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II. — CHIEA

Étiologie et pathogénie. — L'ictère catarrhal du cliieii est une maladie infectieuse caractérisée par la rétention

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relative de la bile, déterminée par une obstruction mucoôpithéliale du cholédoque icholédicite). des fins canalicules hWia'ives (angiochoUte). ou par une exagération de la sécrétion biliaire et la production de pigment (ictère pléiochromique, polycholie pigmentairé) avec dislocation de la travée hépatique (/"o/e infectieux). Le cholédoque est ordinairement indemne.

I. Sa nature infectieuse est établie par son étiologie {séjour dans les marais, maladie du jeune âge. ingestion deau corrompue, etc.). C'est une maladie à caractère saisonnier, commune au printemps et surtout en automne.

La jaunisse se montre quelquefois avec les allures dune maladie infectieuse, frappant en même temps un grand nombre de jeunes chiens, alors que ceux qui sont retirés •fies chenils infectés et envoyés à la campagne restent indemnes (1).

Les germes qui la déterminent, intéressent isolément ou ■simultanémeuttouslessegments du tractus biliaire, depuis lembouchure du cholédoque jusqu'à la cellule hépatique inclusivement.

L"infection s'effectue tantôt par le cholédoque, tantôt par la veine porte : dans le premier cas, l'obstruction mécanique est apparente, le cholédoque et ses principaux ramuscules sont tuméfiés et rétrécis ; dans le second, elle est microscopique, intralobulaire, les cellules hépatiques tuméfiées et bouleversées sécrètent une bile plus épaisse.

IL Aux ictères par rétention mécanique précédés et accompagnés d'une gastro-duodénite avec inflammation du cholédoque, il faut opposer les ictères par irritation de ia cellule hépatique avec désagrégation du lobule. Ce sont les plus nombreux chez le chien. Ici. l'élément morbigène agit sur la cellule qui sécrète plus de bile et surtout plus de pigment, comme en témoigne le liquide épais, foncé qui remplit la vésicule biliaire.

(I) Hoare, The velerinary Record, 190.5.

Si l'on presse sur elle, ce liquide s'écoule lentement par le cholédoque demeuré libre. Les lésions de la gastro-duodénite, de la cholédicite, de ïangiocholite font entièrement défaut: ces canaux sont demeurés perméables ; l'altération exclusive consiste dans Tépaississement de la bile et l'ordination des cellules hépatiques. Le parenchyme hépatique est dissocié ; chaque cellule est isolée, indépendante, de forme irrégulière et orientée dans des directions très variables. Ces dispositions anormales en treillis, au lieu d'être en canaux, ralentissent considérablement l'écoulement de la bile par les canalicules biliaires intralobulaires. Elle se résorbe, s'épaissit par hypersécrétion de pigment (polycholie pigmentai re) et n'arrive plus qu'en minime quantité dans l'intestin.

III. L'hypersécrétion de bile et de pigment esl un phénomène justiciable de l'infection microbienne ou toxique des cellules hépatiques. Les produits microbiens excitent sans doute la terminaison des filets nerveux dans les cellules hépatiques, d'où résultent des phénomènes locaux de vaso-dilatation, d'œdème, d'écartement des cellules hépatiques, de destruction de globules rouges et d'exagération dans la formation des pigments biliaires.

La porte d'entrée de l'agent pathogène n'est pas toujours la même chez le chien; c'est par la voie gastro-intestinale que l'infection se produit ordinairement. Selon toute probabilité, c'est aux microbes de la suppuration et de la.sepliccmie ou à un microbe qui vit à l'état de saprophyte dans les matières en putréfaction et dans les eaux impures qu'est due l'affection. Cet agent pathogène infecte l'estomac, le duodénum, le cholédoque, parfois tout le tube digestif, le foie et, même l'appareil circulatoire, par lintermédiaire du système porte.

Quel est ce microbe ? Le bacillus coli commune a été particulièrement incriminé par Boschetti et par Chierici qui l'a retrouvé dans les nombreux cas qu'il a étudiés. Ce bacille, susceptible d'envahir le sang avant la mort de l'animal, est

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un niicroho court, de longueur variable de 1 à 3 ;j., large de 0;x, 5 à 0;-»., 8, à extrémités arrondies très mobiles ; on le trouve souvent accouplé deux à deux ; il ne résiste pas au Gram. Cultivé dans le bouillon, il diminue de dimensions et prend la forme ovalaire : il est pourvu de cils longs et flexueux.

L'inoculation de ce bacille, au chien, ne reproduit généralement pas l'ictère ; mais on réussit quelquefois chez les chiens en état de réceptivité (Chierici).

Il est assurément la principale cause de la gravité de l'ictère du chien et revendique ses principaux symptômes. On le retrouve, dailleurs, abondamment dans la bile et il pullule dans la pulpe du foie des chiens morts d'ictère infectieux.

Si ce microbe est le seul ictérigène, ce qui est douteux, son introduction dans l'organisme est assujettie à des influences individuelles et à des influences extérieiu"es. -

Tous les chiens n'y sont pas également sujets ; leur réceptivité dépend d'un gi-and nombre de conditions qu'il faut connaître.

lo Influences individuelles. — L'àije joue un rôle prépondérant. Les jeunes animaux sont le plus souvent affectés. Sm* 17 chiens ictériques, 1-i étaient âgés de trois à dix-huit mois (Trasbot). Pourtant les animaux plus âgés n'y sont pas réfractaires : l'ictère grave se montre sur les chiens de quatre à cinq ans et même davantage.

Le choc moral violent peut, chez le chien comme chez l'homme, provoquer l'ictère.

« U. Leblanc et Trasbot ont remarqué que chez les animaux très affectueux et très fidèles. Yennui. le chagritt résultant de l'absence du maître, chez les animaux méchants et agressifs, les combats auxquels ils se livrent, les mauvais traitements, peuvent déterminer l'ictère. » Pour expliquer les faits de ce genre, on a admis un spasme réflexe du cholédoque équivalant à la ligature de ce conduit, d'où le nom, souvent employé, d'ictère spasmodique.

En réalité, ce spasme réflexe <lu choléiloque n"est nulloiiient prouvé, et Ton a peine à comprendre sa persistance.

Il est plus probable que sous l'influence de l'excitation des centres nerveux corticaux, les vaisseaux de l'abdomen, se distendent et qu'il y a une hypersécrétion biliaire comparable à la polyurie nerveuse.

Toutes les gastro-dnodénites, et principalement celles qui relèvent de la maladie du jeune âge, peuvent se compliquer d'ictère catai-rhal.

Les entérites localisées comme celles qui résultent de l'obstruction de l'intestin par des corps étrangers (noyaux de pèche, caoutchouc), se compliquent généralement d'infection hépatique et d'ictère urinaire.

Au nombre des causes de cette maladie, on signale encore l'abus des vomitifs, des purgatifs et de tous les produits qu'on a l'habitude de donner aux animaux contre la maladie du jeune âge. Cette influence est généralement insuffisante ; nous avons fait vomir divers chiens pendant huit jours de suite sans déterminer la moindre manifestation ictérique ; elle peut devenir active chez les animaux dont le duodénum est peuplé de germes phlogcgènes capables d'évoluer dans le cholédoque.

Quelques auteurs pensent que les parasites jouent un rôle dans le développement de l'ictère ; mais la plupart des chiens ont des helminthes dans le tube digeslif et ne présentent aucun trouble appréciable des fonctions hépatiques.

Les causes mécaniques de rétention biliaire sont : les corps étrangers, les calculs, les parasites, les caillots sanguins qui obstruent le cholédoque, les tumeurs [sarcome de l'ampoule deVater (Petit) (1); cancer du pylore (Eberlein)]. qui compriment le cholédoque; les néoplasies du pancréas, ou des ganglions du voisinage du hile qui déterminent l'occlusion des principaux canaux biliaires, la thrombose

(1) G. Petit, Sai\'onie de l'ampoule de Vater et ictère par rétention chez «Jne chienne (Société centrale, 1904).

OU la compression de la veine porte, la pyléphlébite de ce vaisseau : l'hypertrophie de la rate (De Jong) ; mais ces diverses influences produisent de l'ictère secondaire symptomatique à forme chronique, qui n'offre ni la physionomie, ni l'évolution de l'ictère catarrhal infectieux.

2» IxFLUENXEs EXTÉRIEURES. — L'iuvasiou dcs agents ictérigènes est favorisée parles influences extérieures.

D'abord, l'ictère affecte généralement un caractère saisonnier eiépidémique. Cette affection présente de véritables bouffées en automne, plus rarement au printemps. Quelle est l'origine de ces petites épidémies? C'est le refroidissement qui fait développer lictère chez les animaux qui chassent, comme chez ceux qui ne chassent pas, chez ceux qui sont transportés en wagon comme chez ceux qui restent blottis dans leur niche, chez les chiens de berger comme chez les chiens d'arrêt qui vivent dans les appartements et font peu d'exercice et qui brusquement sont soumis à une grande fatigue comme celle qui résulte de Vouverture de la chasse.

Le refroidissement produit par l'immersion des animaux dans l'eau froide quand ils sont échauffés, par leur séjour et leur immobilité dans un local froid et humide ou dans un courant d'air, voilà le principal élément étiologique invoqué.

Son rôle est plus restreint en réalité; il modifie la circulation, active la sécrétion biliaire, favorise l'infection : mais nombre de chiens de chasse frappés d'ictère à la suite de fatigues et de refroidissements sont atteints de piroplasmose avec ictère secondaire. On n'a pas assez fait la part de la piroplasmose chez les nombreux chiens adultes qu'on croyait, souvent à tort, simplement ictériques.

Symptômes. — Les symptômes de l'ictère catarrhal com[irennent deux phases : l» la phase préictérique; 2° la phase ictérique.

1° Phase préictérique. — Elle commence par une indi-

gestion {nansces, vomissements) et se continue par la gastro-duodénitc fébrile.

Les signes de cette inflammation persistent pendant deux, trois, quatre jours et quelquefois davantage. Pendant toute la durée de cette période, on observe une soif vive, une constipation opiniâtre qui se convertit en diarrhée, vers la fin de la phase préictéi'ique. Les matières rejetées sont tantôt blanchâtres, décolorées et fluides ou épaisses, visqueuses, glaireuses, tantôt brunâtres, striées de sang, quelquefois dysentériques.

La fièvre est intense, la température s'élève parfois audessus de 40° ; l'inappétence est complète, la bouche est chaude, sèche, fétide; on observe des tremblements musculaires.

Les urines sont rares; elles prennent une coloration jaune foncé ou jaune brun; c'est l'ictère urinaire qui apparaît le j)remier, puis l'ictère cutané se développe graduellement. La gastro-duodénite est ordinairement la phase prémonitoire de l'ictère; mais elle peut être peu accusée, ]iasser inaperçue, l'animal ne manifestant que de l'inappétence jusqu'au moment où éclatent les manifestations ictériques. Dans ce cas, l'infection du cholédoque ou du foie est le fait primitif, immédiat; la localisation gastroduodénale manque ou est peu appréciable.

2° Phase ictérique. — Lk phase ictérique caractéristique de l'exagération de la sécrétion biliaire, de l'épaississement de la bile et de l'hjpercholie pigmentaire (ictère pUiochromique) ou de l'obstruction du canal cholédoque par du mucus [ictère par rétention), se l'ésume dans une autointoxication.

Le chien est toujours couché; il ne se lève que quand on l'y force. L'appétit est diminué ; la soif est tantôt vive, tantôt nulle; la digestion, paresseuse et lente, facilite laccumulation de matières excrémentitielles dans le tube digestif, d'où ballonnement, constipation, sensibilité de la cavité abdominale.

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A cette constipation opiniâtre, succède souvent une diarrhée rebelle sanguinolente, presque toujours de mauvais augure.

Si la bile est en excès, il survient souvent une diarrhée bilieuse avec des coliques, occasionnées par une exagération des contractions de Tintestin ; ces contractions peuvent être la cause des invaginations si fréquentes que l'on rencontre sur les chiens qui ont succombé à la jaunisse; la diarrhée doit être attribuée à une augmentation de pression dans le système veineux de l'intestin.

Les appareils respiratoire et circulatoire sont également frappés. Souvent la respiration est accélérée, toujours tremblotante ; le pouls est petit, accéléré, les veines superficielles, variqueuses.

La température, très élevée dans la première phase, se maintient à iO et même Âl° quand l'ictère aigu se complique d'infection septico-pyohémique, d'infarctus gangreneux des reins, comme nous en avons observé un cas. Généralement, la température baisse considérablement à la seconde période de l'ictère essentiel, le sang altéré ne shématose plus, les combustions intra-organiques sont ralenties, le muscle empoisonné ne peut brûler le peu d'oxygène qui lui est présenté. La température tombe à 37°, à 35, à 34 et même, dans certains cas, à 24o au moment de la mort (Cadéac).

Les muqueuses explorables, la peau, dépigmentée, prennent une coloration nettement safranée. La conjonctive, la sclérotique, les muqueuses buccale et génitale, la peau du ventre, des cuisses et delà face interne de l'oreille présentent une teinte jaune caractéristique.

Les excréments sont décolorés, jaune clair ou tout à fait gris; mais dans l'ictère pléiochromique, ils ne sont pas dépoiu-vus de pigment biliaire. On peut constater en même temps des troubles nerveux, plus ou moins graves : insensibilité, mydi'iase. coma, secousses convulsives, contrac- Cadéac. — Pathologie interne. III. 3

lions tétaniques; ces manifestations paraissent résulter de l'action des toxines du coli-bacille.

Évolution. — L'évolution est rapide ; tous ces symptômes se déroulent en quelques jours; la mort arrive rapidement en cinq àdix jours: la guérison est rare. Le plus souvent, l'animal s'éteint dans lecollapsus, véritablement intoxiqué parla rétention des produits de dénutrition^ l'absorption des poisons élaborés dans son tube digestif, l'insufiîsance de l'hématose (1).

On le trouve couché en cercle dans sa litière, la tête enfoncée sous la paille qui n'est pas dérangée; il meurt sans faire un mouvement, en présentant la respiration de Cheyne-Stokes.

La marche est tantôt rapide, tantôt lente ; elle est en rapportavec le degré de rétention et d'intoxication biliaire. Quand l'obstruction du cholédoque est complète, les animaux sont emportés en vingt-quatre à quarante-huit heures. Les ictères caractérisés par une dislocation de la travée hépatique durent quatre à cinq jours ou davantage. La mort ne peut alors être attribuée exclusivement à la rétention de la bile; celle-ci n'est pas absolue et les ictères par rétention relative des autres espèces ou du chien luimême ne sont mortels qu'à longue échéance. Ce sont les troubles des fonctions multiples du foie et l'infection générale qui contribuent à amener la terminaison fatale.

Anatomie pathologique. — On observe souvent les lésions du catarrhe gastro-duodénal ; mais la muqueuse est injectée, tuméfiée, ecchymosée, ulcérée par places, partout très friable. Elle est recouverte d'une couche épaisse d'exsudat visqueux, rouge brunâtre, contenant des hématies et beaucoup de globules purulents.

L'intestin renferme un exsudât semblable souvent limité au duodénum. La muqueuse de cette région est épaissie, ecchymosée. L'exsudat qui la recouvre ne diffère

(1) Voy. Syndrome Ictère, in Sémiologie et Diagnostic de VEîicyclopédie vétérinaire.

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de celui de la muqueuse gastrique que par la forme des cellules épithéliales qu'il contient ; il renferme aussi un peu plus de sang. Cette inflammation s'étend aux canaux de Wirsung, cholédoque et cystique. On peut alors observer, dans le cholédoque, un bouchon fermant le conduit excréteur, de sorte que le contenu de la vésicule biliaire ne peut plus être déversé dans l'intestin que par une forte pression qui surmonte l'obstacle, repousse le bouchon de mucus. D'après Siedamgrotzky, ce bouchon peut faire défaut ; l'obstruction est due alors à une tuméfaction de la muqueuse duodénale et non pas à celle du canal cholédoque. Quand on ne trouve aucune altération du tube digesiiî, la gastro-diiodénite n'a pas pi'écédé l'ictère ou elle s'est effacée pendant l'évolution de l'affection hépatique. Ces lésions manquent dans les deux tiers des cas. Le cholédoque lui-même demeure souvent indemne; il n'est le siège d'aucune obstruction, comme en témoignent les vomissements bilieux fréquents, observés pendant l'évolution de l'ictère (Weber). Du reste, nous nous sommes plusieurs fois assuré de la perméabilité du cholédoque et de sesramifications.Quandil est enflammé, la plus légère pression sur la vésicule biliaire suffit à provoquer l'expulsion de la bile; mais il arrive fréquemment que celle-ci est si épaisse que la compression de la vésicule à l'aide de la inain introduite, pendant la vie, dans la cavité abdominale ne réussit pas à la vider.

En outre, le foie est altéré; il est un peu hypertrophié, anémié, jaunâtre ou brun jaunâtre; il est inégalement coloré, tacheté comme une noix muscade; les cellules sont infiltrées de fines gouttelettes graisseuses, colorées en jaune par du pigment brun granuleux. On observe la teinte jaune, surtout au voisinage de la vésicule biliaire, teinte qui est due à un phénomène d'exosmose post mortem.

En général, le foie est moins coloré que les autres organes.

La disposition des cellules de chaque lobule est quel-

quefois bouleversée ; on peut constater une fusion complète des lobules et l'on ne peut en reconstituer les limites qu'en s'inspirant de la position des vaisseaux. Les cellules hépatiques sont petites, altérées, dissociées, très écartées les unes des autres, comme par un œdème ou

Fig. 10.

Dislocation du foie. Surchar-ge graisseuse des cellules hépatiques de la zone centrale du lobule.

une injection hjdrotomique (Blanc) (d). Cette altération de l'architecture du foie est très fréquente dans l'ictère du ehien (fig. 10).

Les BEiNS sont congestionnés et ecchymoses dans toute leur étendue. La substance corticale est souvent brune, friable et présente des infarcUis blanc jaunâtre, des foyers gangreneux ou purulents.

Ces infarctus, en voie de ramollissement purulent, sont parsemés de granulations graisseuses et de points bruns, ce qui indique le début de leur destruction.

Les tubes urinifères sont remplis de cellules colorées en jaune ou en jaune brun. La muqueuse des bassinets est jaune.

(1) Blanc, Communication inédite.

Le pouiiox, à part sa coloration jaune, est plus ou moins congestionné et ecchymose.

La plupart des ganglions lymphatiques sont congestionnés, parfois même on y observe des hémorragies interstitielles; ils sont alors très friables.

Fréquemment la rate n'offre rien d'anormal.

Diagnostic. — La coloration jaune des tissus qui sert de base poiu" le diagnostic de l'ictère fait défaut au début de la maladie. Cependant, on la reconnaît quand une indigestion est suivie de vomissements persistants et d'une diarrhée sanguinolente: il est important d'établir le diagnostic au début, car on a plus de chances de combattre la maladie avec succès.

Le changement de coloration de l'urine est l'un des signes les plus précoces; elle offre une coloration jaune orange, jaune brunâtre ou vert jaunâtre. Versée sur du papier-filtre blanc, sur de la toile ou de la soie, elle les colore fortement en jaune. L'analyse chimique y révèle des pigments biliaires et même des acides biliaires; l'examen microscopique y fait reconnaître des sédiments urinaires, des amas de pigments jaunes que donnent, sous le microscope, la réaction de la biliverdine. On décèle la présence des pigments biliaires dans les urines par le procédé de Gmelin. L'urine est placée dans un verre conique et l'on fait couler lentement le long des parois une certaine quantité d'acide azotique nitreux, l'acide tombe au fond du verre et, au niveau de la zone d'affleurement des deux liquides se forme une série d'anneaux colorés qui sont, de haut en bas, verts, violets, jaunes, mais la teinte caractéristique, celle qui prédomine toujours ; c'est la teinte vert émeraude, due à la transformation par oxydation, de la bilirubine en biliverdine. Quand l'urine ne renferme qu'une très petite quantité de pigment biliaire, on peut filtrer l'urine et déposer ensuite une goutte d'acide au centre du filtre étalé ; les anneaux colorés formeront, à l'entour, une série de zones concentriques

très nettes. Si l'urine est trop fortement colorée, il suffit de la diluer pour rendre la réaction plus nette.

Les pigments biliaires se retrouvent dans le lait, les exsudais; ils manquent dans la salive.

Au bout de trois à six jours, l'erreur de diagnostic est impossible : la coloration jaune des muqueuse est caractéristique .

Si l'ictère est dû à une lésion {calcul biliaire, néoplasie, etc.), la maladie évolue lentement et sans altération notable des fonctions digestives.

La plroplasmose s'en différence par la présence d'albumine et d'hémoglobine dans les urines et par une moindre jauneur des muqueuses ; mais il est certain qu'on a souvent confondu ces deux maladies. L'ictère typhique (Kohnkàuser) n'est qu'une forme de pii'oplasmose compliquée d'ictère.

Pronostic. — C'est une affection très grave. Autrefois la guérison paraissait impossible.

Aujourd'hui , l'évolution de la maladie étant plus connue, on peut mieux la combattre, surtout à son début. Si l'ictère évolue avec rapidité, la mort en est la terminaison fatale.

Traitement. — Le traitement doit répondre à trois indications fondamentales: i" atténuer' l'inflammation localisée de la muqueuse digestive ; 2" combattre l'infection des voies biliaires; 3° faciliter le rejet des matériaux biliaires accumulés dans le plasma sanguin.

La dérivation à l'extérieur est très difficile à obtenir chez le chien; aussi doit-on recourir au traitement interne.

Les purgatifs ont été tour à tour préconisés et combattus. Le calomcl, administré h faible dose, produit de bons effets (1).

Calomel 10 ;\ 50 ceiiligrammes .

Rhubarbe 10 ;"i 20 grammes.

Sucre Ii5 —

(1) Weber, Considérations sur la jaunisse du chien et son traitement {Rec. de méd. vét., 1869, p. 881, et Journ.de l'École vét. delyon, 1870, p. 62, 97).

Diviser en quinze paquets, un paquet par jour dans une niillerée de lait .

Les alcalins (eau de Vichy) donneAt aussi de bons rtsultats. Le salol, le salicjlate de soude fluidifient la bile et exagèrent la sécrétion biliaire.

Salicylate de soude 4àlO grammes.

Sirop de rhubarbe 200 —

Une cuillerée à bouche ou une cuillerée à café, matin et soir.

Les lavements froids, les iodures alcalins, la strychnine, déterminent la contraction de la vésicule biliaire, exaltent le péristaltisme intestinal et amènent l'expulsion de la bile sécrétée. La résorption d'une partie de celle-ci devenant impossible, le foie est privé des matériaux d'une sécrétion nouvelle, de sorte que la plupart des cholagogues excrétoires sont des agents dépresseurs de la biligénie, et exercent dans l'ictère hypercholique une action des plus bienfaisantes. Siedamgrotzky préconise l'emploi d'un courant d'induction pendant dix minutes, deux fois par jour, sur l'abdomen. Une pression exercée sur le conduit biliaire peut donner un excellent résultat; on peut aussi faire évacuer la bile par le rein. S'il y a oligurie, les diurétiques, les acétates de potasse et de soude, le lait, le café, la digitale, sont indiqués. Dans le cas de faiblesse générale, on emploie les excitants (éther camphré, arséniate de strychnine).

Les injections sous-cutanées de pilocarpine, un demi-centigramme à un centigramme (Cozette), sont peu efficaces. Les malades doivent ensuite être placés dans un endroit bien sec et ils doivent être tenus chaudement.

Les aliments que les animaux peuvent prendi'e spontanément doivent leur être donnés; on supprime les aliments gras ou de difficile digestion; on ajoute un peu de viande hachée, du lait quand les pigments biliaires diminuent dans l'urine .

Les antiseptiques intestinaux, naphtol, salol, benzonaphtol, naphtaline, diaphtol, à la dose de 2 grammes, opèrent la désinfection du tube intestinal et suppléent à l'insuffisance de l'action antiseptique de la bile.

L'expulsion sanguine et organique des matières toxiques de la bile et des toxines microbiennes est facilitée par le lavage du sang obtenu par de grandes injections d'eau salée à 7 p. 1 000 dans le péritoine, et surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané.

La quantité à injecter varie de 20 à 30 grammes par kilogramme d'animal ; mieux vaut s'en tenir i\ 20 grammes, quitte à renouveler l'injection le soir même; on répète ces injections 1 ou 2 fois par jour jusqu'à effet (Bouchet, Horneck) .

Cette médication relève l'alcalinité du sang diminuée par les acides biliaires, excite l'appétit et agit comme un puissant diurétique. Les résultats obtenus sont supérieurs aux effets de toutes les autres médications.

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