VI. — CIRRHOSES HÉPATIQUES
Définition. — On désigne ainsi des inflammations interstitielles caractérisées par la prolifération du stroma conjonctif et V altération de l'élément glandulaire ou épithélial.
Il y a à la fois lésion interstitielle et lésion parenchymateuse. La cellule hépatique, très fragile, est altérée dès la première heure dans son fonctionnement et dans sa constitution intime, de telle sorte que le processus cirrhotique est la terminaison dune longue défense contre une action morbide chronique. La dégénérescence précoce de la cellule hépatique constitue la phase nécessaii'e qui précède la cirrhose cicatricielle.
L'étiologie générale des cirrhoses se résume tout entière dans les trois facteurs suivants : 1" les infections; 2° les intoxications; 3° la stase sanguine ou biliaire. Les premières lésionsse développent toujours autour des vaisseaux dans lesquels se produit la stase ou qui véhiculent, les agents toxi-infectieux. Les zones les plus fortement intéressées se localisent autour de l'espace porte, ou de la veine sus-hépatique dans les cirrhoses d'origine vasculaire ; autour des canaux biliaires dans les cirrhoses d'origine biliaire; à la périphérie du foie dans les cirrhoses cicatricielles ou capsulaires. Il est donc nécessaire de les classer en trois groupes qu'on retrouve dans toutes les espèces
animales : !« les cirrhoses vasculaires; 2° les cirrhoses biliaires ; 3° les cirrhoses capsulaires.
A. — CIRRHOSES VASCULAIRES.
Les cirrhoses vasculaires sanguines ont deux centres d'élection principaux : la zone sus-hépatique et la zone portale.
Fig. 31. — Cirrhose vasculaire du foie (chai).
l" Tissu conjonctif de sclérose porte; 2» lobules ou portions de lobules hépatiques entourés par le tissu cirrhotique.
a) La cirrhose sus- hépatique, connue sous le nom de foie cardiaque, aune origine mécanique et toxique; c'est une hépatite ■interstitielle par cyanose liée aux maladies du cœur ([u'elle complique inévitablement. Cette cirrhose est
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caractéristique : la zone portale s'hypertrophie et résiste. La partie centrale du lobule, soumise à lirrigation purement veineuse, est la partie délicate et fragile qui s'effrite et dégénère; la partie périphérique ou portale a pour limites de sa résistance, les limites mêmes de l'irrigation ai"térielle.
b) Les cirrhoses portales sont l'expression de l'arrivée des agents toxi-infectieux par la veine porte; ceux qui encombrent la circulation générale et qui parviennent au foie par l'artère hépatique provoquent presque exclusivement des lésions aiguës parenchymateuses ; rarement, des cirrhoses chi"oniques. Ces lésions ont d'étroites relations avec les poisons et les microbes introduits dans le tube digestif. Quand les poisons ou les toxines sont absorbés en masse ou qu'ils diffusent rapidement, le parenchyme hépatique ne peut les arrêter et les fixer ; ils sclérosent à la fois le système porte et le système sus-hépatique avec tous les capillaires intei'médiaires ; mais le système portai est le centre des lésions qui désorganisent les trabécules hépatiques pour atteindre le système sus-hépatique (fig. 31) .
Le foie cardiaque a été étudié plus haut (Voy. Congestion passive) ; il fait partie intégrante de l'histoire des maladies du cœur au même titre que le rein cardiaque : nous n'avons donc à envisager ici que les cirrhoses toxiinfectieuses d'origine portale.