main, il percevra souvent la crépitation, en faisant faire an malade quelques efforts de toux. Il pourra la percevoir aussi par Vausevltation* Ce dernier mode d*exploration lui permettra également de reconnaitro s'il existe quelque complication du côté des organes contenus dans le thorax.
D*aiUeur8 il ne faut jamais insister trop longtemps sur la recherche de la crépitation, encore moins sur ceUe de la mobilité anormale, dans la crainte de produire entre les fragments on déplacement qui n'existait pas auparavant.
Cawses. — Ces fractures, qui sont très-fréquentes, peuvent se montrer sous l'influence de trois ordres de causes : i^ les causes directes, qui fracturent l'os au niveau du point sur lequel elles agissent; ces causes tendent à enfoncer la côte vers la cavité thoracique, par conséquent, à redresser leur courbure; 2<> les eaïuses indirectes : chute sur la partie antérieure du thorax, pression sur la même région ; alors, la fracture siège un peu en avant du milieu de Tos. Ces causes tendent à augmenter la courbure des côtes ; Z^ la contraction musculaire^ qui détermine la fracture, dans ceitains efforts de toux, par exemple.
ITAriétés. — Les fractures de côtes sont uniques ou multiples; elles sont simples ou compliquées; elles peuvent être complètes ou incamplètes, (Yoy. Fractures en général.)
Elles siègent rarement sur les côtes supérieures, parce que des muscles volumineux les recouvrent ; on les observe rarement aussi sur les côtes inférieures, parce que, étant mobiles, elles cèdent sous l'influence des violences extérieures. La septième et la huitième sont le plus fréquemment atteintes.
Béplaeement. — Les muscles intercostaux, qui s'insèrent sur les deux bords des côtes, font l'office de bandages naturels et empêchent le déplacement des fragments. Une seule espèce de déplacement peut exister , mais dans des cas très-rares : c'est l'enfoncement des fragments dans le poumon.
•yMi^témes. — Les symptômes fonctionnels sont : 1» une douleur Irès-vive limitée exactement au point fracturé , s'exaspérant par la pression, et surtout par les mouvements respiratoires, i^ La respiration est
entrecoupée, et la douleur empêche quelquefois le malade de respirer librement et de parler.
. Les symptômes physiques sont : la position du malade, la crépitation, et très-rarement l'ecchymose et la tuméfaction.
Le malade prend une position particulière, à cause de la douleur. Il appuie la main sur le point fracturé, incline le corps de ce côté, et respire peu profondément, pour empêcher la mobilité des fragments dont le déplacement cause de vives douleurs.
Pour percevoir la crépitation , il faut placer la main à plat sur le poin^ fracturé ; il arrive souvent que, pendant le mouvement d'inspiration , les fragments venant à se mouvoir, la main perçoive la crépitation. Si ce moyen ne suffit pas, on dit au malade de respirer largement ou de tousser. Enfin, on est quelquefois obligé de se servir de Toreille ou du stéthoscope que Ton applique sur le point douloureux.
. TermiiittUoii. — Lorsqu'elles sont simples, ces fractures se consolident dans l'espace de vingt-cinc] à trente jours. Il est rare d'observer une pseu- (larthrose.
Complieaiionii. — Les complications peuvent se montrer : !<> du côté de la paroi thoracique : plaie, emphysème sous-cutané, blessure des vaisseaux; 2« du côté de la plèvre : pleurésie, hémorrhagie pleurale^ pneumothorax , emphysème sous-pleural ; 3® du côté du poumon : déchirure et hémoptysie, emphysème interlobulaire et pneumonie.
De toutes ces complications, qui n'empêchent pas ordinairement la consolidation , la pleurésie est la plus fréquente; il est facile de le concevoir. l()rs(|u'on songe au rapport intime qui existe entre la plèvre et les côtes.
lMairn<»«^ic'- — Lorsque tous les symptômes sont réunis , il est trèsfacile (le reconnaître une fracture de côtes; mais la crépitation peut man(|uer. Dans ces cas, on pourra la confondre avec un point pleurétique. avec un point névralgi(|ue. et enlin avec une contusion.
L'auscultation fera reconnaître \2i pleurésie ; mais il faudra examiner à quelle époque remonte le début de la douleur, car cette pleurésie pourrait bien être synqHomati([ue de la fracture.
Le point névralgique n'est point exaspéré par la respiration , mais seulement par la pression.
La contusion est, dans (|uelques cas, impossible à distinguer de la fracture; car . de même que celle-ci. elle peut être accompagnée de tous les symptômes de la fracture, moins la crépitation. Dans ces cas, il faut attendre quelques joui*s avant de poser le diagnostic.
Pronosiie cl iraiiemeni. — Les fractures de côtes ne compromettent pas la vie du malade. Lacx)nsolidation est presque constante et s'opère souvent par les seuls efforts de la nature. Le seul appareil (jue Ton emploie est le bandage de corps. Selon M. Malgaigne. ce bandage n'est utile que pour calmer la douleur, et il doit être supprimé toutes les fois qu'il l'exaspère.
LÉSIONS INFLAMMATOÏKKS DU TIIOKAX. 69
Ce bandage, quelle que soit la côte fracturée. doit être applique au niveau du tiers inférieur du sternum, car, à ce niveau, il immobilise toutes les côtes. Il peut être remplacé avec avantage par une large bande de sparadrap entourant le corps du malade.
Le bandage de corps est à peu près superflu. Le repos au lit et l'immobilité suffisent pour amener la consolidation. Dans le cas d'enfoncement des fragments dans le poumon, si cet enfoncement n'est pas considérable et qu'il n'y ait pas complication de plaie , il vaut mieux s'en rapporter aux efforts de la nature que de faire une incision au niveau de la fracture pour dégager les fragments, ce qu'on ne doit faire que dans le cas d'enfoncement avec plaie considérable.
Les fraeiares du •iernam ne présentent rien de particulier qui n'ait étë indiqué dans les fractures en général.
Les l«iLation« des edies et du •iernam sont fort rares, nous ne faisons que les signaler.