‹ Pathologie interne (volume 2)Chapitre 66 sur 96 · I. — Strongylose trachéale et bronchique · texte numérisé non relu

I. — Strongylose trachéale et bronchique

Sous le nom de tubercules vermineux ou de '^trongylose. nous désignons une affection parasitaire, essentiellement

caractérisée parla production de tubercules aplatis et rudes, de petites tumeurs ou même de simples bourgeonnements rougeâtres sur les muqueuse trachéale et bronchique. Cette strongylose, d'ailleurs très rare,est produite par le Sfrojîgfy/HS canis broncliialls, appelé encore Filaria Osleri.

Quelques auteurs seulement ont signalé cette affection. Les uns la décrivent sous le nom de papillomes de la trachée (Nocard, Cadiot); les autres, plus explicites, la désignent par l'expression de tubercules vevmineiix ou de bronchite vermineuse [Renault, Rabe, Blumberg, Dorochenko (1)].

Étiologie. — Dans tous les cas, la maladie estd'origine parasitaire. Elle est déterminée par un nématode du genre Filaria, ver filiforme, très petit, qui se présente sous l'aspect de Glaments blanchâtres ou marbrés. La biologie du parasite n'est pas connue.

Anatomie pathologique. — Les lésions sont essentiellement variables dans leur siège et leur nature histologique.

Le plus souvent, elles siègent sur la muqueuse trachéale; plus rarement, on les rencontre au niveau de la bifurcation de la trachée, dans la portion thoracique; exceptionnellement, elles envahissent les grosses divisions t)ronchiques.

Ce sont ordinairement des tubercules aplatis et durs, du volume d'un grain de mil ou de sable, quelquefois d'un pois; ils sont gris rougeàtre, et leur surface est verruqueuse ou légèrement chagrinée. Leur nombre varie beaucoup ; on les trouve groupés sur une surface peu étendue.

Ces tubercules renferment des filaments blanchâtres enchevêtrés, constitués par les parasites. Dans beaucoup de ces tubercules, on ne trouve aucun ver. La plèvre est souvent épaissie, fibreuse au niveau de ces productions parasitaires.

On constate aussi des lésions d'anémie et de cachexie.

(1) Dorochenko, Revue générale, 1906, p. 637, t. II. (Il y avait sous la muqueuse trachéale dix nodules de la grosseur d'un grain de mil renfermant chacun un embryon de filairc.)

STROXGYLOSES. 'Ml

Symptômes. — Les symptômes sont assez caractérisliqiifs. Ils consistent en accès dyspnéiques fréquents, séparés par des moments de calme. Pendant ï inspiration, on entend un léger sifflement, et, pendant l'expiration, un bruit rauque très accusé ; ces accès précèdent quelquefois uri vomissement glaireux.

C'est ce bruit rauque et cette dyspnée intense qui permettront de différencier l'affe-Mion papillomateuse de Vadénopathie bronchique. Quand les tubercules sont très nombreux dans le poumon, on observe alors une toux courte et rauque, des signes de broncho-pneumonie avec faiblesse du train postérieur et quelques convulsions.

Cet état peut durer ainsi plusieurs mois. Très souvent, on n'observe aucun symptôme appréciable, et la découverte de l'affection est une surprise d'autopsie. Lorsque les lésions sont peu étendues et les filaires enkystées, lugucrison est possible; les symptômes apparus, à la période d'invasion, sont susceptibles de s'atténuer et même de disparaître.

On conçoit dès lors que la maladie soit méconnue pendant la vie.

Traitement. — Le traitement est peu important et exclusivement symptomatique. On combat la toux et la dyspnée par les opiacés.

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