‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 5 sur 317 · II. - LUXATIONS DES VERTÈBRES · texte numérisé non relu

II. - LUXATIONS DES VERTÈBRES

Variétés et 0iéir«- — Ces luxations sont rares. Elles présentent de particulier (|u'elles sont toujours incomplètes, car une luxation complète supposerait une séparation totale de la colonne vertébrale en deux fragments, isolés l'un de l'autre, lésion qui ne saurait être compatible avec la vie que dans des cas exceptionnels.

Les luxations des vertèbres accompagnent souvent la fracture de ces os. Les vertèbres dorsales et lombaires se luxent très-rarement. Il en existe neuf cas dans la science, un publié par Robert, et huit réunis par M. Richet dans sa thèse de professorat (1851). C'est à la région cervicale qu'on observe ces luxations , le plus fréquemment à la partie inférieure de cette région, au niveau des cinquième et sixième vertèbres cervicales. il est fort rare de voir des luxations de V occipital sur l'atlas (3 cas), et de ïatlas sur l'axis (quelques cas seulement).

Causes et mécanisme. — 1^ Une violence extérieure considérable , portant en arrière sur l'occipital, peut luxer en partie l'occipital sur l'atlas. L'un des condyies quitte l'atlas , se porte en avant; le canal rachidien est

rétréci, et le bulbe comprimé. Les ligaments sont déchirés du côté du déplacement.

2® L'atlas peut se luxer sur l'axis, à la suite de chutes sur la lete, d'un coup sur la nuque , et surtout d'une torsion violente du cou avec traction. L'atlas tourne autour de l'apophyse odontoïde, les ligaments latéraux sont déchirés, et les surfaces articulaires de l'atlas et de l'axis ne sont plus en rapport.

3<^ Les dernières vertèbres cervicales se luxent à la suite de chutes sur la tête ou de la pression exercée par de lourds fardeaux portés sur la tête, ou bien dans un mouvement de rotation forcée, avec inclinaison latérale. Ordinairement , la vertèbre supérieure glisse au-devant de celle qui est au-dessous {Itixation en avant) ; les ligaments sont déchirés en partie ou en totalité. Si le déplacement est plus marqué d'un côté, l'une des apophyses articulaires reste en place, l'autre se déplaçant seule {luxation latérale). Dans un seul cas, on a vu la vertèbre supérieure se porter en arrière (luxation en arrière).

Dans les cas rares où les vertèbres dorsales ou lombaires se sont luxées, il s'agissait de violences extérieures: pressions, chocs considérables.

SjmptôBies. Marehe. Terminaison. — 1» Lorsque la luxation existe au niveau de l'atlas et de l'axis , on constate une position vicieuse de la tête : inclinaison , rotation, etc. , en rapport avec la variété de déplacement. Presque toujours, le bulbe est comprimé, et, dans les cas oii la mort n'est pas amenée subitement par cette compression , elle survient rapidement au milieu de symptômes nerveux (paralysies, troubles de la respiration, etc.).

2o Dans les luxations des cinq dernières vertèbres cervicales , si la luxation se fait en avant, la tète est souvent fléchie, l'extension impossible; le malade ressent une douleur qui part du siège de la luxation, et qui descend plus ou moins vers la partie inférieure de la colonne. Il y a, en aiTière, une saillie produite par l'apophyse épineuse de la vertèbre restée en place ; le doigt introduit dans le pharynx permet souvent de constater la saillie de la vertèbre luxée; fréquemment, la moelle est comprimée, et l'on constate de la paraplégie.

Si la luxation est latérale, il est facile de prévoir quels seront les symptômes, dont le principal , lorsqu'on l'observe, est la brisure de la ligne verticale formée par les apophyses épineuses. La luxation en arrière présente les phénomènes inverses de celle qui se fait en avant.

30 Dans tous les autres cas, les symptômes sont tellement semblables à ceux des fractures de la colonne vertébrale , qu'il est très-facile de confondre ces deux sortes de lésions.

Il est rare que ces luxations guérissent; le plus souvent, elles amènent la mort au bout de quelques heures ou de quelques jours, par suite de la compression de la moelle; et nous savons que les lésions de cette portion des centres nerveux sont d'autant plus graves qu'on se rapproche davantage de la partie supérieui*e de la colonne. (Voy. Fractures de la

Page 1