‹ Pathologie interneChapitre 86 sur 183 · IV. — CHlEiV · texte numérisé non relu

IV. — CHlEiV

De tous les animaux, le cliien est celui qui présente le plus souvent des tumeurs du l'oie; cependant les observations qu'on a publiées sur ce sujet sont en petit nombre.

On y observe des sarcomes, des carcinomes, des cpithcliomcs, des angiomes, des kystes.

Sarcomes. — La plupart de ces tumeurs n'atteignent le

Fig. 06. — Sarcomes du foie (Cadéac).

foie que d'une manière secondaire (1). La surface de l'organe est irrégulière, mamelonnée, criblée de nodosités du volume d'une noisette, d'une noix, ou d'un œuf de poule. Ilistologiqucment, elles appartiennent tantôt au type encéphaloïde, tantôt au type fascicule. Elles offrent la plus

(I) G. Petit, Sarcome ossifiant télangiectasique des côtes généralisé au diaphragme, au foie, à la rate et à l'épiploon chez un chien {Société centrale, l9o:i, p. l'OO).

ADÉNOMES. 197

grande ressemblance aveela tuberculose hépatique (fig. 66). Lascite est ordinairement prononcée.

L"étude histologiqiie du loie dénonce une cirrhose et une rétention biliaire plus ou moins prononcée. Dans la zone sus-hépatique, particulièrement, les cellules épithéliales sont farcies de pigments biliaires et même de concrétions verdàtres disposées sous forme de boudins iri'éguliers. Dans lintervalle de ces cellules, on ti'ouve presque partout le moulage des canalicules biliaires d'origine par des calculs microscopiques. Ce sont là les signes classiques de la rétention extrême de la bile et du foie biliaire.

Des coupes du parenchyme situé dans l'intervalle des

Fig. 67. — Sarcome globo-cellulaire secondaire du chien (G. Petit).

grosses tumeurs montrent parfois une congestion passive extrême, allant jusqu'à Tétirement et l'atrophie des cellules épithéliales du foie. En outre, on voit des noyaux sarcomateux tout au début de leur formation et que seul le microscope est capable de déceler. La plupart siègent dans les capillaires intralobulaires qui se trouvent, en un point, distendus par une agglomération de cellules conjonctives embryonnaires dune admirable netteté.

II s'agit par conséquent d'embolies sarcomateuses tout à fait comparables, quant au siège et à la disposition, aux follicules tuberculeux ou pseudo-tuberculeux (fig. 67).

Carcinomes et épitliéliomes. — Tantôt primitives, tantôt secondaires, ces tumeurs sont plus l'ares chez les carnivores que chez les ruminants et les solipèdes.

Elles peuvent prendre naissance au niveau du panci'éas,

Fig. 68. — Épithélionie cylindrique du foie du chien. Les nodules sont ombiliqués et parsèment la surface de l'organe.

de l'ampoule de Vater et envahir secondairement le foie en produisant de l'ictère par rétention (lig. 68).

Symptômes. — Ce sont ceux des affections cancéreuses : le sujet est faible; il perd l'appétit, maigrit rapidement; il existe parfois une véritable émaciation muscidaire de certaines régions. Sur les crotaphites et les masséters, le fait est si accusé qu'il donne au malade une physionomie spéciale. Parfois des vomissements se manifestent. La respiration est difficile, mais il n'y a aucun signe de fièvre.

ADENOMES.

Quelquefois il y a ictère (Nocard). L'ascUe est le syndrome le plus fréquent.

La palpation peut faire sentir les masses plus ou moins volumineuses formées par les ncoplasies développées sur cet organe ; on peut reconnaître Ihypertrophie des ganglions mésentériques et de la rate.

La percussion et l'auscultation de la partie postérieure du poumon droit peuvent mettre en évidence la prédominance du foie sur la cavité pectorale. Quelquefois, on

Fig. 69. — Saillie formée par une tumeur du foie.

aperçoit même, à l'extérieur, la saillie formée parl'organe hypertrophié (fig. 69).

Diagnostic. — Plus facile que chez le cheval, le diagnostic n'en reste pas moins incertain. L'état cachectique de l'animal, les altérations de la digestion, l'ictère, la palpation du foie mettent sur la voie du diagnostic ; mais il faut que la tumeur soit assez volumineuse poiu" quon puisse affirmer son existence.

Traitement. — On ne peut intervenir d'une manière efficace.

Ang^iomes. — Les angiomes se développent quelquefois dans le foie des chiens et des chnts âgés. Ils constituent des tumeurs solitaires ou multiples diffuses, ou mal circonscrites, quelquefois mamelonnées ou formées de saillies plus ou moins accusées et hémisphériques de volume variable et de coloration violacée ou brunâtre. La coupe de ces tumeurs présente parfois un aspect franchement caverneux.

Les aréoles béantes de ce tissu sont remi)lies de sang non liquide ou partiellement coagulé: elles offrent des dimensions variables; elles sont arrondies ou irrégulières, subdivisées par de délicates mailles conjonctives et circonscrites par un réticulum de trabécules de même nature.

L'examen microscopique met en évidence l'existence d'une charpente conjonctive plus ou moins jeune, fibroïde ou fibreuse qui apparaît teintée en rose et parsemée de noyaux colorés en rouge appartenant aux celhdes lixes et à quelques leucocytes.

Cette trame délimite des territoires vasculaircs et même, le plus souvent, de véritables systèmes caverneux. Ces territoires angiomateux sont occupés par du sang normal qui est coloré en jaune vif, teinte sur laquelle tranchent nettement les noyaux rouges des leucocytes qui émaillent les nappes sanguines.

Ces zones angiomateuses sont plus ou moins étendues et leur contour est plus ou moins irrégulier et découpé. Quelques-unes sont formées par un lacis de vaisseaux sanguins remplis de sang, au contact les uns des autres, et qui apparaissent, le plus souvent, sectionnés transversalement, quelquefois obliquement (1). Ces vaisseaux sont volumineux, parfois anastomosés entre eux, et px'ésentent une paroi endothéliale revêtue extérieurement et par places d'un périthélium.

Le plus grand nombre des territoires vasculaires constitue des systèmes de lacunes à disposition caverneuse.

(I) Angliany, Lésions hémorragiques du foie, chez le chien simulant des angiomes (llcviic gciivrale de métf. vvt., l'"'mui t'JOO).

ANGIOMES. 201

On y voit, en effet, un réseau lacunaire de calibre très irrégulier, mais toujours large, où circule du sang. Par places, on aperçoit de véritables lacs sanguins.

Ces zones caverneuses sont parcourues en divers sens par des cloisons conjonctives qui représentent les espaces connectils interlacunaires. Ces parties conjonctives qui représentent, en somme, la trame intervasculaire sont tapissées du côté du sang, par un endothélium qui délimite les vaisseaux et les canaux où se fait la circulation. Ces cavités vasculo-lacunaires communiquent entre elles et le sang, qui les distend, leur donne l'apparence d'un tissu caverneux érectile.

Dans certains systèmes, on peut trouver un nombre considérable d'amas pigmentaires de nature hémoglobinique. Ceux-ci se présentent sous la forme de tablettes ou de baguettes pseudo-cristallines de coloration jaune brun ou brun rouge, ti'ancbant vivement sur le fond jaune d'or constitué par les globules rouges, à la manière des incrustations colorées d'une grossière marqueterie (Bail) (1).

Les angiomes peuvent se rupturer spontanément et déterminer la mort par hémorragie.

Les auteurs considèrent cette tumeur comme une formation inflammatoire où prédominent des lésions scléreuses et vasculaires. Elle est, à leur avis, cVoTiijine tuberculeuse ; c'est une formation scléreuse de bacillose atténuée où la circulation hépatique a mis son cachet.

Page 1