I. - PLAIES MON PÉNÉTRANTES
Les plaies non pénétrantes de Tabdomen peuvent être produites par divers instruments piquants^ tranchants^ contondants, et par les projectiles de guerre.
Ces plaies présentent les mêmes phénomènes que celles des autres régions. Elles sont sujettes aux mêmes complications. Deux points méritent d'être signalés :
io Parmi les complications , il n'est pas rare d observer la péritonite , surtout à la suite des plaies contuses, qui se compliquent d'abord de phlegmons.
i9 Lorsqu'une de ces plaies avec perte de substance est cicatrisée , la cicatrice présente moins de résistance que la portion de paroi absente, et il n'est pas rare de la voir soulevée par l'intestin sous forme de hernie ventrale.
n. - PLAIES PÉNÉTRANTES.
B&ABieB dn audade. — Il faut se comporter ici avec la même prudence que dani rexamen des plaies pénétrantes de poitrine ; c^est-à-dire se borner à cpnstater le iiéfe, \M/orwie, la direction , V étendue de la plaie, pratiquer avec ménagements la palpatitn et \9^perc¥mon de TaMomen , tenir compte des symptômes généraux , de ceux qui •ont propres à la lésion de tel ou tel viscère ; mais ne jamais chercher à s*auurer par VexplonUion directe si la plaie est pénétrante ou non,
n Ta sans dire que l'issue d*un viscère ou l'écoulement par la plaie de matières fécales, d'urine, de bile, etc., établit d'emblée le diagnostic.
A l'exemple de la plupart des chirurgiens, nous considérerons comme plaies pénétrantes non-seulement celles qui perforent le péritoine, mais
encore toutes celles qui intéressent un viscère non recouvert par la séreuse, comme le rein.
Une plaie par instrument piquant, tranchant, ou par arme à feu, intéresse les parois abdominales; est-elle pénétrante? Dans certains cas, on ne saurait se prononcer sur l'état de la plaie. Quelquefois on peut soupçonner la pénétration, et, souvent même, il est possible de l'affirmer. On doit arriver au diagnostic par des symptômes en dehors de toute exploration chirurgicale , car celle-ci est nuisible. On comprend , en eifet. qu'un stylet, qu'une sonde cannelée, introduits dans une piqûre, peuvent détruire des adhérences salutaires qui commencent à se former.
On ne peut se prononcer sur Tétat de la plaie si le malade ne présente aucun symptôme particulier ; mais on aura le droit de soupçonner une plaie pénétrante, s'il y a syncope, refroidissement des extrémités; si le pouls devient petit, misérable; si le ventre se ballonne; s'ily a des vomissements, et surtout une teinte ictérique du visage.
Enfin , l'issue d'une portion de viscère ou d'épiploon , de matières intestinales, d'urine, de bile, etc., ne permet pas la moindre hésitation.
Il est évident que le doute pourra exister, surtout danslecas de piqûre; mais les plaies par instruments tranchants n'en laisseront pas subsister , car elles permettent d'établir un diagnostic immédiat.
Traitement.
Lorsqu'on est appelé à traiter une plaie pénétrante abdominale, les efforts doivent tendre à prévenir les complications qui peuvent survenir, et à conjurer celles qui existent au moment de l'accident.
S'il s'agit d'une piqûre , on tiendra le malade au repos, et on le condamnera à l'immobilité ; on lui donnera peu d'aliments ; on évitera surtout de sonder la plaie. C'est ainsi qu'on éloignera la péritonite , les hémorrhagies, etc.
Si la plaie est faite par un instrument tranchant , on se comportera de même , à moins que l'issue d'un viscère ou un autre accident immédiat ne réclame un traitement particulier. Si la plaie est un peu longue et que les viscères tendent à sortir , on fera une suture qui comprendra la peau et le plan musculaire sous-jacent.