X. Ulcérations, ulcérations gangréneuses
XL Névroses, afiéctions de la peau qui, sans altération de texture
CLASSIFICATION DES MALADIES DE LA PEAU
apparente de la peau, sont constituées par un trouble des fonctions des nerfs de la peau ;
Xll. Dermatoses parasitaires , provorpiées par des parasites végétaux ou animaux, ainsique les affections cutanées qui s’y rattachent.
Les classes établies par ce système ne constituent nullement des groupes de maladies nettement séparées les unes des autres au point de vue anatomopathologique. 11 est impossible, en effet, d'établir des limites de ce genre quand il s’agit de processus nutritifs. De l’hyperhémie à l’inflammation, de cette dernière à la néoformation, à l’hyperplasie, à la gangrène et à l’atrophie, on peut observer une série de modifications intermédiaires. Mais les processus les plus saillants se distinguent néanmoins par des signes cliniques très nets. La classification basée sur ces signes a donc une importance scientifique et pratique évidente.
Les limites imposées par des caractères anatomopathologiques permettent déjà de séparer les maladies de la peau en groupes naturels. En effet, ces caractères constituent la partie essentielle des manifestations cliniques, com me on a pu le voir par la symptomatologie générale. Mais les relations naturelles qui existent entre ces deux ordres de symptômes sont également corroborées par l’ensemble des caractères relatifs à la marche, à l’étiologie et à diverses circonstances de tout ordre. En se basant sur ces relations naturelles, on peut, dans le cadre de chaque grande classe de maladies cutanées, établir encore de petits groupes naturels.
On n’est pas en droit, quand on prend la clinique pour base, de rayer le groupe des h^'perhémies, d’ignorer les processus inflammatoires; on ne saurait, par la même raison, s’abstenir de considérer l’exsudation comme un des signes caractéristiques d’un groupe d’états pathologiques, oublier l’anémie, ou ne pas étudier les ulcérations séparément. J’admets volontiers qu’on peut établir une série de groupes isolés plus conformes ànos connaissances cliniques et anatomiques actuelles. Vous rencontrerez donc un nombre déterminé de modifications dans notre système, modifications qui iront sans doute en augmentant dans la suite. Quant à changer les principes de la classification d’IIebra, il ne faut pas y songer avant d’avoir transformé de fond en comble la pathologie générale (1).
(1) Cette dernière remarque donne, inrplicitement, ce que l'on pourrait appeler la morale des discussions relatives aux classifications des maladies de la peau. Toute prétention qui vise un système complet et définitif de classification des maladies de la peau est vaine ; pour classer véritablement des maladies, il faudrait les connaître dans leurs
132 SIXIÈME LEÇON
Nous pouvons aborder maintenant l’étude de la pathologie spéciale des maladies cutanées.
qualités essentielles et certaines ; or, telle n’est pas la situation des choses; les tentatives de Auspitz,de Schwimmer, etc., sont, pour le moins, prématurées, et la révolution qui s’opère, à ce moment même, dans l’histologie pathologique à l’occasion de la science nouvelle des microbes, montre bien sur quelle base fragile reposent toutes les systématisations. Hier, rien ne semblait plus solide que de classer les maladies d’après leurs caractères anatomomicroscopiques ; mais voilà que les lésions elles-mêmes passent au second plan et que l’on poursuit la recherche de l’agent spécifique microbiologique, qui est lui-même infiniment plus élevé hiérarchiquement et plus important que la lésion qui lui est subordonnée. Quel progrès, mais aussi quel bouleversement dans l’histoire de la lèpre et de la tuberculose par exemple, depuis les 'découvertes de leur microorganisme ! Il faut donc ne considérer les classifications en dermatologie que comme des formules d’ordre et de catégorisation nécessaires pour l’étude et pour l'enseignement, mais ne leur accorder que la valeur relative et temporaire que comporte l’état actuel d’une science incessamment en révolution, et ne pas s’attarder, dans un système de dermatologie élémentaire et pratique, à des dissertations dont l’intérêt est purement philosophique,
Ernest Besnier. — A. Doyon.