IV. - INCONTINENCE DURINE
On donne ce nom à l'écoulement involontaire de l'urine.
On en distingue trois espèces : 1» l'incontinence par paralysie du sphincter; 2» l'incontinence par regorgement; 3° l'incontinence nocturne.
t* ■■«•nilBenee par paraljale du «phlncter. — Dans cette espèce
d'incontinence, l'urine ne s'accumule pas dans la vessie, elle s'écoule à l'extérieur, à mesure ({u'elle sort des uretères. Elle existe non-seulement dans les paralysies du col, mais encore toutes les fois qu'un obstacle : tumeur^ corps étranger, etc., empêche l'occlusion du col.
Les lésions traumatiques du col : contusion, dilatation forcée dans les opérations, pression par la tête de l'enfant pendant l'accouchement, etc., déterminent cette variété d'incontinence.
La prostate hypertrophiée, en maintenant le col ouvert, peut causer une incontinence d'urine.
Si* ■■«•nilnenee par regorgement. — Nous avons déjà expliqué ce phénomène qui accompagne la paralysie du corps de la vessie. Cet organe se laisse distendre, mais, à un certain moment, la résistance du sphincter est vaincue; la vessie, toujours pleine d'urine, laisse écouler, pour ainsi dire, le trop plein. Un peu d'attention suffira pour ne pas confondre cette incontinence avec les fréquentes émissions d'urine qu'on obser^'e dans la cystite, ou avec l'écoulement de l'urine qui s'accumule en arrière d'un rétrécissement de l'urèthre, et qui s'écoule entre deux mictions.
a* ■■«•■UneBee ■•eiarne. — La vessie se remplit d'urine, l'excitation est portée au centre ner\'eux ; il y a action réflexe, et la vessie se vide, le plus souvent sans que le malade ait ressenti le besoin d'uriner. L'émission de Furine se fait, généralement, pendant la nuit. Souvent le malade est réveillé par le contact des draps humides.
Cette maladie peut se montrer à tous les âges ; elle est fréquente surtout chez les enfants. On n'en connaît pas la cause ; Trousseau la considérait comme une névrose; il est probable ([ue c'est sa véritable nature.
L'incontinence nocturne n'entraîne jamais d'accidents fâcheux; c'est une infirmité désagréable, (pii disparaît quehpiefois. mais non toujours, à l'époque de la puberté.
202 PATHOLOGIE GHIRURGIGALE.
Le traitement est celui des névroses. On a eu recours à une foule de moyens; Thydrothérapie , l'exercice, le changement d*air, sont d'un grand secours. La noix vomique et la belladone ont procuré de nombreuses guérisons.
1<> Traitement par la noix vomique. — Tous les matins, faire prendre au malade une des pilules suivantes :
V Oxyde de fer noir 4 grammes.
Extrait de noix Tomiqne. . . . 0,40oentîgr.
M. pour 24 pilules. (Mondière.)
On continue ce traitement pendant un à deux mois. Si l'amélioration ne se montre pas, on peut prescrire 0,60 cent, d'extrait pour le même nombre de pilules.
2o Traitement par la belladone, (Trousseau.)
Ttf Extrait alcoolique de belladone. . 1 gramme. Excipient et poudre inerte. ... Q. S.
F. 100 pilules d'un centigramme.
Si l'enfant ne peut prendre de pilules, on peut dissoudre l'extrait dans un peu d'eau, et le mélanger à du sirop simple, de manière à ce qu'une cuillerée à café de sirop renferme un centigramme d'extrait.
On fait prendre une pilule par jour pendant la première semaine, puis deux par jour la semaine suivante, etc., en augmentant d'une pilule par semaine. Généralement, au bout de ce temps, il y a une amélioration ; l'enfant ne mouille plus son lit; puis il y a récidive. Alors, on augmente de nouveau la dose d'un centigramme. On peut aller ainsi jusqu'à 15 et 16 centigr., s'il n'y a pas d'accidents. Il faudrait se garder d'interrompre le traitement pendant plusieurs semaines, et même pendant plusieurs jours, et de prescrire ensuite une forte dose. Dans ces cas, on recommence le traitement.
Si le malade guérit, il ne faut pas cesser brusquement l'usage de la belladone; on diminue insensiblement d'une pilule tous les deux ou trois jours. Ce traitement, souvent efficace, peut durer huit mois.