‹ Pathologie interneChapitre 88 sur 183 · I. — LAPIN · texte numérisé non relu

I. — LAPIN

Définition. — La coccidiose, encore appelée psorospcrmose, est une affection de nature parasitaire, produite chez le lapin par la coccidie oviforme, parasite du groupe des sporozoaires.

Celte maladie est fréquente chez le lapin domestique et le lapin de garenne dans les environs de Paris et dans tous les pays humides à douce température; on estime qu'en Angleterre 92 p. 100 des lapins en sont frappés. Pour détruire les lapins qui infestent l'Australie, on a même songé à y envoyer des lapins atteints de coccidiose.

Développement du parasite. — A l'état adulte, ce parasite a une forme ovoïde, déprimée à l'un des pôles, de 40 [A de long sur 25 [j. de large ; ce corps est formé par

COCCIDIOSE. 203

une masse protoplasmique entourée d'une coque lisse, réfringente, résistante, à double contour.

Cette forme se rencontre dans les canaux biliaires, à rintérieur des cellules épithéliales dilatées (flg. 70); bientôt ces cellules se détachent avec les coccidies qui, devenues

Fig. 70. — Coupe du foie de lapin envahi par le CoecjrfiM/n ofi/orme (d'après BalbianiV Les conduits biliaires sont dilatés par le parasite.

libres, s'enkystent et sont entraînées au dehors avec les excréments. Leur développement s'achève ensuite dans un milieu humide, convenable, dans l'espace de dix à quinze jours en été.

La masse protoplasmique se contracte en boule et se sépare de la paroi ; elle se divise en deux, puis en quatre masses arrondies appelées sporobla^tes. Ces masses s'allongent, se renflent à leurs extrémités, s'entourent d'une membrane d'enveloppe, prennent la forme d'un croissant contenant encore dans sa concavité une portion delà masse protoplasmique du sporoblaste.

La coccidie enkystée donne lieu aussi à la formation de quatre sporoblastes. parfois même de cinq ou six, formés, chacun, par deux spores ou corpuscules accolés et disposés en sens inverse.

Mode d'infection. — Ces coccidies enkjstéos sont répandues par les vents et la poussière sur les fourrages et les aliments ingérés par les lapins.

Toutefois l'énorme quantité de sporozoaires que l'on trouve chez les lapins ne peut s'expliquer par l'ingestion directe de kystes répandus sur les aliments . Il est plus facile et plus juste d'admettre qu'il y a une sorte d'auto-infection produite chaque jour par l'ingestion des excréments l'ecouverts de coccidies; on sait, en effet, que les lapins ont l'habitude de saisir leurs crottes au sortir de l'anus afin de les avaler pour les soumettre à une seconde digestion.

Les kystes arrivent dans l'intestin, se rupturent et mettent en liberté les corpuscules qui pénètrent dans le foie par le canal cholédoque et envahissent les cellules épithéliales des canaux biliaires; alors la masse protoplasmique de la spore se développe et refoule le noyau de la cellule : elle devient ainsi la coccidie adulte. Cette évolution est complète au bout de quinze jours, en été. Sous l'influence de leur accumulation, les conduits s'élargissent, deviennent variqueux, se rupturent parfois, et forment ainsi des masses blanchâtres caractéristiques.

Rivolta a rencontré, dans le foie, une autre coccidie, appelée Esmeria falciformis.

Anatomie pathologique. — Le foie est généralement volumineux ; son parenchyme se montre farci de petites tumeurs ou de kystes blanc jaunâtre, du volume d'un grain de blé à celui d'un pois, saillants à la surface de l'organe; la paroi de ces kystes est constituée par celle des canaux biliaires, épaissie, et sclérosée. Le contenu de ces tumeurs est composé d'une matière jaunâtre, épaisse, formée de coccidiesenkystéesetdecellulesépithéliales dégénérées. Les lobules du foie sont atrophiés parla compression des kystes ou par l'hypertrophie du tissu conjonctif interlobulaire.

Les coccidies siègent dans les kystes, parfois dans la bile elle-même, jusque dans la vésicule biliaii'e, à l'état libre ou enkysté ; elles sont alors incluses dans les cellules

COCGIDIOSE.

épithéliales détachées. Celles qui sont libres dans les

canaux biliaires non encore altérés sont sphériques ou

allongées; les unes sont homogènes, granuleuses, avec ou

sans point sombre au

centre, ressemblant .~,^ -^ '-- »

ainsi aux clobules (<i-'^'*^:*' • "'-^

du sang (fig. 71).

Symptômes. — Les animaux perdent peu à peu l'appétit, maigrissent et présentent bientôt les caractères de la cachexie ; ils dépérissent rapidement ; les muqueuses deviennent pâles ou revêtent une teinte ictérique : les poils sont ternes, hérissés; l'ascite se développe. C'est ce qui fait donner à la coccidiose le nom de maladie de gros ventre. En même temps, une diarrhée abondante épuise les animaux, qui succombent généralement au bout de deux à trois mois.

La maladie n'offre pas toujours cette gravité : des lapins atteints de coccidiose peu intense ne présentent aucun trouble significatif.

Traitement. — a. Traitement prophylactique. — Les Cadéac. — Pathologie interne. IIL 12

Fig. 71. — Coccidiose hépatique. Foie. Lapin (Adénome villeux du foie). — L'épithélium cylindrique des canaux biliaires montre un certain nombre de papilles découpées et revêtues du même revêtement épitbélial.

Dans les cellules et dans la lumière des canaux, on voit un grand nombre de coccidies ; on remarque aussi de la cirrhose péricanaliculaire.

ravages de celte maladie étant considérables, il y a lien d'instituer un traitement prophylactique.

Il faut donner aux lapins des aliments fortifiants (grains, foin), éviter de les nourrir d'herbe mouillée, véhicule des coccidies enkystées, les placer dans des locaux aérés et secs, après désinfection de la litière et des cages.

b. Traitement cuRATiF. — Lorsque la maladie s'est déclarée, il vaut mieux sacrifier les malades que de prescrire un traitement ayant peu de chance de succès. Le traitement est exclusivement préventif pour les animaux non atteints; ces derniers sont séparés des suspects; les locaux, soigneusement désinfectés à l'eau bouillante; les viscères des animaux malades doivent être brûlés ou plongés dans Teau bouillante.

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