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II. — VEAU

Considérations générales. — La cirrhose hypertrophique n'est pas très rare chez le veau. Le foie peut acquérir un volume considérable sous l'influence d'un travail de régénération destiné à combler les destructions déterminées par des kystes, des tumeurs, des altérations diverses. Le foie kystique du jeune veau peut arriver à

peser ainsi jusqu'à 12 kilogrammes. Cette faculté de pouvoir se régénérer explique la survie du sujet, malgré l'étendue et l'importance des lésions hépatiques. Ponfick a démontré, expérimentalement, que tous les animaux à sang chaud peuvent perdre impunément les trois quarts de leur foie. Cet organe se répare à mesure qu'il se détruit ; le foie du bœuf adulte peut at.teindre ainsi le poids colossal de 150 kilogrammes. Son hypertrophie n'est pas uniquement l'expression d'une cirrhose biliaii*e.

Étiologie et pathogénie. — Le développement de cette maladie chez les veaux peut faire incriminer les infections ombilicales; mais les cirrhoses qui ont cette oi'igine sont surtout périportales.

Il est probable que la cirrhose biliaire procède d'une angiocholite primitive ou consécutive à l'entérite diarrhéique de ces jeunes animaux. Une infection colibacillaire risque de se produire, dans ces circonstances, et de déterminer une cirrhose biliaire.

L'infection tuberculeuse diffuse peut engendrer la cirrliose sans néoformation tuberculeuse.

Anatomie pathologique. — Macroscopiquement, on constate une hypertrophie du foie, dont le poids est triple ou quadruple de celui qu'il offre à l'état normal. Cet organe est ferme; sa surface est mamelonnée et présente l'aspect d'une mosaïque ou d'un damier avec une teinte marbrée de vert, de jaune et de gris. La consistance de l'organe est considéi'ablement augmentée; il crie quelquefois sous l'instrument tranchant; la coupe offre encore l'aspect marbré. La couleur jaune brun de l'organe est veinée de linéaments blanchâtres dessinant des lobules irréguliers, inégaux et acquérant une épaisseur considérable au pourtour des gros vaisseaux biliaires.

Le contour irrégulier des îlots hépatiques est comme échancré par des points multiples de tissu nouveau qui atrophient la substance hépatique.

Au microscope, les cloisons conjonctives, si épaisses, se

CIRRHOSES BILIAIRES. 139

montrent sillonnées d'un réseau très riche de néocanalicules biliaires, qui proviennent de la transformation des trabécules hépatiques de la partie du lobule envahie par le tissu conjonctif .

Ces larges bandes de tissu fibreux circonscrivent des ilôts de parenchyme hépatique colorés en jaune brunâtre ou teintés par la bile.

La cirrhose ne forme peis des anneaux comme dans le type biveineux ; elle est insulaire sur les coupes : c"est-àdire, extra et intralobulaire.

Tantôt les branches de la veine porte et les vemes sus-hépatiques sont saines, c'est alors la cirrhose biliaire pure ; tantôt elles présentent un certain degré dendophlébite (ch-rhose mixte); mais habituellement la perméabilité vasculaire est à peu près complète.

Les lésions principales consistent dans une périangiocholite fibreuse des canaux interlobulaires associée à une sclérose uniforme de l'espace porte. Les gros canaux biliaires sont complètement oblitérés en certains points ; mais on trouve dans le tissu fibreux, une multitude de petits néocanalicules biliaires tapissés de petites cellules cubiques assez volumineuses pour remplir la cavité canaliculaire. Ces néocanalicules résultent d'une transformation de l'épithélium trabéculaire.

Les cellules hépatiques sont saines ou hypertrophiées; elles ont conservé leurs fonctions et l'ictère résulte de la difficulté qu'éprouve la bile à circuler dans les canaux biliaires atteints d'angiocholite et de périangiocho- Hte.

Les vaisseaux eux-mêmes et principalement les veines sus-hépatiques ayant conservé leur intégrité, on s'explique l'absence d'ascite.

Symptômes. — La symptomatologie de cette atTection est entièrement inconnue. Les gros foies de veau sont des surprises d'autopsie qui nous ont été révélées par les inspecteurs d'abattoir.

Traitement. — On ne peut donc instituer ni ti*aitement prophylactique ni traitement curatif (1).

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