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CARNIVORES

Définition. — Léchinococcose péritonéale des carnivores constitue généralement ubo maladie secondaire, c'est-à-dire consécutive à la rupture d'un kyste hydatique développé, primitivement, dans un organe de l'abdomen, principalement dans le l'oie.

f.chinococco>;e. 393

Cotte maladie signalée par Hartmann. Reimann (4), Neumann (2). Pécard (3) n'est pas très rare; nous l'avons observée chez le chat : mais l'absence de toute tète dans les kystes nous a empêché de rattacher ceux-ci à leur véritable cause (lig. 1:23 .

Étiologie et pathogénie. — Considérés pendant longtemps comme des parasites aberrants, issus directement du tube digestif comme ceux du foie. les kystes hydatiques du péritoine résultent d'une infestation secondaire.

On a fréquemment constaté, chez l'homme, que la r;ipture des kystes du foie ou de la rate est suivie de greffes péritonéales secondaires. Divers expérimentateurs (Lebedelï et Andreetf. von Alexinsky, Riemann, Gourine) ont montré que l'injection, dans le péritoine, de vésicules lîlles ou de scolex peut donner des résultats positifs et aboutir à la formation de kystes hydatiques ; Devé s'est particulièrement attaché, par l'analyse des fait cliniques et par de nombreuses expériences, à fournir la preuve de l'origine secondaire des kystes hydatiques du péritoine. Il a constaté, d'une façon à peu près constante, que les scolex et les vésicules filles injectés dans le péritoine du lapin, s'y développent et donnent naissance à de nouveaux échinocoques.

Cet ensemencement se produit naturellement chaque fois qu'un kyste primitif du foie vient à s'ouvrir dans la cavité abdominale sous l'influence d'un traumatisme, d'une ponction, etc. Cette nouvelle infestation parasitaire mérite bien le nom d'échinococcose secondaire, beaucoup plus grave, plus étendue que la première, car la rupture d'un kyste hydatiqiie abdominal (foie ou rate) jette, d'un coup, dans le péritoine des milliers de germes (i qui forment les

(1) R. Reimann, /ye(//.<c/(. Zeitschr. f. T/tirrmfrl. u. very/i. Piitkologii>, 1884, et in Neumann. Revue vet.. 18S0.

(2) G. -Neumann, Itevue vét.. )SS6.

(3) Pécard, Société centrale. 19ii6. p. "lOl.

(4) Tabusco. Kchinocfjques de la rate die/ le chien (Arcltiv. délia R. Soc. et Aec. vét.ital.. 1005).

394 PKRITOINE.

iiiilliors (le kysles signalés dans toutes les observations. Cette multiplicalion continue quand les kystes péritonéaux pourvus de l(H(' sout rupliu-és à leur t(tur [)iir de nouvelles ponctions : il se [iroduil de nouvelles gretlVs, comme en témoignent les expériences de Péeard (4) et

V\g. !-•!. — Kchiilucuqiies.

1. grou])e d'échiiioco([ues cn<-orc udliérciits à la mcmln-.iiie gennin.ile par un funicLile, grossi 40 fois; '■2, échinocoqtie grossi 107 fois: la tote est imaginée à l'intérieur de la vésicule caudale ; il existe un funicule ; 3, le même comprimé, la tète rétractée, les ventouses, les crochets et les corpuscules calcaires sont apparents à l'intérieur; 4. échinocoque grossi 107 fois ; la tête est sortie de la vésicule caud^ile ; .">. couronne de crochets grossie 330 fois.

ré(diinococcose tertiaire l'ail suil(> à l'écliinococcose secondaire.

On comprend l'acilenicnl aiusi i'euvahisseniciit prodi-

(I) Immédiatement après avoir sacrifié lanimal malade, unedizaine de vésicules entièn.'s ou rompues, riches en scole.\, ont été déposées, par une laparotomie, dans le ventre de deux chiens. Ces deux sujets n'ont, dans la suite, jirésenté aucun trouhle. L'un d'eux a été saciilié le ~> novembre, soit 43 jours seulement après l'opération. L'épiplot)U renfermait de nombreuses gianulations miliaii'es avant déjà la constitution feuilletée de l'échinocoque. Ces jeunes gi'ell'es auraient certainement donné des kystes hydatiques bien développés.

ÉCIILNOCUCCUSE 395

gicux (le la cavilé péritonéale des animaux, inleslcs.

Anatomie pathologique. — Les lésions siègent à la fois à la surlace du loie, de la rate, dansTépiploon, les mésentèi-es, dans le cul-de-sac vésico-rectal, à la face postérieure de la paroi abdominale.

La cavité abdominale est littéralement bourrée de kystes hydatiques de toutes dimensions au milieu desquels disparaissent les organes splanchniques. D'innombrables grappes d'hydatides recouvrent les lobes du foie ou sont attachées aux mésentères, à Tépiploon, à la vessie, à la rate ; on peut en trouver plus de 3 000 (Reimann), de 100 000 (Neumann).

Leur grosseur est très variable ; on eu trouve de la dinu^nsion d'un œuf de poule ou même du poing; entre elles, on en observe, beaucoup, dont le volume varie de celui d'une tète dépingle à celui d un pois ou dune noisette. Par places, la séreuse, pariétale et diapbragmatique, est recouverte de granulations miliaires, translucides ou blanchâtres rappelant les lésions de la péritonite tuberculeuse. Ce sont de petites vésicules en voie d'évolution et enveloppées d'une coque fibreuse plus ou moins épaisse. Ces dernières altérations, d'ailleurs assez fréquentes chez l'homme, sont connues sous le nom de pseudo-tuberculose cchùtococciquc.

Enfin, un assez grand nondire d'échinocoqucs dont les dimensions varient de celles d'un grain de mil à C(dle3 d'une noix, sont entièrement libres au milieu de la cavité péritonéale. Leur paroi, parfaitement lisse, est translucide. d'une teinte laiteuse et parait tachetée de grains blancs (vésicules proligèrcs) situés à sa face interne. Celle des échinocoques enkystés est plus opaque, assez épaisse, nettement doublée par places de tissu fibreux formé aux dépens de l'épiploon et des mésentères. Sur la coupe, ou retrouve toujours la constitution lamelleuse, bien connue, de la cuticule échinococcique.

Les vésicules renferment un liquide clair et limpide

PERITOINE.

comme de Tean, tenant en suspension une fine poussière, Ibrnice de vésicules proligères et desrolex isoles (sable échinococcique), qu'on obtient également en grand nombre en raclant leur l'ace interne. Quelques-unes n'en contiennent cependant que de rares écbantillons et, il en est même qui en paraissent complètement dépourvues.

Il n'est pas très rare de ne rencontrer que des acéphalocystes dans l'échinococcose péritonéale (fig. dSi).

Ces parasites sont une cause d'irrilation chronique ilu péritoine.

Symptômes. — L'ascite est la principale manilestalion

Vc(''|ih;ilorystes

de ces invasions parasitaires : le ventre est volumineux, tendu, élastique, insensible à la pression: l'animal s'essouffle au moindre efi'ort. (3n ne constate rien d'anormal du côté du cœur ; on trouve seulement des traces d'albumine dans l'urine.

Lu ponctio)i seule peut permettre de reconnaître celle forme d'ascite : le liquide qui s'écoule par l'ouverture d'un fort Irocart renferme des débris de vésicules cystiques dans lesquelles on peut reconnaître des scolex(Pécard).

La maladie poursuit son évolution et se termine inévifablement par le marasme et la mort.

Traitement. — On ne possède aucun moyen de faire disparaître ces ])arasites de la cavité abiloiniiuile.

CYSTICERCOSE. 397

ARTICLE IV. — CYSTICERCOSE I. — RLiMIXAXTS ET PORCS.

Caractères. — La cjsticercose résulte, comme nous lavous vu, de rinvasion du foie et du péritoine par les larves du Taenia marginata, appelées cysticercus tenuicollis. Ce cysticerque acquiert dans le péritoine des ruminants et du porc le volume d"un œuf de pigeon ; il offre l'aspect d'une ampoule blanchâtre, munie d'un prolongement analogue au goulot d'une bouteille. On le désigne dans les abattoirs sous le nom de « houle d'eau ».

Chez les jeunes animaux, il est une cause importante d'hépatite et de péritonite quand l'infestation est très intense.

Traitement. — Le traitement ne peut être que préventif: il consiste à empêcher le développement de ce taenia. Toutes les viandes contenant des cjsticerques, ainsi que les viscères, au lieu d'être abandonnés aux chiens, devraient être détruits ; le chien, ne les mangeant pas, ne sèmerait plus les œufs du ténia adulte et ces œufs ne contamineraient plus les animaux qui mangent l'herbe souillée.

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