‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 93 sur 317 · IL — FONGUS DU TESTICULE · texte numérisé non relu

IL — FONGUS DU TESTICULE

On appelle fongus du testicule une tumeur prenant naissance sur le testicule, végétant à la manière des fongosités, et résultant d'un travail inflammatoire.

Caases. ~ Le fongus est consécutif à l'inflammation. Il se développe sur le testicule, dans le cours d'une orchite, après une contusion, après une plaie du testicule, autour de tubercules ramollis. Il peut se montrer toutes les fois que la tunique albuginée présente une solution de continuité, ulcéreuse ou non.

Le fongus est rare ; ordinairement un seul testicule est affecté.

ABatemie patholo^riqne. — Lorsque la production inflammatoire débute à la surface du testicule, on l'appelle fongus superficiel. Le fongus parenchymateux prend naissance dans l'épaisseur de la glande, d'où il sort en traversant la tunique albuginée.

IjSl masse morbide est ferme et mamelonnée, tantôt rougeâtre, tantôt noirâtre, selon la ({uantité de sang que renferment les vaisseaux des fongosités. Cette masse se confond insensiblement avec un point de la tunique albuginée ou avec la substance même du testicule, selon qu'on a affaire à un fongus superficiel ou à un fongus parenchymateux. La substance du fongus est très-vasculaire; elle présente la structure des bourgeons charnus.

Le testicule est quehiuefois complètement détruit par la tumeur. Lorsque celle-ci se développe et qu'elle est encore contenue dans les Fort. — Path. et Clin. chib. — t. ii. U

bourses, elle détermine souvent la formation d'une hydrocèle symptomatique. Dans bien des cas, elle ulcère les enveloppes du testicule pour bourgeonner à l'extérieur.

Hympidnieii. DiairnoBiic. — Le début est lent. 11 n*y a jamais de symptômes généraux , il n'y a que des symptômes locaux. Une tumeur peu douloureuse, sans symptômes inflammatoires, présentant une surface un peu bosselée, se forme sur le testicule. Elle augmente insensiblement; la peau rougit, s'amincit; il se fait une ulcératioiuii travers laquelle passe la substance du fongus. Les mamelons fongueux sortent par cette ouverture et bourgeonnent de manière à former une nouvelle tumeur, réunie à la masse fongueuse profonde par une partie étranglée au niveau de l'ulcération. Le fongus ne dépasse pas, ordinairement, le volume du poing. Il gêne par son volume et par son poids, mais il n'est pas le siège de douleurs spontanées. Lorsqu'on le presse, on y développe une sensibilité caractéristique, que Jarjavay comparait à celle (|ui se produit lorsqu'on comprime un testicule sain, mais (|ui ressemble bien mieux à la douleur d'une orchite légère. Il ne se fait pas d'hémorrhagie à la surface de l'ulcère.

Ces caractères sont très- accentués; aussi n'est-il pas facile de confondre le fongus avec les autres tumeurs du testicule. Nous reviendrons, du reste, sur ce diagnostic.

PronoKiic. — L'affection n'est pas très-grave; elle est toute locale.

Traiiemeiii. — Une médication interne n'amène aucun résultat. La castration est inutile. Il sufiit d'exciser la partie fongueuse, et de cautériser la plaie avec le fer rouge. La tumeur ne se reproduit pas.

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